L'Usine Energie

COP21 : le “Yes, we can” de Al Gore pour changer de modèle énergétique

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Pour Al Gore, l’enjeu de la COP21 se résume en trois questions : devons-nous, pouvons-nous et allons-nous changer ? A ces trois interrogations, il répond oui, sans hésiter.


Crédits COP21 Twitter CC - Al Gore et Laurent Fabius

Jeudi 3 décembre, le vice-président américain et prix Nobel de la Paix, Al Gore est venu sur le site ONU au Bourget, où se déroule la COP21, à l’occasion d’une conférence sur les investissements dans les énergies bas carbone. Il y a résumé l’enjeu du sommet sur le climat en 3 questions.

La première est "Must we change?" (Devons-nous changer ? ). "Pendant 150 ans, nous avons reposé sur les énergies fossiles pour faire progresser la civilisation et aujourd’hui encore, elles comptent pour 80 % de l’énergie mondiale… Tout le monde sait que nous devons changer et tendre vers une économie bas carbone", lance-t-il.

La réponse de la nature

Mais il précise : "Nous devons changer, non pas parce que la communauté scientifique est maintenant unanime sur la réalité du réchauffement, mais parce que la réponse vient de la nature elle-même. Nous observons à des catastrophes climatiques quasiment tous les jours (…) les sécheresses en Californie, en Afrique, au Brésil (…) on voit la glace des pôles fondre et le niveau de l’eau grimper…"

La deuxième question est : Can we change ? (Pouvons-nous changer). "Il y a une différence majeure entre la réalité aujourd’hui et celle des COP précédentes. Les industries, les investisseurs, les chercheurs ont amené les énergies renouvelable, le stockage de l’énergie, les économies d’énergie, l’agriculture a un niveau d’efficacité très élevé", explique-t-il.

Migration renouvelable

Puis se basant sur une étude de Goldman Sachs, il rappelle que l’apport de puissance photovoltaïque et éolienne entre 2015 et 2020 connaitra la même la croissance que celle du gaz entre 2010-2015 (N.B : période qui a connu l’explosion du gaz de schiste aux Etats-Unis). "Nous vivons une formidable avancée dans notre capacité à migrer vers les énergies renouvelables". A la question devons-nous changer, « la réponse est Yes We Can » lance-t-il enthousiaste ! 

La troisième question est "Will we change ?" (Va-t-on changer). "C’est cette réponse qui doit être trouvée à Paris. Mais cela ne viendra pas du texte final des négociations mais de l’industrie et des investisseurs", assure-t-il. Il prédit ainsi le risque pour ces acteurs à continuer à investir dans des actifs carbonnés qui seront nécessairement dévalués à terme. Cela pourrait créer un effondrement économique, digne des pires crises que nous avons connues, juge-t-il.

"On voit déjà ExxonMobil être poursuivi par des investisseurs car il aurait menti sur le changement climatique. On voit les efforts fait en Alberta… toutes ces actions sont très significatives (…) Il faut désinvestir des actifs carbonnés risqués et investir dans les merveilleuses technologies bas carbone", conclut-il.

Ludovic Dupin

Réagir à cet article

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte