CONSOMMATION : LE SERVICE PASSE AVANT TOUT

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CONSOMMATION : LE SERVICE PASSE AVANT TOUT



Au début était l'ouverture facile. Difficile aujourd'hui d'imaginer une boîte en métal dépourvue d'un anneau d'arrachage, lequel est né il y a plus de vingt-cinq ans. Ou encore une brique sans bouchon à vis ou bec verseur. Constat identique en matière de sécurité. L'inviolabilité d'une bouteille fait partie du B.A.- BA. L'emballage s'enrichit de nouvelles fonctions. Le bouchon est maintenant un concentré de services. Le film d'operculage des barquettes se " pèle " et se referme pour conserver le produit. Mieux, de simple protection inerte, l'emballage devient actif : il se dissout ou peut être consommé, avec les films solubles ou comestibles ; la tasse de café autochauffante délivre un expresso à tout moment ; et l'absorbeur d'oxygène triple la durée de vie des produits frais.

Les systèmes de bouchage, un concentré d'innovations

Comme le bon vin, le bouchon se bonifie avec l'âge. Simple système de bouchage, il est devenu un accessoire sophistiqué d'emballage et résume à lui seul l'ingéniosité des industriels pour multiplier les fonctions qui garantiront à l'utilisateur une commodité d'emploi. Doseur, lèvre coupe-goutte, régulateur de débit, charnière à effet ressort, voile arrachable, et, maintenant, joint absorbeur d'oxygène, le bouchon ne cesse d'enrichir sa panoplie de services.

Un conditionnement avec une double inviolabilité

La bouteille d'huile est elle aussi un concentré d'innovations pratiques, en particulier dans le domaine du bouchage. La marque Lesieur Isio 4 illustre bien cette tendance. La bande d'arrachage est ainsi doublée d'un voile muni d'un anneau d'ouverture qui a aussi un effet barrière contre l'oxygène. Pour un débouchage rapide, le bouchon charnière, utilisable d'une seule main, s'ouvre désormais en un quart de tour, comme pour l'eau minérale, grâce à un filetage multiple. Le régulateur de débit délivre l'huile soit goutte à goutte, soit avec un mince filet, ou avec un grand écoulement. Une lèvre coupe-goutte préserve enfin les mains de l'utilisateur. " Ce conditionnement bénéficie d'une double inviolabilité ", précise François Déprez, directeur commercial du groupe Bericap, qui a conçu le bouchon. Pepsi-Cola n'est pas en reste pour choyer le consommateur. Depuis le printemps, la firme a élargi le diamètre du col de ses bouteilles en PET. L'ouverture de tous les contenants, du 50 centilitres à 1,5 litre, est passée de 28 à 38 millimètres. Avec cette modification, Pepsi veut faciliter la tâche de consommateurs de plus en plus nombreux à boire directement à la bouteille en rapprochant le diamètre du col des bouteilles de celui d'un verre ! Un exemple suivi par l'embouteilleur britannique Brit- vic pour ses jus d'orange, qui a compris l'intérêt qu'un meilleur écoulement du liquide faciliterait aussi celui de ses produits ! Un changement qui a également nécessité l'élaboration de nouveaux bouchons aux propriétés barrières renforcées. " Le plus grand diamètre des cols accroît la surface d'échange avec l'extérieur de la bouteille, explique François Déprez. Il a fallu développer des bouchons barrières à l'oxygène, aux odeurs, aux arômes, et capables de garder la boisson sous pression. " Le renforcement de la fonction barrière débouche même aujourd'hui sur la mise au point de systèmes de bouchage actifs grâce à l'amélioration des propriétés des joints d'étanchéité. Grace (groupe Grace Cryovac) a en effet développé un joint absorbeur d'oxygène, dont le premier client est Budweiser (Anheuser Busch). Heineken et Carlsberg procèdent à des tests. " Adapté au bouchon couronne, il a pour but d'absorber l'oxygène qui occupe l'espace entre le bouchon et la bière ", décrit Alain Enard, chef des ventes de Grace. Il est aussi plus cher d'environ 20 % par rapport à un joint classique.

Un frein pour les industriels : le surcoût des doseurs

Des développements sont en cours pour plusieurs produits sensibles à l'oxygène : mayonnaise, ketchup, confiture, champignons, etc." Et demain dans les cosmétiques ", prédit Alain Enard. Préoccupé jusqu'ici par l'esthétique du bouchage, le secteur " cosmétique-santé-beauté " décline à son tour la notion de services. Elle a d'abord touché les flacons et s'étend aux tubes. Depuis environ un an, des tubes de cosmétiques s'équipent ainsi d'un bouchon casquette : un bouchon large et plat avec une charnière, qui se clipse au lieu de se visser, " pour ne plus perdre le bouchon du tube de crème solaire dans le sable ", précise Hugues Missonier, directeur du marketing de Cebal. Mais le surcoût de certains systèmes de bouchage, notamment les doseurs, constitue encore un frein. Par exemple, le Précitube, de Cebal, le premier tube à pompe Airless (sans appel d'air, développée par Valois), s'il empêche l'oxydation des produits et reduit l'emploi de conservateurs, est vendu 2 francs l'unité. La pompe double le prix du tube. " Avec une pompe à 50 centimes, nous multiplierions les ventes par dix ", commente Hugues Missonier.





