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L'Usine Energie

COP21 : "La contrainte devient une opportunité", explique Patrick Pouyanné de Total

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

La COP21 s'ouvre officiellement lundi 30 novembre à Paris. L'Usine Nouvelle a demandé à des patrons d'industrie leur opinion sur cette conférence climat très attendue.  Patrick Pouyanné est le directeur général de Total. Pour lui, la lutte contre le changement climatique passe par la capacité à imposer un signal fort sur le prix du carbone afin d'orienter les investissements vers les technologies les moins émettrices de CO2 comme le gaz par rapport au charbon.


D.R.

L'Usine Nouvelle : Pouvez-vous citer un projet concret qui pourrait faire de votre entreprise un modèle pour d’autres en matière de lutte contre le réchauffement climatique ?
Patrick Pouyanné  : Solar Star, la plus grande centrale solaire au monde, située dans le désert de Californie, à l’est de Los Angeles. Il aura fallu à peine deux ans à SunPower, la filiale solaire de Total, pour achever cette année la construction de ce projet exceptionnel comptant 1,7 million de panneaux solaires pour une puissance de 750 MW, soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire.

La production électrique de Solar Star permettra l’alimentation de 250 000 foyers californiens et évitera l’émission de 600 000 tonnes de CO2 par an. Le solaire nous apparaît comme le domaine des énergies renouvelables où le progrès technologique sera le plus important. En outre, je crois vraiment que le solaire peut être à l’énergie ce que le téléphone mobile est aux télécoms : un moyen d’amener de l’énergie à ceux qui n’y ont pas accès.

Nous avons prévu d’investir au moins 500 millions de dollars par an dans les énergies nouvelles qui, dans quinze ans, représenteront plus de 10% de notre portefeuille, contre 3% aujourd’hui. Tout en restant une compagnie majeure du pétrole et du gaz, nous voulons tirer parti de la croissance de ce secteur car tout en reconnaissant qu’il s’agit là d’une diversification, nous avons les moyens techniques et financiers pour accompagner la transition énergétique et demeurer un acteur majeur de l’énergie. C’est un bel exemple de l’audace et de la ténacité du groupe à préparer l’avenir.

Sur quel point précis avez-vous encore du travail à fournir ?
L’un de nos axes de progrès continu est l’efficacité énergétique : consommer moins dans nos procédés et développer des produits qui aident le consommateur à consommer moins. Soyons pragmatiques : ne pas émettre de CO2 est la première solution pour lutter contre le changement climatique.

C’est aussi un message facile à faire passer à nos équipes parce que nous y trouvons un intérêt économique. L’énergie a un coût élevé et nos installations sont fortement consommatrices d’énergie : tout ce qu’il sera possible de faire pour améliorer l’efficacité énergétique de nos procédés impactera positivement nos résultats ! Cela passe aussi par la fin du brûlage du gaz sur nos plate-formes. Nous avons réduit notre brûlage continu de 50% de 2008 à 2015. Nous visons l’arrêt complet du torchage continu à horizon 2030 ! Pourquoi ? Parce que le gaz est une matière première et qu’il est préférable de le vendre que de le brûler. Là encore, l’intérêt économique soutient l’objectif écologique.

Lutter contre les émissions de CO2 : surcoût ou opportunité pour votre entreprise ?
Bien sûr que cela a un coût, mais il s’agit d’un impératif que nous devons intégrer à notre business model et, en faisant cela, la contrainte devient une opportunité. Opportunité de donner au gaz dont nous sommes un grand producteur une place plus importante dans le mix énergétique mondial car c’est l’énergie fossile qui émet le moins de CO2.

Opportunité de trouver des relais de croissance dans les renouvelables. Opportunité d’être plus efficace dans nos opérations et sur nos marchés. Car c’est ainsi que l’écologie progresse. Parce que les entreprises s’engagent et y trouvent leur compte. Autre exemple : Total a eu un rôle pivot dans l’appel à une tarification du carbone.

Le Groupe, avec cinq compagnies pétrolières et gazières mondiales, a lancé en juin dernier un appel aux États du monde entier pour l’instauration de mécanismes de tarification du carbone. C’est original pour des entreprises de demander une hausse des prix de leurs produits. Mais c’est parce que nous avons besoin d’un signal clair pour orienter les investissements de moyen et long terme que requiert le monde de l’énergie.

Ce prix découragera le recours aux technologies fortement émissives et encouragera au contraire les options les plus efficaces pour diminuer les émissions de CO2. Cela permettra de favoriser le gaz au détriment du charbon, qui émet deux fois moins de CO2 que le charbon pour la génération électrique. Et c’est ce qu’il faut pour lutter contre le changement climatique.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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