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Crash A400M : Airbus reconnait un sérieux problème dans l’assemblage final

Hassan Meddah , ,

Publié le

L’avionneur a eu accès aux premiers résultats de l’analyse des boites noires. Elles révéleraient un problème lors de l’assemblage de l’appareil, et plus particulièrement lors de l'installation du programme informatique contrôlant les moteurs. 

Crash A400M : Airbus reconnait un sérieux problème dans l’assemblage final © Airbus

Les boîtes noires de l’A400M qui s’est écrasé à Séville le 9 mai dernier causant la mort de son équipage, auraient enfin parlé. Selon Marwan Lahoud, directeur de la stratégie du groupe Airbus, leur analyse confirmerait un "sérieux problème dans l’assemblage final".  C’est ce que le dirigeant de l’avionneur a indiqué au journal allemand Handelsblatt à paraître ce vendredi 28 mai.

Le programme de contrôle des moteurs aurait été mal installé lors de l'assemblage final, ce qui aurait conduit à une panne de moteurs et conduit au crash, écrit le Handelsblatt dans son communiqué avant publication. Or ce programme est extrêmement complexe. A lui seul, il explique une bonne part des retards du programme A400M. Europrop International, le groupe de motoristes associant le français Safran, le britannique Rolls Royce, l’allemand MTU et l’espagnol ITP, a buté sur le développement et la certification du système informatique de contrôle du moteur, le FADEC (Full Automatic Digital Engine Control). Celui de l’avion de transport militaire "comprend 275.000 instructions, contre 90.000 environ pour ceux de l'A380 et du Rafale. La complexité est accrue par la prise en compte de la régulation de l'hélice et des équipements nacelles", expliquait ainsi un rapport du Sénat en 2009 cherchant à comprendre les déboires du programme militaire.

Si ces informations étaient avérées, la responsabilité de l’avionneur européen serait largement engagée. En effet, l’A400M est assemblé par ses équipes dans son usine de Séville, en Espagne. C’est de cette usine où il venait d’être assemblé, qu’était parti l’exemplaire MSN 23 pour son premier vol d’essai avant de s’écraser quelques minutes après son décollage. Plusieurs armées avaient suspendu les vols après l’accident.

Un calendrier revu

L’avionneur connaît difficultés après difficultés avec l’A400M. Airbus avait reconnu en début d’année des contretemps avec sa supply-chain qui ne livrait pas les éléments dans les délais impartis et avec la qualité attendue. Résultat : il a dû revoir son calendrier de livraison auprès de l’ensemble de ses clients. Ces derniers ratés avaient couté la tête au directeur du programme de l’époque. Mais les défaillances de ce programme de coopération militaire qui regroupent le plus de pays européens, trouvent leurs sources dès l’origine du programme : suite à des problèmes de conception de son moteur à hélices et de son logiciel de mission, un retard de quatre ans et des surcoûts de plusieurs milliards d’euros avaient été enregistrés.

Hassan MEDDAH

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