Confronté à de lourdes pertes en France, Total entame la réorganisation de son raffinage

Face à un raffinage structurellement en déficit, Total va prendre des mesures. Deux de ses cinq sites seront concernés. L'un, à La Mède, sera converti à la production de biocarburant. L'autre, à Donges, sera modernisé.

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Confronté à de lourdes pertes en France, Total entame la réorganisation de son raffinage

Patrick Pouyanné, le directeur général de Total, va faire des annonces sur la réorganisation de son outil de raffinage en France au printemps prochain. Pas de fermeture en vue mais, a minima, une reconversion. Sous pression du gouvernement, le géant pétrolier s'était engagé en 2010, en fermant la raffinerie de Dunkerque, à ne pas toucher à ses cinq raffineries restantes pendant cinq ans. A l'approche de l'échéance 2015, les syndicats s'inquiétaient d'une nouvelle fermeture alors que le raffinage français continue à encaisser de lourds déficits, liés aux surcapacités européennes ainsi qu'à la prise en étau entre les Etats-Unis dopés au gaz de schiste et les raffineries géantes asiatiques.

De sources syndicales, après une réunion qui s'est tenue avec la direction le 9 mars dernier, la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), structurellement déficitaire, va mettre fin à son activité traditionnelle pour produire des biocarburants à base d’huiles végétales. Même si cette reconversion n'induira pas de licenciements secs comme s'y est engagé Total, les syndicats s'interrogent sur le devenir des 430 salariés du site. Le plan de reconversion sera inspiré de celui qu’a connu le site pétrochimique de Carling (Moselle) en 2014. Un vapocraqueur y a été fermé et remplacé par une unité de fabrication de résines.

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Un quart des raffineries européennes à fermer

Une autre raffinerie sera concernée, celle de Donges (Loire-Atlantique). Pas de changement d'activité cette fois, mais, sans doute, une modernisation pour rendre le site rentable. Total avait déjà mené un tel investissement sur sa grande raffinerie de Normandie. Cela avait permis de la rendre plus flexible, tout en diminuant la production de 16 à 12 millions de tonnes par an.

La France n'est pas la seule touchée, puisque Total a également prévu de diminuer la capacité de sa raffinerie britannique de Lindsey. Car ce n'est pas que la France qui est touchée, mais bien l'ensemble du secteur européen. A en croire l'Union française des industries pétrolières (Ufip), 25 à 30 % des 79 raffineries du Vieux Continent fermeront d'ici 2035-2040. La France a déjà participé à ce processus de rationalisation. Entre 2009 et 2014, le nombre de sites actifs est passé de douze à huit. Avec la conversion de La Mède, le nombre de raffineries traditionnelles devrait tomber à sept.

Ludovic Dupin

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