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L'Usine de l'Energie

Conférence environnementale : L'industrie veut peser sur la transition

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Enquête Les industriels n'étaient pas conviés à la conférence environnementale organisée par le gouvernement. Mais ils entendent s'impliquer dans le débat sur la transition énergétique.

Les annonces très médiatiques de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault sur le rejet des permis de recherche des gaz de schiste, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), le renforcement du malus automobile et le coup d'accélérateur sur l'éolien offshore ont laissé les industriels sur leur faim. Pour nombre d'entre eux, les deux demi-journées de la conférence environnementale, vendredi 14 et samedi 15 septembre, sont loin d'avoir épuisé le débat sur la transition énergétique. « Combien ça coûte ? Qui va payer ? Ceci ne semble pas être une préoccupation partagée », regrette le PDG de Solvay, Jean-Pierre Clamadieu, présent au Palais d'Iéna, à Paris, en tant que président de la Commission du développement durable du Medef. Les industriels du BTP et des énergies renouvelables, eux, se réjouissent, quand bien même subsistent beaucoup d'interrogations sur les financements qui permettront de remplir les objectifs affichés, à commencer par la mise aux normes thermiques de 1 million de logements par an. Le futur débat sur la transition énergétique promis par le gouvernement débouchera sur une loi de programmation prévue pour mi-2013. La présidente du Medef, Laurence Parisot, a prévenu : « Si les grands énergéticiens ne sont pas autour de la table du comité sur la transition énergétique, nous n'y serons pas non plus. » En attendant, chaque filière travaille son agenda.

 

HYDROCARBURES CLAP DE FIN POUR LES GAZ DE SCHISTE ?

Le glas a-t-il sonné pour les gaz de schiste ? Dans son discours d'ouverture de la conférence, le président de la République semble avoir enterré, pour au moins cinq ans, l'exploration des gaz de schiste en France. « Le sujet nous paraît mériter un vrai débat national. Il est dommage de le clore avant même de l'ouvrir », regrette officiellement le groupe Total. En lisant entre les lignes, il reste pourtant une petite ouverture. Le chef de l'État n'a dit mot sur la recherche scientifique. « Dans un an ou deux, le gouvernement pourrait permettre quelques puits expérimentaux », veut croire un conseiller du Medef. « Le progrès est en marche partout dans le monde. On ne considère pas que le débat est clos », assure, de son côté, le président de l'Union française des industries pétrolières, Jean-Louis Shilansky, présent aux côtés de Laurence Parisot. Durant la table ronde sur la transition énergétique, le Medef et les partenaires sociaux se disaient tous prêts à en débattre. Le gaz de schiste figurera-t-il au programme du débat national sur la transition énergétique ? Encore faudrait-il que Total, GDF Suez et les autres industriels concernés y soient cette fois-ci invités.

 

ÉNERGIES RENOUVELABLES LA FILIÈRE ÉOLIENNE A LE SOURIRE

De toutes les énergies renouvelables, c'est l'éolien qui a reçu le plus fort appui. D'ici à la fin de l'année, un deuxième appel d'offres sera lancé pour deux zones d'exploitation offshore, au large du Tréport (Seine-Maritime) et de Noirmoutier (Vendée). « Ce nouvel appel d'offres constitue une opportunité supplémentaire de renforcer la filière industrielle française », se réjouit-on chez Areva. Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé la suppression des Zones de développement éolien (ZDE), qui faisaient doublon avec les schémas régionaux éoliens. « Des mesures d'urgence ont été prises qui redonnent espoir. N'oublions pas l'arrêté tarifaire ! », rappelle Nicolas Wolf, le président du regroupement d'entreprises France énergie éolienne. La décision du Conseil d'État sur la légalité des tarifs de rachat de l'électricité d'origine éolienne est aujourd'hui en délibéré, suite à une plainte d'une association anti-éoliennes. Le gouvernement prévoit également le lancement d'un appel d'offres d'ici à la fin de l'année pour de grandes installations photovoltaïques. Thierry Mueth, le président de l'association professionnelle Enerplan, regrette le manque de détails : « Il y a urgence pour les mesures d'urgence pour le secteur solaire ! »

