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Coup de balai chez DaimlerChrysler

Arnaud Dumas

Publié le

Eté mouvementé pour DaimlerChrysler, qui a commencé par le départ surprise de son patron, Jürgen Schrempp. Dernier épisode en date : la démission du directeur de Mercedes.

Rien ne va plus chez le constructeur germano-américain. Ventes de Mercedes en baisse, problèmes de qualité récurrents, rentabilité peu satisfaisante... Il était temps de tourner la page et de renouveler l'équipe de direction. Jürgen Schrempp, le patron emblématique de DaimlerChrysler, a été remercié fin juillet par le conseil de surveillance, alors que son mandat avait été prolongé, l'été dernier, jusqu'à 2008. Après dix années passées à la présidence du directoire et plus de quarante ans dans le groupe, il quittera ses fonctions fin décembre. A sa place et sur ses recommandations, le conseil de surveillance a nommé Dieter Zetsche, président de la division Chrysler. Celui-ci s'est notamment illustré par le sauvetage de la filiale américaine, rachetée en 1998 par Daimler-Benz et revenue dans le vert en 2004 après de sévères restructurations. Cette décision n'aura pas manqué de créer des remous. Le président de Mercedes, Eckard Cordes, autre candidat potentiel à la succession, n'a pas digéré la nouvelle. Vexé de n'avoir pas été choisi, il a donné sa démission le 18 août, obligeant le groupe à entamer un nouveau jeu de chaises musicales.

De nombreux problèmes sur le feu

Le choix de son remplaçant s'est rapidement porté sur Dieter Zetsche, qui assurera la présidence du Mercedes Car Group à partir de septembre. Il prendra ensuite la tête du groupe dans son ensemble en janvier et cumulera les fonctions. Quant à Chrysler, c'est le canadien Thomas LaSorda, actuel numéro 2, qui en prendra les commandes à la rentrée et non pas en janvier, comme prévu initialement.

Ces bouleversements au sein d'un des plus grands constructeurs mondiaux ont été fort bien accueillis par les marchés boursiers. A peine la nouvelle annoncée, le titre s'envolait à la Bourse de Francfort, grimpant de près de 10 %. Il faut dire que la stratégie de Jürgen Schrempp était sévèrement critiquée tant par les analystes financiers que par les actionnaires du groupe qui l'avaient fait savoir lors de la dernière assemblée générale. Et les critiques ne remontent pas uniquement aux décisions récentes de l'ex-dirigeant. Jürgen Schrempp paie notamment une politique d'acquisitions qui aura coûté cher, pour peu de résultats. La fusion avec Chrysler s'est avérée être un gouffre financier, qui a longtemps pénalisé les comptes du groupe. Et même si la filiale nord-américaine a renoué avec les bénéfices l'année dernière, sa situation demeure fragile. Malgré des restructurations (près de 40 000 licenciements), elle fait encore face à des coûts sociaux très importants. De plus, les marques américaines sont confrontées à une concurrence sévère des constructeurs asiatiques et voient leurs parts de marché se réduire inexorablement.

Les tentatives de développement en Asie n'auront pas été plus heureuses. Jürgen Schrempp a ainsi orchestré les rapprochements avec le japonais Mitsubishi et le coréen Hyundai : deux échecs cuisants. Après avoir investi plusieurs milliards d'euros pour renflouer le japonais, il lui a finalement brutalement coupé les vivres l'an dernier et mis un terme aux coopérations. Quant à Hyundai, DaimlerChrysler a finalement revendu ses parts, n'ayant pas réussi à s'entendre sur les éventuelles collaborations.

Mais dernièrement, c'est le fleuron du groupe, la division Mercedes (marques Mercedes, Maybach et Smart), qui a commencé à montrer des signes de faiblesse. Au deuxième trimestre 2005, la division engrangeait un bénéfice d'exploitation de seulement 12 millions d'euros, contre 703 millions à la même période l'an dernier. Elle continue d'être pénalisée par les déboires de Smart, la marque de mini-voitures, qui n'est toujours pas rentable. Le groupe a d'ailleurs lancé un plan de restructuration de 1,2 milliard d'euros cette année, avec à la clé la suppression de près d'un tiers des effectifs de Smart. Coup de grâce, Mercedes, la marque phare du groupe, est en difficulté. Affectée par des problèmes récurrents de qualité, ses ventes mondiales ont chuté de 4,3 % au premier semestre, à 499 900 véhicules. Au point d'être dépassée par BMW, son rival de toujours, qui progressait de 8,6 % sur la même période, à 538 000 unités.

Avec sa double casquette, Dieter Zetsche va donc devoir s'atteler à de nombreux chantiers. A commencer par une enquête des autorités alle-mandes concernant un éventuel délit d'initiés suite au départ de Jürgen Schrempp.

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