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COP21

COP21 : l’eau, danger caché du changement climatique qui déstabilise déjà le monde

Ludovic Dupin , ,

Publié le

L'accès à l'eau est déjà très inégalement réparti sur la planète et le réchauffement climatique va encore plus limiter cette ressource. Le manque d'eau participe déjà à la déstabilisation de pays comme la Syrie.


Reservoir de Montsouris (Paris) - Crédits FRANCOIS GRUNBERG

"Je pense que l’on sous-estime la problématique de l’eau liée au réchauffement. Le dérèglement est climatique et aussi aquatique". C’est ainsi que Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez, a introduit une conférence sur le thème de l’eau lors de la COP21 au Bourget (Seine-Saint-Denis). Il est vrai que dans les allées, on parle climat, énergie, forêt, impacts sociaux… Mais la thématique de l’eau potable est rarement mise en avant.

Or la raréfaction de la ressource en eau entraîne des conséquences apocalyptiques à en croire les experts. "En 2035, 40 % de la population mondiale vivra dans des zones de stress hydrique. Si on ne fait rien, ces populations subiront des graves conflits d’usage, des problèmes d’hygiène et de santé. Cela conduira à de massifs mouvements de réfugiés climatiques", assure le grand patron.  

L'eau, facteur aggravant en Syrie

Il rappelle d’ailleurs qu’en 2006, il y a eu en Syrie une immense sécheresse qui a provoqué une vaste migration des campagnes vers les villes. "Cela a participé à la déstabilisation du pays que l’on connait aujourd’hui", assure-t-il.  Ahmad Junaid, directeur en charge de l’eau à la Banque mondiale, confirme : "En Syrie, au Tchad, on voit que l’incapacité à régler les problèmes d’eau est le terreau pour le déstabilisation des Etats. L’eau est un facteur caché du changement climatique".

Le réchauffement climatique à deux principaux effets sur l’eau. D’une part, il permet à l’atmosphère de contenir plus d’eau et donc dessèche les terres. Cette eau va ensuite se déverser massivement autre part.

"Les zones avec peu d’eau en auront encore moins, celles qui en beaucoup en auront trop", résume simplement Brice Lalonde conseiller auprès de l'ONU pour le développement durable.

La Méditerranée en danger

D’autre part, la montée des océans menace les nappes phréatiques littorales qui se font contaminer par l’eau salée et les rend impropres à la consommation. A en croire Jean-Louis Guigou, président d’Ipemed (Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen),"la situation est dramatique pour la Méditerranée".

En particulier, il fait référence à un arc allant de la Turquie, au Maroc. Cette zone, qui compte 280 millions d’habitants, représentent 4 % de la population mondiale. Or elle ne possède que 1 % des réserves en eau. Et dans les 40 ans, sa population va grimper à 360 millions d’habitants !

Car, combinés au réchauffement, la croissance démographique et l'hyperurbanisation vont encore accroître la pression sur une ressource en eau déjà limitée. Cependant, les intervenants veulent aussi évoquer des solutions en affirmant que les technologies existent. La désalinisation de l’eau de mer (qui n’alimente que 300 millions de personnes aujourd’hui) est de moins en moins gourmande en énergie et la réutilisation de l’eau se développe, même si aujourd'hui seulement 2 % de l’eau traitée est réutilisée. Preuve qu'il est possible d'inverser la tendance : au sein de cet arc sud-méditerranéen sous menace de graves stress hydrique se tient Israël l’un des pays les plus avancées de la planète pour l’eau.

Un Giec de l'eau

"Pour répondre à ces défis, il faut une innovation technologique, financière et comportementale", assure Marie-Ange Debon, directrice générale adjointe de Suez , responsable de la division Internationale. "Il faut renforcer les partenariats nord/sud. Il faut innover pour maximiser la disposition des ressources en eau. Il faut mobiliser l’ensemble des acteurs, c’est la responsabilité de l’entreprise de participer à la prise de conscience collective sur cet enjeu", ajoute Jean-Louis Chaussade.

Brice Lalonde s’interroge pour finir : "Peut-être faudrait-il lancer un GIEC de l’eau pour pourvoir identifier les problèmes et y répondre collectivement", une proposition vivement applaudie par les experts présents.

Ludovic Dupin

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