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Quotidien des Usines

Coup de massue pour les salariés d’Alstom à Belfort

Lucie Thiery , , , ,

Publié le

La direction d'Alstom Transport a annoncé mercredi 7 septembre la fin des activités de production et d’ingénierie sur le site historique d’Alstom à Belfort (Territoire-de-Belfort). Cette décision brutale choque et inquiète les salariés.

Coup de massue pour les salariés d’Alstom à Belfort
Usine Alstom Transport de Belfort.
© Alstom Transport

La nouvelle est tombée comme un couperet. Vers 13 heures, mercredi 7 septembre, les quatre organisations syndicales réunies à l’occasion d’un comité de groupe européen d’Alstom Transport ont appris la quasi-fermeture de leur usine à Belfort (Territoire-de-Belfort). Une heure plus tard, la direction en informait l’ensemble des salariés du site. Il n’y aura plus de production de locomotives ni de motrices de TGV sur le site historique du constructeur ferroviaire. Pour le Territoire-de-Belfort, c’est la fin d’une longue histoire industrielle démarrée en 1872 !

D’ici 2018, les activités de production et d’ingénierie seront transférées à Reichshoffen (Bas-Rhin), à 200 kilomètres. Sur les 480 salariés du site belfortain, 400 seront concernés par ce transfert et pourront être envoyés sur d’autres sites d’Alstom en France. Seule l’activité de service (maintenance, réparation) qui emploie une cinquantaine de personnes serait maintenue sur place.

Coup de massue pour les salariés

Pour les salariés et leurs représentants syndicaux, c’est la stupéfaction. Tous s’accordent à dire que la nouvelle est complètement inattendue.

"Nous tombons de l’armoire ! La plupart de nos collègues sont abattus et désœuvrés", réagit André Fages, délégué CFE CGC.
"Mes collègues sont abasourdis et en colère. Certains ont dédié 20, 30 voire 40 ans de leur vie à fabriquer ce fleuron industriel français qu’est le TGV, c’est scandaleux", a déclaré Pascal Novellin, délégué CGT, à France Télévisions.

Même son de cloche du côté de la CFDT représentée par Olivier Kolher : "Je doute que la direction ne réussisse à reclasser 400 salariés sur les autres sites d’Alstom, à commencer par celui de Reichshoffen situé à 200 kilomètres de Belfort !"

Rachat de la branche énergie et perte d’un important marché

Les difficultés rencontrées par le site sont pourtant connues et remontent aux années 90. Les inquiétudes se sont renforcées au moment du rachat de la branche énergie par General Electric. Selon un porte-parole CFE-CGC, les carnets de commandes de Belfort permettent d’avoir une visibilité sur son plan de charge jusqu’à fin 2017. Au-delà de 2018, seules quelques dizaines de locomotives restent à produire pour la Suisse. Fin août 2016, la perte par Alstom d’un appel d’offres de 44 locomotives de manœuvre pour un montant de 140 millions d’euros, avait déjà provoqué l’émoi. L’usine comptait sur ce marché pour son plan de charge à partir de 2018. Lancé par Akiem, société détenue par la SNCF et Deutsche Bank, le contrat a finalement été remporté par le groupe allemand Vossloh qui fait construire une nouvelle usine outre-Rhin.

Les représentants politiques locaux n’ont pas tardé à réagir. Pour Damien Meslot, député-maire (LR) de Belfort, cette décision est "un coup de massue". "Nous avions eu des assurances que le site serait maintenu." Le maire a demandé un rendez-vous avec le PDG d’Alstom et le nouveau secrétaire d’Etat en charge de l’Industrie, Christophe Sirugue. "Consternée" elle aussi, Marie-Guite Dufay, présidente (PS) de la région Bourgogne-Franche-Comté déclare sur sa page facebook que "cesser ces activités serait une immense perte pour l’emploi local et pour l’industrie régionale". Alstom Transport détient deux autres sites dans la région, celui d’Ornans (Doubs) et de Le Creusot (Saône-et-Loire).

Lucie Thiery

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