Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Agro

Condamnation de Monsanto : de lourdes conséquences pour l'industrie de l'agrochimie

, , ,

Publié le

Dans un jugement historique, un tribunal californien a condamné, ce 10 août, le géant de l'agrochimie Monsanto a versé 289 millions de dollars à  Dewayne  Johnson, un jardinier atteint d'un cancer lymphatique.  Les jurés ont estimé que l'utilisation du Roundup était  un "facteur  substantiel" à sa maladie.  La firme de  Saint Louis  a annoncé faire appel de la décision.  Mais plus de  5000  autres plaignants attendent déjà de pouvoir porter leur cas devant la justice.  

Condamnation de Monsanto : de lourdes conséquences pour l'industrie de l'agrochimie
Monsanto condamné à verser 289 millions de dollars à un jardinier atteint du cancer
© Jean-Louis Salque

En fin de journée, le 10 aout dernier, les jurés californiens ont répondu Oui aux questions "le glyphosate est il un facteur substantiel du cancer du plaignant ?" et "les produits contenant du glyphosate ne sont pas aussi sûrs que ce que les consommateurs attendent ?". Ces décisions, qui se traduisent pour Monsanto par une amende de 289 millions de dollars à payer à Dewayne Johnson pourraient mettre un point final au débat qui questionne la dangerosité du glyphosate.

DES DANGERS CONNUS DEPUIS LES ANNÉES 2000

Inventé par Monsanto en 1966, l'herbicide reste, aujourd'hui encore, le produit le plus utilisé au monde avec plus de 800 000 tonnes épandues par an. Pourtant, dès les années 2000, les dangers du pesticide sont évoqués. Une étude du CNRS montre, en 2002, "qu'au contact de certains désherbants, la division normale des cellules est déréglée, ce qui s'apparente au mécanisme du cancer". En 2015, l'OMS classe le produit comme "cancérigène probable".

De son côté, l'industrie de l'agrochimie n'a de cesse de répondre aux différentes critiques par des études contradictoires, niant le lien entre le glyphosate et le cancer. Mais les effets des Monsanto papers impactent la légitimité accordée aux analyses scientifiques proposées par les industriels.

MONSANTO FERA APPEL

C'est toutefois sur ces études que Monsanto se base pour défendre son produit. Quelques minutes après la décision californienne, l'entreprise de Saint Louis a fait savoir sa volonté de faire appel du jugement. "La décision ne change rien au fait que plus de 800 études et examens scientifiques ainsi que les conclusions de l’Environmental Protection Agency des États-Unis, des instituts nationaux de la santé et des autorités de réglementation du monde entier soutiennent le fait que le glyphosate ne cause pas le cancer de M. Johnson. Nous faisons donc appel de cette décision et continuerons à défendre vigoureusement ce produit", explique Scott Partridge, le vice-président de Monsanto, dans un communiqué.

Reste à savoir si ces arguments seront suffisants pour convaincre le jury d'appel. La firme américaine pourrait, entre temps, se retrouver de nouveau sur le banc des accusés. Selon CNN, plus de 800 autres plaignants ont déjà engagé une action contre le géant de l'agro-chimie aux Etats Unis. Au total, plus de 5 000 plaintes seraient en attente d'être validées par la justice américaine alors qu'en France une enquête judiciaire a été ouverte en juillet dernier. Le produit doit être, par ailleurs, interdit dans l'hexagone d'ici à 2021.

Quel impact financier pour Bayer ?

De son côté, Bayer, le nouveau propriétaire de Monsanto, a lui aussi défendu le produit. Beaucoup d'observateurs se questionnent déjà sur l'impact financier que pourrait avoir la multiplication des plaintes contre le nouveau géant de l'agrochimie. Lors du rachat de la firme américaine, pour un montant de 65 milliards de dollars, Bayer affirmait que Monsanto assurerait une contribution annuelle à l'excédent brut d'exploitation de 1,2 milliard d'euros d'ici à 2022. Mais ces projections ne prenaient pas en compte les conséquences judiciaires des procès intentés à Monsanto ni la remise en cause du glyphosate, produit qui selon les estimations représente plus du tiers de l'activité du groupe américain. Ce matin, à l'ouverture de la bourse de Francfort, l'action du groupe allemand perdait déjà 10% de sa valeur. 

 

 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services.
En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

En savoir plus