Corsica Linea entre prudence et détermination

Avec un nouveau directeur à sa tête, Pierre-Antoine Villanova, Corsica Linea veut réussir sa saison, tant sur le fret que pour les passagers. Objectif : restaurer la confiance pour se retrouver en position plus favorable lors de l'attribution de la prochaine délégation de service public.

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Corsica Linea entre prudence et détermination

Tourner enfin la page de l'ex-SNCM et du bref épisode MCM. Mardi 3 mai, la volonté émanait de tous les propos du président de Corsica Linea, Pascal Trojani, et du directeur général, Pierre-Antoine Villanova qui assure avoir trouvé "une entreprise fatiguée" par les 18 derniers mois. Les deux hommes tenaient leur première conférence de presse sur le "Jean Nicoli" repeint de rouge et de blanc et flanqué de la tête de Maure, pour dévoiler leurs grandes lignes stratégiques.

Corsica Linea a pour actionnaire unique CM Holding, une structure regroupant quinze actionnaires détenant 95% du capital, et 120 ETI et PME corses pour les 5% restants. Elle emploie 870 salariés, dessert sept ports (Marseille, Bastia, Ile Rousse, Ajaccio, Porto-Vecchio, Alger et Tunis) et table pour 2016 sur un chiffre d'affaires de 165 millions d'euros. "Notre objectif est d'abord de réussir notre saison, en traitant nos passagers comme des clients, plus comme des usagers. Ils vont voir la différence", promet Pierre-Antoine Villanova. Des offres tarifaires devraient être annoncées avant la fin de la semaine pour atteindre les 450 000 à 500 000 passagers. 450 embauches saisonnières sont prévues. La compagnie va investir 18 millions d'euros pour entretenir et moderniser sa flotte de six bateaux. Quant au renouvellement récent de ses accords sociaux, il doit lui éviter toute menace sur sa fiabilité.

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Pierre-Antoine Villanova, le nouveau directeur de Corsica Linea et Pascal Trojani, président (Crédits: JC Barla)

Accroître le fret

Présentant Corsica Linea comme une ETI "à l'esprit familial" avec "un actionnaire engagé, présent et avec qui on peut parler", le directeur met également la priorité sur le fret qui pèse 30% de son activité. "Nous voulons progresser de 10% dès cette année. Nous détenons 43% de parts de marché. Nous devons progresser sur la logistique, la simplification des réservations... pour rendre le meilleur service au meilleur coût. Nos actionnaires sauront exprimer leurs besoins."

Selon Pascal Trojani, "60% du fret provient des seuls actionnaires de Corsica Linea. Des trafics ont déjà été rapatriés de Toulon vers Marseille". La compagnie vise 900 000 mètres linéaires de fret. Fin 2016, en fonction du bilan, elle étudiera l'éventualité de desservir depuis Marseille ou la Corse d'autres ports de Méditerranée (Italie, Espagne, Baléares). "Notre marché est tendu, mais nous pouvons parvenir à une rentabilité qui pérennise l'entreprise", affirme le directeur.

Course d'obstacles

Entre temps, Corsica Linea devra franchir plusieurs étapes délicates. Le tribunal de commerce de Marseille (Bouches-du-Rhône) avait attribué en novembre 2015 la reprise de l'ex-SNCM à MCM de Patrick Rocca. Si ce dernier fait partie de ses actionnaires, Corsica Linea est une autre société. Une situation inédite. "Mais si nous sommes là, c'est par la volonté de Patrick Rocca !", insiste Pascal Trojani. La cession a eu lieu en avril. Les comités d'entreprise de MCM et de l'ex-SNCM ayant saisi le tribunal pour contester ce montage, l'audience se tiendra le 18 mai.

Les deux dirigeants discutent également avec la Collectivité territoriale de Corse (CTC), déterminée à bâtir une compagnie régionale. Le président de l'Office des transports de la Corse (OTC), Jean-Félix Acquaviva, a indiqué que la CTC entendait entrer au capital de Corsica Linea et récupérer des bateaux pour reprendre le contrôle des liaisons entre la Corse et le continent.

Enfin, le 30 septembre 2016, l'actuelle délégation de service public (DSP) tombera. La formule à compter du 1er octobre reste à définir : nouvelle DSP ou simple obligation de service public aux conditions définies par l'OTC en conformité avec les exigences européennes ? "Ce sera de toute manière un nouveau monde pour l'entreprise", glisse Pierre-Antoine Villanova. Les embûches ne manquent pas avant de pouvoir le découvrir...

Jean-Christophe Barla, à Marseille

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