Ouverture facile et fermeture pratique pour l'opercule

Des repas familiaux fractionnés et déstructurés qui prennent de l'ampleur et des foyers monoparentaux en hausse (1,4 million de femmes sont chefs de famille), le tout mâtiné d'un souci croissant des consommateurs de limiter le gaspillage, autant de styles de vie actuels que l'emballage ne pouvait qu'épouser. C'est chose faite avec l'opercule de pots ou de barquettes qui se referme, par clipsage ou à l'aide d'un film adhésif, et qui protège du desséchement et de l'odeur d'autres aliments les produits (charcuterie, pâtisserie, fromage, crème fraîche, etc.) qui retournent au réfrigérateur. " C'est une superbe idée, mais nous réclamons une parfaite inviolabilité en magasin, demande Olivier Beyer, responsable de la qualité chez Monoprix. Un distributeur ne peut prendre le risque de voir un client acheter un produit et que, une fois arrivé chez lui, il découvre qu'un consommateur indélicat s'est servi en linéaire avant de masquer son forfait grâce au couvercle refermable. " " Nous développons plusieurs projets pour pallier cet inconvénient ", répond Pierre Roibin, directeur du marketing de Soplaril. " L'opercule refermable est une innovation que nos clients sollicitent depuis plusieurs années et qui vient d'aboutir, rappelle Jean-Pierre Pignet, P-DG de Soplaril. Il y a six mois, nous n'étions pas encore sûrs d'y parvenir. " La filiale d'Elf-Atochem a mis au point, pour le compte de Fleury-Michon, une barquette à opercule repositionnable pour le conditionnement de douze tranches de saucisson sec, un produit récemment commercialisé. Avec l'appui de Grace, le salaisonnier danois Steff-Houlbgerg s'est lancé fin 1995, suivi de sa filiale française, Le Vexin, en 1996, pour du salami tranché, vendu par le réseau Intermarché.

Un gain de prix de 10 à 15 % avec le couvercle SPR

Ces développements ont nécessité deux et quatre ans de recherche. " La technique est difficile à mettre au point, justifie Pierre Roibin. L'opercule pelable est déjà un compromis entre une excellente soudure et une ouverture facile. Or on y ajoute une difficulté supplémentaire avec la refermeture du couvercle. " Mais les avantages sont immédiats. Le couvercle SPR (scellable, pelable et repositionnable) de Monoplast (groupe Autobar), destiné aux produits laitiers en pots, se substitue à l'opercule d'aluminium doublé d'un couvercle en PET utilisé généralement. Soit un gain de prix de 10 à 15 %, qu'il faut toutefois tempérer par les modifications importantes du système de scellage. En revanche, les opercules refermables pour barquettes sont plus chers, mais s'adaptent aux machines existantes. Seul un kit spécial, vendu 350 000 francs, est nécessaire sur les thermoformeuses pour poser les deux opercules de Grace Cryovac. L'opercule de Soplaril, un complexe à base de polystyrène PA/PE adapté aux produits à emballer (charcuterie, pâtisserie, etc.), se compose de deux couches prenant en sand- wich un adhésif invisible qui apparaîtra sur les lèvres de la barquette lorsque sera retiré l'opercule. Un concept identique est retenu par Grace Cryovac : un premier oper- cule pelable faisant barrière à l'oxygène est scellé sur le " trottoir " d'une barquette semi-rigide thermoformée. L'arrachage du premier film laisse apparaître un second opercule : une étiquette auto-adhésive en papier, " une sorte de Post-it ", résume Jean Sornay, doublée sur sa face interne d'un second film barrière à la vapeur d'eau. En tirant sur la languette de cette dernière, l'étiquette entraîne le second film, préalablement prédécoupé. En revanche, si Monoplast, associé au chimiste Dow, retient l'idée d'un opercule tricouche, le couvercle SPR se clipse dans une rainure sur le pourtour intérieur du pot. D'une épaisseur de 270 microns en polystyrène et de 320 microns en polypropylène, le couvercle possède trois couches, l'une destinée à assurer la soudabilité sur le pot, la deuxième servant de renfort et la troisième permettant l'impression. L'accueil des utilisateurs ? Il est encore trop tôt. " Des développements sont en cours chez des clients ", fait-on valoir chez Monoplast.



