Covisint dopé par le soutien de PSA Peugeot Citroën

Le deuxième constructeur d'automobiles européen entre dans le capital de Covisint et relance la place de marché en Europe.

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Covisint dopé par le soutien de PSA Peugeot Citroën

PSA Peugeot Citroën a pris son temps. Mais l'entrée dans le capital de Covisint du constructeur d'automobiles arrive à point nommé pour relancer la place de marché. Créée en février 2000 par General Motors, Ford et DaimlerChrysler, Covisint a longtemps fait du surplace. Les neuf mois nécessaires à l'obtention de l'approbation des autorités de régulation américaines et allemandes, les quinze mois pris pour dénicher son P-DG, Kevin English, nommé mi-avril, ont constitué autant de freins à une adhésion formelle des fournisseurs et des constructeurs d'automobiles. Sa faillite, comme celle de tant d'autres places de marché, était presque annoncée. Pourtant, aujourd'hui, le sceptique PSA, deuxième constructeur d'automobiles européen, affirme s'investir de façon " significative " dans l'aventure. Hervé Guyot, son directeur des achats, précise : " Nous sommes totalement engagés, et nous ne nous contenterons pas d'utiliser les services. " Le montant de la participation reste secret, mais on peut la supposer inférieure à celle de Renault-Nissan, qui, avec 5 % du capital, siège au conseil d'administration américain. En effet, PSA ne participera qu'au conseil de surveillance de la branche européenne de Covisint, installée à Amsterdam. Mais, pour Hervé Guyot, cela n'est pas un problème : " Les attentes en Europe ne sont pas les mêmes qu'aux Etats-Unis. Nous voulons participer au choix de solutions qui permettront de développer une responsabilité accrue des équipementiers et de favoriser le codéveloppement. Le but n'est pas d'exercer une simple pression sur les prix. " De fait, si PSA envisage de basculer 20 à 25 % de ses achats sur Covisint, il s'agira avant tout de produits non stratégiques. Automatiser et fluidifier les tâches administratives Quant aux économies réalisées en raison de son adhésion, elles s'éléveraient à 220 euros par véhicule. " Nous sommes très loin des 1 000 dollars annoncés au démarrage de Covisint ", rappelle Hervé Guyot. Et d'avouer que les économies seront surtout générées par l'usage des solutions d'e-procurement et de gestion de la chaîne logistique proposées sur la place de marché. Elles permettront d'automatiser et de fluidifier les tâches administratives, qui mobilisent à hauteur de 30 % de leur temps les 1 000 acheteurs de PSA. Au final, l'entrée du constructeur d'automobiles français dans Covisint marque surtout un tournant pour la place de marché. A cette occasion, elle prouve sa complémentarité et sa capacité à s'interfacer avec les systèmes personnels des entreprises. En effet, PSA a souhaité personnaliser son accès à la place de marché. C'est au travers du portail www.px2001.com qu'il travaillera avec ses fournisseurs. Ces derniers y trouveront tant les services de Covisint que les outils de codesign sur Internet retenus et développés par le constructeur d'automobiles. Du coup, rien n'empêche de penser que Covisint pourrait également s'associer aux projets de places de marché privées lancés par Volkswagen, Fiat ou Toyota. Ces derniers se laisseront-ils convaincre ? Quelques événements laissent des raisons d'espérer. DaimlerChrysler vient d'acheter pour 3 milliards de dollars de pièces détachées sur le système d'enchères de Covisint. Et, enfin, des équipementiers comme Faurecia et Michelin devraient probablement rejoindre la structure. Bref, de quoi remettre de l'huile dans le moteur !

Céline Astruc, Florence de Goldfiem


Codesign sur Internet La stratégie B2B de PSA a connu son coup d'envoi avec le projet Meeting. Après une phase de test menée avec quatre équipementiers - Rieter, Faurecia, Creica et Sati -, la maquette numérique s'ouvre aux autres. Et 150 d'entre eux devraient y être reliés en 2002. " Cet accès répond à notre concept d'entreprise étendue et du rapprochement avec les fournisseurs ", résume Vincent Carré, responsable de la stratégie e-business. Après avoir déployé les technologies numériques (programme Ingenum) pour réduire les délais de développement, PSA enfonce le clou pour répondre dans les temps au lancement des 25 nouveaux véhicules d'ici à 2004. " La conception de la 307 a nécessité 195 semaines, celle de la C5, 156 semaines, et celle des prochains tombera à deux ans ", assure Vincent Carré. Grâce au 3D, les équipementiers visualisent la partie de la voiture qui les concerne et travaillent en temps réel. Si les designers du constructeur décident subitement de modifier une portière, leurs homologues fournisseurs en sont immédiatement avertis. Fini, aussi, les allers et retours avec les équipes de process. " Ils ne dépendent plus de nous pour la transmission d'information. Ils vont la chercher comme ils veulent, précise Vincent Carré. Le portail fournisseur et la place de marché sont complémentaires. " Ainsi, le cahier des charges (contraintes technique, d'usure, de matériaux) est transmis via le portail. Reste encore à unifier les nomenclatures des deux marques et à les relier à la maquette.

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