CONSTRUCTION ÉLECTRIQUEQUEL AVENIR POUR SPIE DANS SCHNEIDER ?Schneider et sa filiale Spie-Batignolles vont fusionner par une absorption de la mère par la fille. Cette opération devra éponger une partie des pertes de Spie. Mais elle annonce surtout une restructuration, destinée à développer les sy...

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CONSTRUCTION ÉLECTRIQUE

QUEL AVENIR POUR SPIE DANS SCHNEIDER ?

Schneider et sa filiale Spie-Batignolles vont fusionner par une absorption de la mère par la fille. Cette opération devra éponger une partie des pertes de Spie. Mais elle annonce surtout une restructuration, destinée à développer les synergies entre les activités électriques de Schneider et de sa filiale.



Une fois de plus, le groupe Schneider a réussi une habile pirouette financière. En choisissant de se faire absorber par sa filiale Spie-Batignolles, le groupe dirigé par Didier Pineau-Valencienne réalisera une économie d'impôts d'environ 600millions de francs, bien utile pour éponger une partie des quelque 810millions de francs de pertes de Spie pour 1994. En 1993, déjà, Schneider avait permis à sa filiale de porter ses fonds propres de 374 à 704millions de francs en lui rachetant 50% de Spie-Trindel. Ces opérations financières sont aussi et surtout le prélude d'une nouvelle restructuration de Schneider. "La dernière, promet Daniel Melin, qui préside la filiale malade depuis le 17février. Lorsque la fusion définitive entre Spie et Schneider sera faite, en juin prochain, les activités opérationnelles de Spie seront refilialisées par grands métiers. Nous avons déjà des filiales spécialisées comme Spie-Citra, Spie-Trindel ou Capag, mais le mouvement sera poursuivi de façon à ce que chaque activité s'exerce dans le cadre d'une entité juridique propre." La division génie civil deviendrait ainsi une filiale à part entière, tandis que la division électricité et nucléaire (DEN) serait éclatée en plusieurs entités. Combien? la question est à l'étude.Cette restructuration industrielle inquiète les salariés, qui craignent la vente de l'activité génie civil, l'intégration de la DEN dans Schneider Electric et de sévères réductions d'effectifs. "Nous n'avons pas de projet de vente, martèle Daniel Melin. Mais nous cherchons à établir des alliances. Dans le génie civil, nous ne sommes que le cinquième groupe français, et notre taille est insuffisante." Pour cette activité, Spie est clairement à la recherche d'un partenaire. Minoritaire ou non. Les noms du suédois Skanska, des allemands Philipp Holzmann et Mannesmann, et du britannique Trafalgar House ont déjà été avancés.

Aborder les marchés d'une manière plus coordonnée

Pour la partie électrique de Spie, la situation est plus complexe. Chacun songe, bien sûr, aux synergies avec Schneider Electric. Le groupe se déclare d'ailleurs décidé à développer une collaboration entre ces deux activités. "Les complémentarités entre Schneider et l'activité électrique de Spie sont très fortes, reconnaît Daniel Melin. Mais les deux métiers sont différents et je ne prévois pas de fusion." Comment, alors, développer les synergies? "Il faut partir de ce que veut le client, répond Daniel Melin. Dans certains secteurs, le client ne souhaite pas que son installateur, en l'occurrence Spie, lui impose un matériel précis, par exemple celui de Schneider. Dans d'autres secteurs, en revanche, la banalité est plus importante. Ainsi, il est facile de remplacer un contacteur par un autre. Le respect de cette approche commerciale est primordial. Moyennant quoi, Spie et Schneider doivent aborder les marchés de manière plus coordonnée et plus active." Daniel Melin songe en particulier aux complémentarités géographiques. "Depuis le partenariat avec AEG dans les automates programmables, la position de Schneider Electric en Allemagne est un peu moins indécente, mais elle reste très faible, alors que c'est le plus grand marché d'Europe. Spie-Enertrans, en revanche, a remporté de très beaux contrats à Berlin. Et nous regardons si cette avancée peut être utilisée pour développer l'activité de Schneider Electric outre-Rhin." Le juste équilibre entre complémentarités, fusions d'activités et restructurations sera sans doute difficile à trouver. Mais Daniel Melin dispose d'un atout sérieux. Ancien président de Schneider Electric, il a mené à bien la fusion de Merlin Gerin et de Télémécanique, et il connaît parfaitement les métiers des uns et des autres. S'il arrive à sortir Spie de l'ornière dans laquelle l'ont plongé ses déboires immobiliers et ses litiges sur de grands contrats, tous les espoirs lui sont permis. Odile Esposito



Les deux métiers de Spie

L'entreprise électrique : (9,5milliards de francs de chiffre d'affaires)

Spie Automation: systèmes automatisés pour l'automobile, la sidérurgie, la chimie, l'agro-alimentaire et la protection de l'environnement, 500millions de francs de chiffre d'affaires.

Spie-Trindel: installation électrique en France, 5 milliards de chiffre d'affaires.

Division électricité et nucléaire (DEN): grands projets dans le domaine des transports et de l'énergie,

4milliards de chiffre d'affaires.

La construction : (7,5 milliards de francs de chiffre d'affaires)

Spie-Capag: pipelines, 600 millions de chiffre d'affaires.

Spie-Citra: bâtiment, génie civil en France, 3,5milliards de chiffre d'affaires.

Division génie civil: grands projets et travaux spécialisés, infrastructures de transport et d'énergie, travaux souterrains, 3milliards de chiffre d'affaires.

Promotion immobilière. Activité en cours de désengagement.

USINE NOUVELLE N°2495

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