Coronavirus: Nouvelles mises en garde sur une quatrième vague à la rentrée

PARIS (Reuters) - La France devrait connaître une quatrième vague épidémique de COVID-19 en raison de la propagation du variant Delta du coronavirus mais elle sera plus "nuancée" que les trois premières en raison du développement de la vaccination, a déclaré mercredi Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique.

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Coronavirus: Nouvelles mises en garde sur une quatrième vague à la rentrée
La France devrait connaître une quatrième vague épidémique de COVID-19 en raison de la propagation du variant Delta du coronavirus mais elle sera plus "nuancée" que les trois premières en raison du développement de la vaccination, a déclaré mercredi Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique. /Photo d'aarchives/REUTERS/Ludovic Marin

"Je crois qu'on aura une quatrième vague mais qu'elle va être beaucoup plus nuancée que les trois premières parce qu'il y a un niveau de vaccination qui n'est pas du tout le même", a-t-il expliqué au micro de France Inter.

Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur et membre du conseil scientifique, a également déclaré mercredi sur BFMTV qu'il fallait s'attendre à une augmentation du nombre de cas à la rentrée, "en septembre-octobre", en raison de la présence d'un variant Delta "plus transmissible".

Le variant Delta du coronavirus SARS-CoV-2, initialement découvert en Inde, est bien plus contagieux que les autres variants en circulation, déjà plus transmissibles que la souche initiale.

"Ce variant Delta, en deux mois, va très vraisemblablement remplacer les virus qui sont actuellement présents sur le territoire français, à l'exception peut-être du variant sud-africain (...) Il va devenir prédominant", a estimé Arnaud Fontanet.

Egalement inquiet de la progression "très rapide" du variant Delta - désormais en cause dans environ 20% des nouvelles contamination en France, soit le double de la semaine dernière -le gouvernement a assuré mercredi, par la voix de son porte-parole Gabriel Attal que "la vigilance rest(ait) absolue".

NOUVELLE ÉTAPE DE DÉCONFINEMENT, SAUF POUR LES LANDES

A l'échelle nationale, la situation s'est encore améliorée (avec 18,5 nouvelles contaminations pour 100.000 habitants par semaine, soit un niveau sans précédent depuis août dernier), mais "depuis quelques jours le taux d'incidence au niveau national semble ne plus diminuer", a observé Gabriel Attal lors du compte-rendu du conseil des ministres.

Pour autant, "nous avons (...) toutes les cartes en main pour éviter une quatrième vague", a déclaré Gabriel Attal en soulignant que la reprise épidémique observée ces dernières semaines dans les Landes semblait avoir été contenue, même si la situation de ce département reste "trop instable, trop fragile".

Les autorités ont donc décidé "d'(y) activer le dispositif de frein d'urgence" prévu dans le plan de déconfinement. "Cela veut dire que l'allègement des mesures de restriction avec la fin des jauges qui s'applique aujourd'hui au niveau national est retardée dans les Landes au moins jusqu'au 6 juillet prochain".

Malgré les efforts, les scientifiques mettent en garde contre le caractère quasiment inéluctable d'une quatrième vague et la nécessité de redonner de l'élan à la campagne de vaccination.

"On en aura fini quand 100% de la population aura été soit vaccinée soit contaminée (...) Et c'est probablement en 2022, en tout cas dans les pays européens riches", a souligné Jean-François Delfraissy.

A ses yeux, les chiffres "extrêmement bas" des nouvelles contaminations enregistrés actuellement en France sont "par certains côtés, faussement rassurants".

"On doit se souvenir de ce qui s'est passé durant l'été de l'an dernier. On était à des chiffres à peu près comparables fin juin 2020 et on a vu arriver la deuxième vague en septembre. Et là-dessus arrive ce variant Delta qui a un niveau de transmission qui est nettement plus élevé", a-t-il expliqué, appelant à être "réalistes et conscients".

"Anticipons, sachons-le et vaccinons-nous au maximum durant cette période de juillet et du mois d'août", a-t-il ajouté, en rappelant l'importance de compléter le schéma vaccinal prévu (une ou deux doses en fonction des vaccins et d'une éventuelle contamination antérieure) pour assurer une protection individuelle contre les formes graves et les hospitalisation mais aussi collective contre une future résurgence épidémique.

(Reportage Hayat Gazzane, avec Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault et Jean-Michel Bélot)

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