COR - La France mérite à l'heure actuelle sa note AAA, selon S&P

Corrigé avec citation complète qui attribue l'évaluation aux analystes et non au président de S&P et précision sur la date de l'entretien, le 19 novembre, selon un porte-parole de S&P

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PARIS (Reuters) - Les analystes de Standard & Poor's estiment que la France mérite à l'heure actuelle la note AAA de sa dette souveraine, déclare le président de l'agence de notation dans un entretien publié mercredi dans Les Echos.

"Nos analystes travaillent en toute indépendance. Et ils considèrent qu'à l'heure actuelle, la France mérite son rating AAA, comme l'indique la perspective 'stable' sur cette note", déclare Deven Sharma dans les colonnes du quotidien économique.

La citation tronquée qui figure en "une" des Echos suggère que le président de S&P porte lui-même une évaluation, ce qu'il ne fait jamais, a précisé à Reuters un porte-parole de l'agence.

Ce porte-parole ajouté que l'entretien avait été réalisé le 19 novembre et n'était donc pas une réponse à la rumeur de placement sous surveillance négative de la note française qui a circulé mardi matin sur les marchés financiers.

Prié de dire s'il était possible d'imaginer que la France perde un jour son AAA, Deven Sharma répond : "Absolument. Toute note est susceptible d'être réajustée si les conditions se modifient."

"C'est notre rôle d'avertir les investisseurs quand la qualité de la note d'un émetteur, y compris celle d'un pays, se dégrade. L'avons-nous fait par le passé ? La réponse est oui", ajoute-t-il.

Interrogé sur l'influence des agences sur les marchés financiers, Deven Sharma déclare : "Il y a deux vues qui sont différentes et complémentaires, celle des agences de notations et celle des marchés."

"L'horizon d'analyse est différent : nous nous appuyons sur des fondamentaux qui engagent le long terme, alors que les marchés reflètent une vision plus court-termiste."

L'idée défendue à Bruxelles selon laquelle les agences devraient prévenir trois jours à l'avance les pays dont elles envisagent de modifier la notation, "nous imposerait de communiquer nos changements de notes aux émetteurs souverains trois jours minimum avant de les rendre publiques au marché", estime Deven Sharma. "Elle créerait donc une inégalité de traitement entre les différents types d'émetteurs européens."

"Déjà, depuis le 7 septembre, la règle en vigueur en Europe est de 12 heures pour tous les changements de note. A nos yeux, elle comprend des risques non négligeables en termes de diffusion de rumeurs et de délits d'initié", poursuit-il.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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