Trois concepts d'operculage

Soplaril

Opercule tricouche à base de polystyrène PA/PE prenant en sandwich un adhésif invisible qui apparaît sur les lèvres de la barquette lorsqu'on retire l'opercule.

Grace Cryovac

Opercule tricouche composé d'un film pelable qui, une fois, arraché révèle une étiquette auto-adhésive en papier doublée sur sa face interne d'un film barrière à la vapeur d'eau.

Monoplast

Opercule tricouche (épaisseur de 270 microns en polystyrène et de 320 microns en polypropylène), l'une assure la soudabilité sur le pot, la deuxième sert de renfort, la troisième permet l'impression.



Le mariage parfait du contenant et du contenu

Les développements d'emballages hydrosolubles et comestibles, qui s'effacent avec l'utilisation du produit, se multiplient depuis un an. Une union parfaite du contenant et du contenu, qui illustre à 100 % le concept de la réduction à la source, apte à ravir les 56 millions de Français, lesquels génèrent chacun 1 kilo de déchets d'emballages ménagers par jour. Très en vogue au cours des années 80, ces films, généralement à base d'alcool polyvinylique (PVA), ont suscité de faux espoirs par manque de maturité technologique : ils se désagrégeaient avant leur emploi. " Aujourd'hui, les recherches sur le PVA ont considérablement avancé et livrent des produits fiables ", analyse Jean-Pierre Naude, P-DG de la société Greensol, reconnu par ses pairs comme l'un des meilleurs spécialistes du sujet. La division agrochimie de Rhône-Poulenc, sous la houlette de Didier Gorges, " packaging manager ", a largement contribué à redorer l'image du PVA. Depuis 1992, elle commercialise des fongicides, des herbicides ou des insecticides en poudre ou liquides à base de solvants (gels) sous films hydrosolubles. Tout le marché italien des fongicides pour la vigne utilise ce type d'emballage. Il y a neuf mois, Manitoba, filiale du groupe néerlandais Bolton, lançait WC Net, un activateur biologique de fosses septiques conditionné sous film soluble. Un mois plus tôt, la société Verso, après avoir bénéficié de l'aide de Greensol, inaugurait en France le créneau des détergents bactéricides pour collectivités sous forme liquide anhydre (qui ne contient pas d'eau libre) emballés dans des sachets solubles. Subsiste pourtant le problème du surcoût, de 2 % en moyenne. Greensol, qui bénéficie d'un contrat de partenariat avec l'américain Chris Craft, l'un des premiers fabricants mondiaux de films à base de PVA, dispose d'une gamme de trente films et de lignes pilotes pour tester la faisabilité technique et économique d'un projet.

Une économie de 10 à 15 %

" La possibilité de concentrer les produits diminue le nombre d'emballages (donc de palettes) et permet d'économiser 10 à 15 % sur le produit final ", confie Jean-Pierre Naude. Pour une dose identique, le poids des sachets de détergent de Verso sont ainsi passés de 80 grammes avec le complexe aluminium à 5 grammes avec le film soluble. De leur côté, les films comestibles présentent aussi des avantages qui expliquent leur net regain de forme. Car, outre le fait qu'ils ne génèrent aucun déchet, ces films ont des qualités barrières, d'après les recherches d'une équipe de l'Ensbana, l'école d'ingénieurs en agroalimentaire de Dijon, qui a élaboré un film comestible à base de polysaccharides pour enrober des fruits ou des légumes. Certains films sont aussi dotés de propriétés qui retardent l'apparition des moisissures. Fleury-Michon a mis en évidence que l'incorporation d'acide sorbique dans un film à base de gluten de blé améliore la conservation de l'aliment de onze jours. Mariage des deux concepts, des films solubles et comestibles apparaissent. Greensol développe un film soluble utilisé comme adjuvant de panification et dans l'alimentation pour animaux domestiques. La so- ciété britannique Enak, avec l'aide de Cambridge Consultants, au- rait élaboré une gamme de films complexes solubles à base d'un gélifiant végétal alimentaire, le carraghénane, utilisables pour conditionner du spermicide, des doses de produits agrochimiques ou pour séparer des tranches de gâteau au fromage. Et demain ? Les lessiviers s'intéressent particulièrement aux films solubles, mais les solutions explorées à ce jour tripleraient le prix du produit. J. - M. M.



Les films hydrosolubles

Produit : fongicides, herbicides, insecticides, adjuvants pour béton, conditionnés en sachets de 2 grammes à 2 kilos. Les produits, hautement concentrés, se présentent sous forme pulvérulente en gel ou liquide à base solvant.

Fabricant : Rhône-Poulenc Agrochimie.

Matériau : films à base d'alcool polyvinylique.



JUSQU'OU IRA DONC L'EMBALLAGE ACTIF ?

