Quotidien des Usines

Confinement recommandé pour les déchets de Stocamine

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Les déchets du centre de stockage de déchets ultimes Stocamine devraient pour la plupart rester sous terre.

Confinement recommandé pour les déchets de Stocamine © D. R.

Telles sont les recommandations émises jeudi par les experts du Comité de pilotage (Copil) mis en place l'année dernière pour étudier les scénarios de fermeture définitive du site de Wittelsheim (Haut-Rhin), dont l'activité a cessé en 2002 après un incendie survenu dans l'une des anciennes galeries d'une mine de sel.

Stocamine, qui n'a fonctionné que pendant trois ans, contient 44 000 tonnes de déchets ultimes situés à plus de 500 mètres sous terre. Et selon les experts du Copil, il serait préférable de les y laisser au regard des risques pour la sécurité des personnels qui seraient chargés de leur extraction si l'option du déstockage en vue d'un retraitement ultérieur était retenue.

Les experts préconisent toutefois de remonter à la surface les déchets contenant du mercure, qui représentent un peu plus de 5% du tonnage total. L'an dernier, un rapport -dit « rapport Caffet »- rédigé par deux ingénieurs des mines à la demande du ministère de l'Ecologie avait déjà pointé les difficultés d'une éventuelle extraction.

« La mise en oeuvre de la réversibilité (l'extraction des déchets) se heurtera à une difficulté majeure : le massif de sel, soumis à un phénomène de fluage en raison de son comportement viscoplastique, s'est déjà refermé sur les colis de déchets stockés dans les galeries souterraines, rendant très délicate et vraisemblablement dangereuse leur extraction. Sa faisabilité, son calendrier et son coût seraient donc très incertains », indiquait-il.

L'option du confinement, moins coûteuse que le déstockage, a les faveurs de Stocamine, filiale des Mines de potasse d'Alsace dont l'actionnaire unique est l'Etat. A l'inverse, les défenseurs de l'environnement et le collectif Destocamine s'alarment du risque de pollution de la nappe phréatique d'Alsace, l'une des plus grandes d'Europe.

Selon le rapport Caffet, l'ennoyage progressif des galeries « à horizon de 100 à 150 ans » produira en effet une saumure « potentiellement contaminée par les déchets ». Et « à horizon plus lointain » - environ 600 ans - cette saumure pourrait atteindre la nappe phréatique, rendant ainsi l'eau impropre à la consommation « en aval immédiat » de Stocamine.

L'Etat doit prendre d'ici fin 2012 une décision définitive sur l'avenir du site.


 



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