Contrôle : Octapharma et Inentech innovent sur le monitoring

Le laboratoire a récemment fait évoluer le système de suivi de ses salles propres sur son site de Lingolsheim. Un projet mené en collaboration avec Inentech, sous le signe de l'évolutivité et de l'adaptabilité aux équipements déjà existants. Analyse de ce cas d'école sur le monitoring des salles propres.

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Contrôle : Octapharma et Inentech innovent sur le monitoring
Le monitoring des salles propres, un levier pour améliorer la qualité.

Avec l'évolution des technologies et des systèmes d'information, le monitoring des salles propres est en pleine ébullition. Ce suivi affiné des installations permet de réaliser un bond en avant d'un point de vue de la qualité. Il est aussi porteur de promesses sur les aspects d'efficacité énergétique. Le président et directeur commercial d'Inentech, spécialiste des systèmes de conduites d'installations pour les procédés, a constaté le changement de point de vue sur le monitoring pour les industriels de la pharmacie : « Dans les années 90-2000, nous travaillions pour des clients inspectés ou en passe de l'être, dans un mode survie, désormais nous basculons de la contrainte au bénéfice que cela peut apporter », observe Éric Carpentier. Le monitoring participe aujourd'hui pleinement à la dynamique de qualité du site et d'amélioration continue. Pour illustrer le sujet, Octapharma et Inentech, sont venus présenter lors du dernier colloque de l'ASPEC, en novembre 2018, un projet innovant et ambitieux : la rénovation d'un système de monitoring sur plusieurs classes de salles propres.

Un site dynamique en pleine évolution

Le site Octapharma de Lingolsheim comprend une centaine de locaux en zones classées. Des salles propres de différentes classes allant de surfaces catégorisées A à des espaces classés D. « À l'origine ce que nous avions sur notre site c'est un monitoring en temps réel sur les installations classées A, B et C, pour les salles en classe D, nous réalisions des mesures de pression une fois par semaine », résume Vanessa Krieger, ingénieur Process chez Octapharma et responsable de ce projet de monitoring. L'objectif de mettre en place un nouveau système de monitoring était double : suivre en continu les mesures environnementales sur les installations en classes C et D et moderniser l'ancien système de monitoring sur les classes A et B. Une démarche double d'amélioration continue et d'harmonisation du site. « Il fallait un système plus récent et fonctionnel en termes de gestion des automates, mais aussi au niveau de l'interface utilisateur », souligne Vanessa Krieger. Autre impératif qui s'imposait : l'adaptabilité du nouveau système. Le site alsacien d'Octapharma est dans une dynamique de croissance et de nouvelles salles propres sont installées chaque année, une vingtaine pour l'année 2018. Elles nécessitent le recours à un système de monitoring ouvert et modulaire. Le site est spécialisé dans les produits dérivés du sang. Il a été racheté en 1999 à Aventis par Octapharma et, signe de sa bonne santé, est depuis passé de 80 à plus de 580 employés.

La construction d'un partenariat

Pour réaliser son projet de monitoring, le laboratoire a fait appel à Inentech, une PME basée en Île-de-France, à Verrières-le-Buisson. Le fournisseur répondait au cahier des charges dressé par Octapharma. « Nous recherchions un fournisseur capable de proposer un système à la fois ouvert et qui soit suffisamment souple et paramétrable pour ne pas nécessiter de requalification de nos équipements existants », insiste Vanessa Krieger. « Nous avions déjà travaillé auparavant avec Octapharma, par ailleurs notre solution Mozart 21 est orientée produit mais peut être adaptée à façon pour intégrer des équipements existants. Il présente également une grande flexibilité pour l'ajout de nouvelle fonctionnalités », explique Éric Carpentier. Le laboratoire voulait garder la main sur le système mis en place et le faire évoluer selon ses besoins. Le projet a été mené durant 2 ans dont 6 mois nécessaires à la définition du besoin et aux spécifications du système installé. « Nous avons pris le temps d'inclure chaque secteur du site dans la réflexion : que ce soit la production, les automaticiens, les services techniques, notre réflexion allait au-delà des utilisateurs de la salle propre », détaille Vanessa Krieger. Un tour de table indispensable pour définir un périmètre de projet satisfaisant et anticiper les complications. Un travail auquel a également participé Inentech. « Il y a toujours un temps chez le client pour comprendre les enjeux sur le plan de la qualité, cerner la philosophie du site et définir la quantité de mesures à remonter », précise Éric Carpentier.

