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Mixité, égalité, diversité... la question est en général abordée du point de vue des femmes. Pourtant, pour vraiment tout changer, c’est peut-être la vie de famille des hommes qu’il faut faire évoluer. Découvrez l’expérience de Thomas Pénide, ingénieur chez Altran qui n’a pas hésité à prendre un congé parental à la naissance de son premier enfant, sans pour autant lâcher ses ambitions professionnelles.

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Au printemps 2014 une petite fille a vu le jour dans le foyer de Thomas et de sa femme. Le 1er novembre, le jour de ses 30 ans, Thomas Pénide, consultant en innovation chez Altran, a fait une pause dans sa carrière pour s’occuper de sa fille pendant deux mois, après avoir déjà pris de longues vacances durant l’été. Sa femme, ingénieure dans une entreprise du luxe, venait elle-même de reprendre son travail après un trimestre de congé parental. A chacun son tour d’affronter les nuits sans sommeil, les biberons régurgités... et d’accueillir les premiers sourires. En ces temps où l’on célèbre la mixité et l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle, l’initiative semble banale. En réalité, Thomas est un spécimen rare. En France, après une naissance, une femme sur deux réduit ou cesse temporairement son activité, contre un homme sur 9, selon une enquête de l’Insee de 2013. Aujourd’hui, 90 % des pères ne prennent même pas la totalité des 11 jours règlementaires de leur congé de paternité actent les DRH dans une étude réalisé par Robert Half.

Sur le congé parental lui-même, plus on est diplômé et moins on l’utilise. Ingénieur (Mines d’Albi) et docteur en systèmes industriels, collaborateur d’une société de conseil au service de ses clients, Thomas Pénide n’avait donc pas le profil pour se lancer dans ce qui est encore une aventure. D’ailleurs lui- même l’avoue : "Je ne connais aucun homme qui ait ainsi pris un congé parental tant dans mon entourage personnel que professionnel." Bienvenue en terre inconnue.

Pas le profil mais l’envie

Les raisons qui l’ont motivé ? "Trouver ma place de père, explique-t-il. Je n’avais pas envie d’être comme tant d’autres qui, lorsque ça ne va pas avec l’enfant, le tende vers les bras de la mère car ils sont démunis sur la manière de réagir." Il souhaitait créer ce lien même s’il reconnaît la possibilité d’une relation riche et de qualité avec leurs enfants aux nombreux pères qui ne suivent pas sa démarche. Mais lui avait besoin de ce temps solitaire avec le sien pour expérimenter tous les tracas et les petits plaisirs du quotidien.

Ce choix, il l’avait fait avant même la naissance. Un choix facilité par l’accueil favorable de sa hiérarchie. Corinne Jouanny, directrice de Altran Prime, le département innovation de la maison, a donné son accord avec enthousiasme même si elle a dû se confronter à la gestion de cette absence avec son équipe en place puisqu’il pas été remplacé. Thomas tient à préciser que ce congé parental est un droit et que finalement "les hommes n’ont qu’à tendre la main pour s’en saisir". Un acte d’abord pour lui, mais aussi un peu "un acte militant".

Pas de peur du regard social

A la question de savoir si cette démarche lui a fait peur, Thomas répond en riant : " Oui, j’ai eu peur mais pas du regard des autres. Plutôt peur de ne pas savoir comment m’y prendre tout seul avec ma fille. C’est mon premier enfant." Il a recueilli essentiellement des réactions positives parmi ses collègues ou ses clients. Même si certains "n’ont pas vraiment compris ma démarche et ont plutôt pensé : celui-là, il veut partir en vacances". Il estime qu’au final il a bénéficié d’un regard, certes étonné, mais plus bienveillant que celui posé sur les femmes pour qui "congé parental rime systématiquement avec manque d’ambition". D’ailleurs s’il en avait eu les moyens financiers, il aurait plutôt pris six mois que deux.

Son salaire était suspendu et la Caisse d’allocations familiales a pris le relais en lui versant une allocation mensuelle d’environ 500 euros. Depuis janvier, papa comme maman sont repartis au boulot. Le jeune ingénieur a repris ses projets complexes innovants, comme celui d’une smart city pour le Grand Paris Seine Ouest ou la sélection des entreprises de l’accélérateur de start-up interne d’Altran. Les deux parents confient leur petite fille à sa nounou de 8h30 à 18h30. Ils assurent équitablement une présence le soir ou le matin.

Anne-Sophie Bellaiche

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