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L'Usine Agro

Contrefaçon de vins et de spiritueux : quelles protections ?

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Analyse Si la contrefaçon de vins et de spiritueux est un phénomène ancien, on assiste depuis cinq ans à une nouvelle forme de contrefaçon industrielle qui a émergé avec la place croissante du marché chinois. Décryptage de ce phénomène avec Eric Przyswa, chercheur associé à Mines ParisTech et consultant au Centre de recherche sur les risques et les crises.

Contrefaçon de vins et de spiritueux : quelles protections ? © DR

Les entreprises citées

En quelques années, la Chine est devenue un acteur central dans le secteur des vins et spiritueux : ce pays est le cinquième consommateur de vin dans le monde et a ravi la place du premier consommateur de vin rouge devant la France et l’Italie.

Mais lutter contre le phénomène de la contrefaçon en Chine est un exercice pour le moins complexe étant donné la taille du pays, des phénomènes de corruption régionaux et la jeunesse de la culture vinicole locale. C’est dans ce contexte que les grands crus de Bordeaux et les cognacs français sont souvent la cible de contrefacteurs locaux qui n’hésitent pas à produire des contrefaçons de marques prestigieuses destinées essentiellement au marché chinois.

encore peu de producteurs prennent des mesures anti-contrefaçon

La meilleure parade reste sans doute de protéger les bouteilles en amont avant leur exportation vers des zones à risques. Il faut reconnaître que la plupart des producteurs ont longtemps été réfractaires à l’usage de technologies anti-contrefaçon : ainsi, en 2009, selon un sondage international, seulement 29% des producteurs avaient pris des mesures pour se protéger de la contrefaçon.

L’émergence d’une contrefaçon industrielle chinoise (mais aussi russe) a notamment obligé certains producteurs de vins et de spiritueux à s’adapter. Cela dit le marché des technologies anti-contrefaçon est un secteur avec de nombreux acteurs qui présentent des offres variées, parfois complexes à évaluer par des producteurs qui ont encore souvent une culture artisanale. Dans le cadre d’un rapport commandité par la start-up belge Selinko, plusieurs tendances ont pu être formalisées.

la technologie nfc au service des producteurs

Tout d’abord il convient de préciser qu’il n’existe pas de solution universelle adaptée à toutes les situations. Le budget et la stratégie de la marque sont aussi des éléments à prendre en compte dans le choix d’une technologie :

- Les technologies de protection visibles (overt) ont l’avantage de ne pas nécessiter un outil sophistiqué pour inspecter les produits mais ce type de protection est de plus en plus fragilisé : en particulier les hologrammes qui tendent à être de plus en plus facilement copier par les contrefacteurs.

- Les éléments codés ou cachés (covert) ne peuvent être lus à l’œil nu et fournissent en général une protection plus sûre mais nécessitent un lecteur dédié. Parmi ces technologies codées on peut citer le cas du code à bulles, qui est plutôt adapté à des vins et spiritueux moyen de gamme, mais dont la technologie de protection risque d’être fragilisée par le développement de l’impression 3D.

- Il existe aussi des techniques relevant de l’analyse scientifique mais si ce type de contrôle est particulièrement fiable, il exige un protocole de contrôle rigoureux parfois long et coûteux.

- Une technologie récente semble particulièrement novatrice : il s’agit de la technologie NFC qui est un dérivé du RFID. Grâce à un smartphone, chacun peut désormais authentifier de manière sécurisée la bouteille grâce à un tag crypté posé sur la bouteille. Cette technologie présente de nombreux atouts : elle démocratise et simplifie les processus d’authentification, elle est difficile à imiter par les contrefacteurs et permet une facilité de contrôle par l’utilisateur. Ce type d’offre a un coût et est plutôt adapté à des vins et spiritueux haut de gamme. D’autre part l’intégration optimale d’une telle technologie implique aussi que le producteur acquiert une culture numérique et que l’ensemble du management soit mobilisé dans l’implémentation.

Eric Przyswa, chercheur associé Mines ParisTech, Centre de recherche sur les risques et les crises.

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