Une réflexion indispensable sur la formation

Concrètement, la mise en place du nouveau système a eu lieu pendant la période d'arrêt technique. Au niveau des salles propres, peu d'instruments ont été modifiés, si ce n'est l'ajout de verrines de surveillance capables de flasher dans la salle pour signaler une alerte. Les sondes déjà en place pour la mesure de la qualité de l'air n'ont pas eu besoin d'être remplacées, ce qui a permis d'éviter toute requalification. Depuis l'installation, le bilan du projet est jugé très positif : « Nous avons un gros gain qui se fait déjà sentir au bout de 6 mois. En terme de contamination de l'environnement, nous maîtrisons mieux les différents flux de personnes et les flux techniques », se félicite Vanessa Krieger. C'est en effet sur les gains en termes de qualité que l'ingénieure d'Octapharma souligne le bénéfice du projet. Malgré la mise à jour technique et le travail sur les fonctionnalités, l'aspect humain est par ailleurs primordial. L'installation d'un tel système de monitoring a des conséquences sur le travail des opérateurs. « Lorsque nous passons d'un système de mesures hebdomadaires à des mesures en continu, cela nécessite de la formation », observe Vanessa Krieger, « mettre un monitoring en temps réel, cela veut dire changer les pratiques, il faut accompagner les personnels dans cette évolution, sur les passages de portes, les différentes ouvertures ». D'un point de vue qualité, le monitoring en temps réel a permis d'améliorer le suivi existant. « L'évolution du système aide à anticiper des problématiques techniques dont nous avions moins conscience sur des relevés hebdomadaires », poursuit Vanessa Krieger. « Il faut veiller à ne pas mettre arbitrairement un nouveau système en accusation, plaide Éric Carpentier pour Inentech, nous devons travailler sur les évolutions des pratiques et aider nos clients à optimiser ce changement ».

Du monitoring à l'efficacité énergétique ?

À l'avenir, le système pourrait s'élargir à d'autres tâches, pour affiner les flux d'air ou surveiller d'autres parties de l'usine. « Le système enregistre toutes les courbes de pression, potentiellement cela pourrait être exploité mais nous sommes encore dans une phase de fiabilisation de cette nouvelle installation », souligne Vanessa Krieger. Un point de vue sur l'analyse des données qu'encourage Éric Carpentier : « L'informatique nous amène des solutions d'exploitation de toutes les informations remontées, c'est une vraie tendance d'avenir pour travailler sur l'efficacité énergétique ». L'expert en système refuse cependant d'annoncer à ses clients un ROI sur le monitoring tel qu'il est conçu aujourd'hui « c'est la prochaine étape », souligne Éric Carpentier qui insiste sur la nécessité de séparer contrôle réglementaire et gestion énergétique. Le système mis en place par Octapharma pourrait également inclure d'autres données, les possibilités sont nombreuses. Le dirigeant d'Inentech insiste également sur les progrès réalisés dans l'ergonomie des systèmes. L'information est synthétique et visuelle. « Avec le plus grand nombre d'informations traitées, il faut veiller à la rendre accessible, et claire, sans que le flux ne masque l'information de fond », remarque Éric Carpentier. Le monitoring des salles propres a le vent en poupe, il est porté par deux grands types d'acteurs. Des équipementiers de salle propre, spécialisés en métrologie et qui vont développer des solutions logicielles correspondantes et des acteurs comme Inentech qui viennent de l'ingénierie logicielle et misent sur l'ouverture et la polyvalence de leurs systèmes. Deux acteurs qui doivent travailler en coopération car comme l'indique Eric Carpentier, « nous ne pouvons optimiser qu'uniquement si l'on est certain d'avoir des mesures fiables ». Un travail de construction indispensable et des acteurs du monitoring qui sont passés de simples fournisseurs de solutions à partie intégrante de la réflexion sur l'évolution des sites de production.

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