Consultant en sécurité : Privilégier le dialogue

Toujours à l'écoute, le consultant en gestion des risques aide les industriels à déceler et à réduire les failles de leur système de sécurité sanitaire ou alimentaire. Pour cela, il doit se doter de compétences techniques dans ces secteurs.

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Consultant en sécurité : Privilégier le dialogue

Aider les entreprises à identifier les événements redoutés auxquels elles peuvent être confrontées, telle est la mission des consultants en gestion des risques. Voilà vingt ans, les industriels faisaient appel à eux par retour d'expérience. Ils avaient rencontré des problèmes de sécurité de leurs produits et essayaient, avec cette collaboration, d'éviter que ces incidents ne se reproduisent. Aujourd'hui, soumis à des exigences réglementaires, ils agissent en amont. Jean-François Bardet est le fondateur de Sector, consultant spécialisé dans la gestion des risques technologiques. " Notre mission est de faire le bilan avec l'entreprise des dispositions à prendre contre d'éventuels incidents. En général, l'industriel a déjà fait un travail interne ; il nous reste à savoir si leurs solutions suffisent par rapport à la réglementation et à la nature des risques ", explique-t-il. A ce sujet, il compare souvent son métier à celui du médecin qui, avec un certain recul, porte un regard général sur l'état d'un patient. " Mais il ne faut pas croire que nous voyons tout. L'objectif est de remarquer le maximum de points noirs, de les caractériser et de les hiérarchiser par ordre de priorité. " Des compétences spécifiques au service des industriels Ces prestations demandent de plus en plus de compétences techniques. Pour cette raison, les consultants ont de bonnes connaissances du secteur qui leur est attribué, acquises dans leur passé professionnel. Ainsi, l'Apave recrute pour le secteur agroalimentaire des vétérinaires et des ingénieurs. Or, sans qu'il s'agisse de métiers en pleine explosion, il existe une véritable pénurie de professionnels. " La difficulté, pour nous, est de trouver des consultants formés à ce genre de démarche car, aujourd'hui, il existe encore peu d'établissements d'enseignement supérieur qui donnent ce type de formation. De plus, les industriels sont de grands consommateurs de ce cursus, puisqu'ils créent de plus en plus d'équipes internes ", confie Jean-François Bardet. Ecoute, synthèse, dialogue, telles sont les principales qualités requises, pour un consultant en gestion des risques. " La ténacité aussi est importante, car il y a souvent un problème de temps. Certains projets sont de grande ampleur, comme la mise en place d'une certification ou d'un système de management de la sécurité sanitaire, et les entreprises ne se donnent pas forcément toujours le temps et les moyens suffisants pour progresser ", explique Xavier Jourdain, consultant dans le secteur agroalimentaire à l'Apave. Sans entrer dans des rapports de force, il doit alors démontrer les enjeux de ces démarches. " Il faut s'adapter à la situation de chaque entreprise. Mais nous ne pouvons pas la faire progresser à sa place ; elle doit rester motivée. Les solutions doivent alors venir en grande partie d'elle-même ", reprend-il. D'autres ont un manque de perception des risques courus. " Même quand ils se trouvent contraints de faire une évaluation de leur situation, car un client leur demande une étude de risques sur un produit, certains industriels pensent encore que c'est superflu. Mais c'est en très forte évolution ; ils prennent de plus en plus conscience de l'utilité de cette approche ", explique Jean-François Bardet. Il faut néanmoins rester modeste. Comme le fait remarquer le consultant de l'Apave, " les solutions que nous proposons ne sont pas forcément idéales. Il ne faut pas hésiter à se remettre soi-même en cause ".

Sylvie Boistard


L'avis de... Xavier Jourdain, consultant dans le secteur agroalimentaire à l'Apave, conseille et forme les industriels dans les démarches qualité. Il connaissait déjà sur le bout des doigts les problèmes de sécurité sanitaire des produits avant de devenir consultant à l'Apave, voilà cinq ans. Il était en effet responsable assurance-qualité dans une entreprise d'agroalimentaire. Aujourd'hui, il partage son temps entre les audits de certification, les missions de conseil sur les démarches qualité et la formation de professionnels des entreprises clientes. Chargé de la qualité dans le secteur de l'agroalimentaire, il donne des recommandations sur la sécurité sanitaire des aliments . " Ces problèmes n'ont pas entraîné d'explosion dans notre profession, contrairement à ce que l'on pourrait croire. La sécurité sanitaire est une préoccupation très ancienne des industriels, et tous ont pour but de vendre des produits sûrs ", explique l'ingénieur agronome et du civil de l'Ecole nationale du génie rural des eaux et des forêts. Ce genre de mission peut lui demander jusqu'à deux ans de collaboration étroite avec les industriels. Des relations inter-professionnelles fortes peuvent alors s'installer. " Ces collaborations sont un enrichissement mutuel. Quand, au cours d'une mission particulière, j'ai des besoins de connaissances spécifiques, j'apprends ces techniques avec l'entreprise. " De son métier, Xavier Jourdain aime le contact avec le client, faire face à des situations diverses et variées, mais surtout se sentir utile. " Quand je vois qu'une entreprise a progressé, je me dis que mes conseils et mon énergie ont servi à faire avancer un projet et à réduire certains risques. C'est l'un des points positifs de cette profession ", confie ce consultant de 35 ans.

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