COP21

COP21 : Bilan, top, flop… que retenir d’hier, qu’attendre d’aujourd’hui ?

Arnaud Dumas ,

Publié le

Les négociations s’intensifient dans les petites salles en bois de la COP21. Les négociateurs ont dû travailler jour et nuit pour arriver à un projet d’accord. La journée de jeudi s’est révélée particulièrement studieuse. Laurent Fabius, le président de la COP21, voulait que le projet d’accord soit finalisé pour pouvoir être soumis aux juristes et aux traducteurs vendredi, pour une signature vendredi soir. La journée de jeudi a néanmoins aussi fait la part belle à la fête, avec une performance du rappeur jamaïcain Sean Paul.

Les entreprises citées


Crédits cc twitter cop21

L’ambiance se fait de plus en plus studieuse à la COP21. Les réunions plénières ou les regroupements en "indaba", ces formats de réunions en plus petit comité pour aller plus vite, s’enchaînent pour tenter de parvenir à un accord.

Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères français et le président de la COP21, avait demandé aux parties de soumettre un projet d’accord dès jeudi à 15h. De quoi l’étudier et de le discuter jusqu’à la séance plénière de 20h. Un agenda qu’il avait déjà fixé la veille.

Mais contrairement à mercredi, les négociateurs ont été plus lents jeudi et n’ont pas réussi à soumettre un nouveau texte à 15h... L’échéance a été repoussée au soir. Mais les négociateurs n’ont plus le choix, ils doivent avancer s’ils veulent qu’un accord soit signé vendredi 11 décembre au soir.

Encore des points à négocier
Les points de divergences demeurent. A l’Elysée, François Hollande s’impatiente. Il recevait jeudi matin les représentants de plusieurs autorités religieuses qui lui remettaient une pétition signée de 1,8 million de personnes en faveur de la justice climatique.

"Je veux que ces pétitions pèsent de tout leur poids sur les tractations, déclare-t-il. Il y a encore des difficultés, nous les connaissons, sur les financements, sur leur répartition. Il y a encore aussi des résistances par rapport notamment à la prise en compte des pertes et dommages. Il y a aussi le souci de ne pas avoir d’engagements qui seraient trop lointains.".

Le président de la République française exhorte les parties à la conférence sur le climat de voir plus loin que leurs intérêts nationaux. "S’il y a bien un thème qui peut réunir les femmes et les hommes, c’est l’avenir de la planète", martèle-t-il.

Le financement demeure un point d’achoppement. Les pays occidentaux voudraient notamment que les émergents contribuent plus au financement de la lutte contre le réchauffement climatique dans les pays les plus vulnérables. Le niveau d’ambition de l’accord fait également l’objet d’un débat difficile.

Sous l’impulsion des pays en développement, la conférence de Paris a fait émerger un nouvel objectif d’un réchauffement climatique contenu à 1,5°, au lieu de 2° prévus initialement. Tous les pays ne sont pas d’accord…
 

Quelques mauvais élèves
L’Arabie Saoudite, qui s’exprime au nom d’une majorité des pays de la Ligue Arabe, est notamment pointée du doigt par de nombreuses ONG et d’autres négociateurs pour son manque d’entrain à négocier. Tout comme le Venezuela. Ces pays pétroliers ne veulent notamment pas entendre parler de l’inscription du principe d’un prix du carbone dans l’accord, qui est pourtant demandé par de nombreux groupes industriels. Ils refusent également l’idée de discriminer les énergies, c’est-à-dire de dénoncer les émissions des énergies fossiles.

Quelques points avancent cependant. Christiana Figueres, la secrétaire exécutive de l’ONU en charge du climat, s’est félicitée jeudi des annonces de plusieurs pays pour soutenir le fonds d’adaptation. L’Allemagne, la Suède, l’Italie et la Wallonie en Belgique ont promis d’augmenter le soutien à ce fonds dont l’objet consiste à financer des projets d’adaptation au changement climatique dans les pays vulnérables.

Avec ces nouvelles annonces, la collecte du fonds atteint 75 millions de dollars, sur les 80 millions de dollars espérés. Christiana Figueres a appelé les autres pays à se mobiliser pour atteindre l’objectif.
 

Les stars s’engagent
La COP21 sait aussi relâcher la pression en accueillant des stars internationales. Sean Paul est venu faire le show jeudi soir lors de la cérémonie des "Momentum for Change awards", qui récompensent des personnes ayant agi en faveur du climat.

Le rappeur jamaïcain venait défendre la chanson "Love song to the earth", signée d’un collectif de célébrités mondiales (dont Natasha Bedingfield, Paul McCartney, Bon Jovi, etc.) et dont chaque visionnage ou téléchargement sur internet rappore quelques cents à l’organisation caritative Friends of the earth.

 

"J’ai vu les effets de la pollution dans mon pays, déclare l’artiste. J’ai moi-même de l’asthme. En Jamaïque, nous produisons beaucoup d’athlètes et ils doivent courir dans le smog."

Sean Paul n’est pas la première célébrité à s’être rendue au Bourget pour défendre le climat. Arnold Schwarzenegger, Sean Penn, Leonardo DiCaprio, Alec Baldwin, Robert Redford et la chanteuse Patti Smith sont intervenus pendant la COP21. Les stars françaises, en revanche, se sont faites plus rares…

Arnaud Dumas

 

 

La citation du jour : François Hollande, président de la République, lors de la rencontre avec les autorités religieuses engagées pour le climat.

 

 

 

 


"Il est important, dans cette dernière phase, de rappeler aux négociateurs pourquoi ils sont là. Ils ne sont pas là uniquement au nom de leurs Etats. Ils ne sont pas simplement là au nom de l’histoire de leur continent. Ils ne sont pas simplement là pour réclamer justice pour les uns, délais pour les autres. Ils sont là pour régler la question de l’avenir de la planète. Et c’est une responsabilité qu’ils ne pourront pas évacuer."
 

 

Le top : lutte contre le gaspillage alimentaire

 

Belle unanimité à l’Assemblée nationale. Les députés français de gauche et de droite ont adopté à l’unanimité la proposition de loi pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Cette loi vise notamment à interdire aux grandes surfaces de jeter de la nourriture et de la rendre volontairement impropre à la consommation. Elle permettra par ailleurs aux industriels de l’agroalimentaire de faire don des produits refusés par leurs clients. La loi impose enfin une hiérarchisation du recyclage des denrées en fonction de leur état (consommation animale, compost, etc.).

 

 

 

Le flop : le transport

 

L’aviation et le transport maritime ne seront pas inscrits dans l’accord de Paris, ils ont été écartés du projet d’accord soumis aux parties. Une grosse déception pour les ONG environnementales, ces deux secteurs faisant partie des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre.

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