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COP21

COP21, l'Ile de la Réunion croule sous les déchets

Olivier Cognasse ,

Publié le , mis à jour le

Dans deux ans les deux centres d’enfouissement de l’Ile de la Réunion arriveront à saturation. La maire de la Possession s’engage pour trouver des solutions compatibles avec l’environnement.

 

Les centres d’enfouissement, bien connus pour leur pollution des sols, sont aujourd’hui la solution utilisée par l’Ile de la Réunion pour se débarrasser d’une partie de ses déchets. Pire, les deux centres de Sainte-Suzanne et de Saint-Louis vont bientôt déborder. "En 2018, ils seront à saturation et nous sommes pris par le temps, alerte Vanessa Miranville, élue maire sans étiquette de La Possession en 2014, à l’âge de 31 ans avec comme fil conducteur l’écologie. Les cinq intercommunalités de l’île n’ont pas réussi à se mettre d’accord", regrette-t-elle. 40% des déchets enfouis auraient pu être valorisés…

Elle a créé "La Réunion en action", un mouvement associatif et citoyen tourné vers l’environnement qui a déjà lancé une "ressourcerie" pour reconditionner des objets jetés et revendus à bas prix, planter des végétaux endémiques pour se protéger des dépôts sauvages de déchets, et construit deux installations de tri des ordures ménagères.

Aujourd’hui, si le tri et la valorisation sont effectués sur l’ancienne île Bourbon, les capacités sont insuffisantes pour les traiter sur place et l’éducation dans ce domaine reste encore à faire, car "la société de consommation est arrivée tardivement sur l’île, il y a moins d’une trentaine d’années. Et le tri sélectif depuis une dizaine d’années". Le plastique et le métal sont exportés en Thaïlande, le verre en Afrique du sud.

Développer une vraie filière de recyclage

A court terme, une extension provisoire des centres d’enfouissement serait une solution pour deux ou trois ans, le temps de mettre en place des installations. Mais l’avenir passe par l’incinération pour ce qui n’est pas recyclé et le compostage.

Problème : le compost contient une forte teneur en zinc et en cuivre en raison du sol volcanique. Or, la Réunion, en tant que département, applique les lois françaises et ne peut s’en écarter, "même si elles ne sont pas toujours adaptées à notre cas"

Le compost pourrait permettre de développer une unité de méthanisation pour produire de l’énergie. "Dans les années 80, nous étions totalement autonomes et notre électricité était 100% renouvelable avec l’hydroélectricité. Depuis, la population a fortement augmenté et notre électricité n’est plus renouvelable qu’à 35%, même si nous développons le solaire", analyse Vanessa Miranville.

La Réunion ne produit actuellement pas suffisamment de déchets pour mettre en place des unités de recyclage. "Nous produisons 2500 tonnes de PET. Il en faudrait 3500 tonnes. Nous pouvons améliorer le tri, mais nous regardons aussi chez nos voisins".

La Réunion s’est rapprochée de Victoria, la capitale des Seychelles pour récupérer à terme leur PET et mettre en place une véritable filière de recyclage de ce matériau avec une usine. Au-delà de ce plastique, l’idée est même de créer une véritable filière pour traiter les déchets "prioritaires", comme les D3E, textiles, encombrants, meubles,… Avec à la clé la création de 400 emplois verts en local, qui ne seront pas de trop dans un département où le taux de chômage atteint 27%.

Olivier Cognasse 

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