Prendre un café ou un chocolat chaud quand on veut et où l'on veut. C'est désormais possible en quarante secondes grâce à l'emballage autochauffant développé par l'italien Baritalia après dix ans de recherches. A peine plus volumineux qu'un verre, il se glisse facilement dans une poche ou une boîte à gants. Gadget ? Pas pour Olivier Beyer, responsable " qualité " de Monoprix : " Un gadget ne tient pas longtemps sur un marché. Là, le marché visé et le service apporté sont clairement identifiés. " Les cibles : les chasseurs et les pêcheurs, les sportifs, les randonneurs, les plaisanciers, les routiers ou les journalistes en reportage, etc. Convaincu de l'intérêt de l'emballage pour le consommateur, Monoprix est le premier à l'avoir introduit en France, fin mars dernier, dans trente-deux de ses magasins. " A la différence des plats cuisinés autochauffants lancés il y a une dizaine d'années, ces boissons ont le double avantage d'être chaudes rapidement et d'être vendues à un prix (7 à 10 francs) qui en fait des produits de consommation courante ", plaide Jean-Pierre d'Estienne d'Orves, gérant de Cambium, le distributeur français. Par une simple pression, puis une agitation de l'emballage, d'une contenance de 40 millilitres, tête en bas, la boisson voit sa température s'élever de 40 °C en quarante secondes grâce à une réaction exothermique, une sorte de bain-marie, entre de l'eau et du sel de calcium, séparés du breuvage. " Il s'agit d'un véritable expresso obtenu par percolation, issu du mélange de cafés torréfiés et non d'extraits de cafés solubles ", insiste le distributeur. Une même volonté de créer un marché nouveau grâce à un emballage actif anime aussi Patrick Georget, P-DG de Tartefrais. La PMI normande de 40 salariés qu'il dirige, spécialisée dans la fabrication de tartes fraîches, doit en effet sa création aux absorbeurs d'oxygène développés par une autre société normande, Standa, sous la marque Atco (pour atmosphère contrôlée).

Les surcoûts freinent le développement

Ressemblant à un sachet de thé, ces absorbeurs se composent d'une enveloppe poreuse à base de polyéthylène renfermant une poudre d'oxyde de fer. Activé par un réactif, l'oxyde ferreux absorbe l'oxygène résiduel dans le contenant (le taux d'oxygène descend sous les 0,1 %) ou présent dans des produits moelleux, comme les tartes, sans qu'il y ait compression du produit, comme c'est souvent le cas dans les conditionnements sous vide avec réinjection de gaz. " Avec pour résultat, précise Edmond Roussel, directeur d'Atco, de porter la durée de vie de produits frais comme les tartes à trois semaines, contre quelques jours auparavant. " Outre la pâtisserie, l'un des derniers secteurs d'application débusqués par Atco, l'absorbeur d'oxygène est utilisé pour les plats cuisinés, les produits traiteur, le fromage, les biscuits, etc., et bientôt la viande pour la restauration rapide et les collectivités. A part quelques rares utilisations dans la pharmacie, pour des solutions injectables, et dans l'industrie, pour des colles bicomposants, l'absorbeur trouve plus de 95 % de ses débouchés dans l'agroalimentaire. Atco, qui réalise un chiffre d'affaires de 8 millions de francs, aura vendu environ 30 millions d'absorbeurs en 1996. Même si le prix de vente des absorbeurs n'a pas varié en quatre ans (entre 20 centimes et 1 franc, en fonction du volume d'air à absorber), les surcoûts qu'ils entraînent freinent leur développement. Des surcoûts qu'il est en partie possible d'atténuer en utilisant des emballages aux qualités barrières moyennes, suggère-t-on chez Atco. " Les prix restent bas, justifie Edmond Roussel, car les industries agroalimentaires n'ont pas toujours des marges très élevées. " Une stabilité des prix qui a eu pour principal effet de marginaliser l'un des inventeurs des absorbeurs d'oxygène, le japonais Mitsubishi, distribué en France par Grace Cryovac. Les coûts de transport à partir du Japon enlèvent en effet toute compétitivité au produit nippon. Autre inconvénient, la mise en oeuvre. " Chez nous, la dépose des absorbeurs reste manuelle ", explique Patrick Georget. Fin 1997, la PMI aura triplé la capacité de production de son usine, dont la superficie passera à 3 000 mètres carrés après un investissement de 15 millions de francs, dont une partie sera affectée à l'installation de machines de dépose automatique d'absorbeurs. Pour l'avenir, les fabricants d'absorbeurs cherchent à les intégrer dans l'opercule ou la barquette. " Tout le monde travaille dans ce sens, assure Jean Sornay, directeur du marketing de Grace Cryova. Mais il reste des obstacles à surmonter, comme celui du coût encore trop élevé. "

USINE NOUVELLE N°2569

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