ConcurrenceQui peut enfin augmenter ses prix?En tête, les matières de base des plastiques, suivies des produits sidérurgiques.L'amélioration des carnets de commandes et le renchérissement des matières premières poussent à la hausse.

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Concurrence

Qui peut enfin augmenter ses prix?

En tête, les matières de base des plastiques, suivies des produits sidérurgiques.L'amélioration des carnets de commandes et le renchérissement des matières premières poussent à la hausse.



D'un côté, un certain nombre de matières de base dont on sait qu'elles continueront d'augmenter d'ici à la fin de l'année; de l'autre, des prix à la consommation (+1,7% en rythme annuel) d'une remarquable sagesse et des consommateurs définitivement acquis à la logique du juste prix. D'un côté, des fabricants de composants qui tentent de répercuter au mieux des hausses de matières premières; de l'autre, des fabricants d'équipements qui espèrent tout au plus limiter le niveau des rabais consentis pendant la crise. L'enquête de la rédaction de "L'Usine Nouvelle" le confirme, une minorité d'industriels seront en mesure, d'ici à la fin de l'année, de tirer parti de la reprise pour relever franchement leurs prix. Une majorité, en revanche, tentera tant bien que mal de répercuter les hausses des coûts d'approvisionnement, en profitant d'une demande plus ou moins assurée. Oui, il faudra compter avec de nouvelles augmentations des papiers d'emballage d'ici à la fin de l'année! Conséquence des très fortes augmentations des prix des papiers récupérés et de la pâte à papier. Oui, il faut s'attendre à de nouvelles augmentations dans les prochains mois du côté de la sidérurgie et des plastiques! Parce que la demande intérieure s'est raffermie depuis le début de l'année, en particulier dans l'automobile. Mais surtout parce que les frémissements du marché français ont coïncidé au premier semestre avec une reprise soutenue aux Etats-Unis et avec une poursuite de la croissance à haut niveau en Asie du Sud-Est. Résultat: une utilisation maximale des capacités de production qui peut conduire à des situations de quasi pénurie sur certains produits: c'est le cas par exemple pour le polyéthylène. Oui, l'amélioration sensible de leurs carnets de commandes a permis - et peut encore permettre d'ici à la fin de l'année - à un certain nombre d'industries de faire progressivement passer les hausses des matières de base! C'est en particulier le cas des fabricants d'emballages en carton. Ou, dans une moindre mesure, des producteurs de composants mécaniques de série: monoréducteurs, par exemple. Oui, les fabricants de pelles hydrauliques, de chariots élévateurs ou de centres d'usinage comptent rapidement profiter de l'amélioration de leurs carnets de commandes pour remettre de l'ordre dans leur politique de prix! En tentant surtout de sortir de la spirale infernale des remises et des rabais, qui, pour certains produits, peuvent encore atteindre jusqu'à 30%. Dans plusieurs branches d'activité, comme l'automobile ou les matériels de travaux publics, les tractations avec les fournisseurs sur le niveau des augmentations de prix vont bon train. Ainsi, face à l'envolée, depuis six mois, du cours international de la tôle à chaud, les constructeurs d'automobiles allemands ont demandé l'ouverture de discussions pour les contrats d'approvisionnement de 1995...

Le meilleur rapport qualité/prix est devenu le principal objectif

Pas de doute, il y a bel et bien une volonté générale de revoir les prix à la hausse dans les prochains mois. Mais il ne faut pas perdre de vue, que, d'une part, l'augmentation des matières premières n'est dans bien des cas qu'un mouvement de rattrapage et que, d'autre part, il y a de sérieux garde-fous à la contagion inflationniste. Premier d'entre eux: le comportement du consommateur final. Certes, les résultats semestriels de grands groupes de distribution comme Carrefour indiquent clairement une tendance au dégel. Certes, les produits alimentaires de marque semblent avoir regagné une marge de manoeuvre. Mais les discounters sont durablement installés. Et les produits "premier prix" garderont une place non négligeable dans le chariot de la ménagère. Le meilleur rapport qualité/prix est plus que jamais activement recherché sur tous les fronts. Sur fond de discount, de soldes et de remises, le prix réel aura durablement raison du prix catalogue. D'autant plus sans doute que, pour un nombre accru de produits, l'orientation des prix à la baisse s'inscrit dans une tendance longue. La récente décision de Compaq en est l'illustration: le boom de la demande finale, l'augmentation des capacités de production, la chute permanente des prix des composants autorisent le constructeur de micro-informatique a baisser radicalement ses tarifs; avec, en ligne de mire, la volonté d'ouvrir largement la voie aux marchés du futur. Une logique que l'on retrouve dans l'ensemble des produits électroniques: au point que les nouvelles fonctionnalités permettent tout juste de proposer le nouveau produit au prix du précédent, avec pour corollaire une révision générale des tarifs à la baisse. C'est vrai pour les téléviseurs. C'est vrai aussi sur un marché professionnel comme celui de la téléphonie privée. Sur fond de concurrence accrue et de baisse programmée des prix, ce sont les seuls gains de productivité qui permettront, dans de nombreux secteurs, d'absorber les hausses des matières de base. A commencer par l'automobile. Dans ce secteur, où les prix de certains équipements, comme les sièges, ont baissé de 20% en cinq ans, les coûts se discutent globalement dans une logique de partenariat de longue durée. Et la pression sur les prix se propage dans toute la filière. Ce qui peut placer, dans les prochains mois, les sous-traitants dans des positions précaires. Ils ne seront pas les seuls. Notre enquête, secteur par secteur, le confirme.

et la rédaction.

USINE NOUVELLE - N°2470 -

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