 

TRANSPORT L'AUTOMOBILE SOUS PRESSION

60 milliards d'euros d'importations d'hydrocarbures en 2011, dont la moitié absorbée par le transport. Le Premier ministre a fixé un objectif ambitieux aux constructeurs, équipementiers et autres pétroliers : « Dans dix ans, nous devons disposer de véhicules consommant 2 litres d'essence pour 100 km. » Chez Renault, la surprise prédomine suite à cette « interpellation » du chef du gouvernement. « Ce n'est pas cette annonce qui fait qu'on se mettra au travail. Le travail est déjà commencé depuis longtemps », assure un porte-parole de la marque au losange. Chez PSA, on met en garde en rappelant que l'ambition technologique est réalisable avec un petit moteur hybride électrique-diesel, mais que le résultat ne sera pas forcément à la portée de toutes les bourses. Le gouvernement va par ailleurs renforcer le malus automobile et diminuer le seuil de ce malus de 5 g de CO2 par kilomètre. Il plafonnera en outre à 7% le taux d'incorporation des agrocarburants de première génération dans les carburants.

 

BÂTIMENT UNE RÉNOVATION AMBITIEUSE

Pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault, la rénovation du parc immobilier est « une priorité absolue ». Cette volonté réjouit les industriels du bâtiment confrontés à un contexte morose. « Tout le monde est conscient que le plan Bâtiment du Grenelle a fait un bon travail. L'idée est de lui donner un nouvel élan », a estimé Didier Ridoret, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), à la sortie de la table ronde sur la transition énergétique. Les industriels restent cependant circonspects sur les objectifs affichés. Comment atteindre le rythme de mise aux nouvelles normes énergétiques de 1 million de logements par an, la moitié dans le neuf, l'autre dans l'ancien ? Cette année, seulement 340 000 logements neufs et 130 000 logements anciens ont été construits et rénovés selon la nouvelle réglementation. « C'est une louable ambition... qu'il faut réaliser ! La volonté est là, les outils sont là. Ce qui bloque, c'est le financement », répond Loïc Heuzé, le directeur des relations extérieures de Delta Dore, qui représentait la CGPME. Le Premier ministre a évoqué plusieurs pistes : le recours à des tiers financeurs, des sociétés qui prennent en charge les travaux et qui se rémunèrent sur les économies d'énergie réalisées, le produit des certificats d'économie d'énergie ou celui de la mise aux enchères des quotas de CO2. Mais tout reste encore à définir. Le débat n'est pas non plus tranché sur le fait de rendre ou non les travaux obligatoires pour les particuliers. Dernier point crucial : la formation des salariés. Selon la FFB, seulement 10% d'entre eux, soit 50 000 personnes, sont formés aux nouvelles techniques de construction et de rénovation.

LES DÉCISIONS DU GOUVERNEMENT

RÉGLEMENTATION

  • Tarification progressive de l'électricité et du gaz étendue à 4 millions de ménages modestes.
  • Suppression de la Zone de développement éolien (ZDE) pour simplifier les procédures.
  • Frein à l'artificialisation des espaces agricoles et naturels dans le cadre de la loi sur le logement, l'urbanisme et la ville prévue pour 2013.
  • Maintien du moratoire sur la mise en culture de semences OGM.
  • Vers une interdiction du bisphénol A, composant majoritaire de certains plastiques.

MESURES D'URGENCE

  • Fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2016.
  • Deux appels d'offres pour l'éolien offshore et le photovoltaïque.
  • Rejet des sept permis d'exploration de gaz de shiste.

FISCALITÉ

  • Augmentation de la taxe générale sur les polluants atmosphériques (dioxyde de soufre, oxyde d'azote...).
  • Baisse progressive des taux de défiscalisation des agrocarburants dès 2014.
  • Augmentation du niveau de malus automobile (seuil et montant).

GOUVERNANCE

  • Création d'une agence nationale de la biodiversité sur le modèle de l'Ademe.
  • Modification de la loi sur la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises (qui impose aux entreprises d'établir un rapport annuel), avec un critère de taille de l'entreprise plutôt que sa cotation ou non en Bourse.

 

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