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Conférence sociale : consensus sur de nouveaux leviers pour l’investissement des entreprises

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L’investissement était l’un des débats les plus consensuels de la conférence sociale qui s’est tenu, mardi 8 juillet, au Conseil économique, social et environnementale. Tous les acteurs se retrouvent sur la nécessité de renforcer les capacités de financement de l’investissement des entreprises, en promouvant une nouvelle orientation européenne et en agissant sur des leviers propres à la France.

Conférence sociale : consensus sur de nouveaux leviers pour l’investissement des entreprises © Présidence de la République

Si Alain Rousset, le président de l’association des régions de France (ARF) n’avait pas dans un mouvement d’humeur quitté la table, il n’y aurait eu aucune fausse note dans cette table ronde. Mais ce n’est apparemment pas sur un désaccord de fond que le président de l’ARF a pratiqué la politique de la chaise vide. Selon les participants, il était vexé que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ne lui donne pas la parole dès le premier tour de table. Le protocole prévoyait que les collectivités locales n’interviennent qu’après les partenaires sociaux.

Xavier Ragot, économiste à l’OFCE qui modérait la table ronde en a résumé l’enjeu "accélérer le retour de la croissance par l’investissement", un thème en vogue puisque c’était également celui qui présidait aux Rencontres du cercle des économistes qui se tenaient le week-end dernier à Aix-en Provence. Frédéric Saint- Geours président de l’UIMM et représentant du Medef à la table ronde témoigne que tout le monde était d’accord pour souligner "un manque quantitatif et qualitatif d’investissements". Ne reste plus donc qu’à les susciter et les financer.

Le gouvernement offensif au niveau Européen et national

Manuel Valls a déjà dévoilé les propositions des partenaires qui seront soutenues par le gouvernement. D’abord profiter de l’arrivée de la nouvelle Commission européenne pour mobiliser un "programme d’investissement ambitieux sur 5 ans en matière d’énergie, de numérique, de recherche, d’emplois des jeunes". "Oui ! Il nous faut une Europe de l’industrie. Oui, il nous faut un programme d’investissement européen mobilisant la BEI  (banque européenne d'investissement)", a tonné le Premier ministre. Une volonté qui rejoint les préoccupations de l’ensemble des syndicats de salariés.

Mais le sujet dispose aussi de réponses nationales plus à portée de main… en profitant d’un atout français, le haut niveau de l’épargne privée. Les "Assises de l’investissement" prévues dès la rentrée doivent déboucher sur des propositions concrètes. Sur la table, deux idées semblent déjà avoir les faveurs du gouvernement.  

D’abord, mieux  mobiliser l’épargne salariale au service de l’économie réelle avec une modulation du forfait social suivant la destination et la durée de détention des fonds. Ensuite, l’antienne d’un fléchage de l’assurance-vie sur le financement des entreprises. Un principe que soutient le ministre de l’Economie et qui se heurte régulièrement aux règles prudentielles des acteurs du secteur et à l’inappétence au risque des épargnants français. Mais ces deux entités n’étant pas directement présentes à la table ronde, elles n’ont pu marquer d’éventuelles réserves.  

Le plan "Usine du futur", moteur d’investissements qualitatifs selon Montebourg

Selon Frédéric Saint-Geours, le gouvernement devrait aussi s’intéresser au-delà des fonds propres, aux solutions innovantes de crédit pour les PME proposées par la médiatrice du crédit, Jeanne-Marie Prost, comme le financement sur stocks et les fonds de prêts PME qui permettent d'amortir les risques...  

Enfin le ministre Arnaud Montebourg a relevé la responsabilité des services déconcentrés de l’Etat, de la BPI et des partenaires sociaux pour mieux faire connaître à l’ensemble des entreprises du territoire les outils déjà existants.

Objectif : lever les freins à l’investissement et surtout les orienter sur la montée en gamme et la performance. A titre d’exemple, il est revenu sur le 34ème plan,  celui qui concerne "L’Usine de futur". Les réflexions sur le sujet ont conduit à autoriser des amortissements accélérés sur certains investissements de modernisation, deux ans pour les robots et un an pour les logiciels. Cette procédure permet de réduire le résultat imposable des entreprises qui y ont recours.  Mais ces dispositions en vigueur dans la loi de finances 2014 et a priori jusqu’en 2015 restent mal connues.

Enfin, le dernier enjeu de l’investissement ne se décrète pas dans un sommet européen, ni ne se vote dans une loi de finances française, c’est la confiance des entrepreneurs. En affichant un cap ferme à la clôture de la conférence sociale, au moment précis où sa majorité votait les mesures du pacte de responsabilité contenue dans PLFSS rectificatif, Manuel Valls en a sans doute redonné un peu aux chefs d’entreprises.

Anne-Sophie Bellaiche  

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