Concilier télétravail et VTC : Kevin-Ambroise, l’inventeur berrichon qui défie Uber et San Francisco

"En France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées", affirmait un slogan des années 70. Près de 50 ans plus tard, un jeune Berrichon le prouve en réussissant l'inimaginable : chauffeur de VTC, il télétravaille depuis plusieurs semaines. Il nous explique comment.

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Concilier télétravail et VTC : Kevin-Ambroise, l’inventeur berrichon qui défie Uber et San Francisco
Un (U)Ber-richon se joue d'Uber. Et les clients n'y voient que du feu...

Dans la lointaine Silicon Valley on parlerait de sérendipité. Dans sa maison du Berry, Kevin-Ambroise préfère parler d’un “sacré coup de bol”. Car malgré l’avancée technologique majeure qu’il est sur le point de donner à notre pays, il n’a rien perdu de sa modestie et de son sens de la formule à l’emporte pièce. “Oh ça il n’a pas changé. C’est le même qu’on a toujours connu ici, un garçon gentil et discret avec ça. On n'aurait jamais pu imaginer ce qu'il est en train de devenir”, assure Jeanine Lemercier du bar tabac situé sur la place du village, où a grandi et réside désormais ce trentenaire qui souhaite rester discret.

Une visiteuse exceptionnelle

Et pourtant, à sa place, d’autres auraient déjà la grosse tête. Imaginez, la première dame en personne, Brigitte Macron, est venue discrètement lui rendre visite en février dernier. Elle représentait le président de la République bloqué à Paris par la gestion de la pandémie et la préparation de son diplôme de rhumatologue, après avoir obtenu brillamment le titre de docteur en infectiologie.

Kevin-Ambroise, ému, sort son téléphone portable pour montrer la vidéo réalisée par son beau-frère, Brandon-Charles, lors de la visite de la première dame. On y voit Brigitte Macron qui ne cache pas son admiration et couvre le jeune homme de louanges - “inventeur génial”, “symbole pour toute la jeunesse” - avant de conclure : “La France a besoin d’hommes et de femmes comme vous” tout en sourire et en citations littéraires en professeur de lettres qu’elle reste toujours.

Un étrange placard à balais

Lui préfère sourire du bon tour qu’il a joué aux Américains en devenant le premier chauffeur de VTC en télétravail. Et de joindre le geste à la parole. Il ouvre la porte de la maison de famille où il s’est réfugié et invite à le suivre dans une pièce située au rez-de-chaussée. Là, il s’équipe, se place devant une sorte de récepteur de télévision, son portable à portée de main. Dans ce qui était encore il y a peu un placard à balai, il a reconstitué l’intérieur d’un VTC, désodorisant de voiture (le fameux "arbre magique") compris. Il allume sa radio sur Rires et chansons, se connecte à ses applications préférées, puis réalise quelques opérations secrètes - la technologie n’est pas encore complètement brevetée - et le voilà dans les rues de la banlieue parisienne. Bientôt une alerte retentit sur son smartphone à laquelle Kevin-Ambroise répond favorablement. Et voilà son véhicule à Neuilly (Hauts-de-Seine) devant un immeuble de standing, où l’attend son premier client. Et c’est parti pour une journée de courses dans les rues de Paris, tout en restant à 300 kilomètres de là.

Les avantages sont nombreux, assure-t-il, tout en klaxonnant après qu’un chauffard lui ait refusé une priorité du côté de l’arc de Triomphe. “Quand le stress de la circulation devient trop pénible, je vais faire un tour dans le jardin entre deux courses et j’en profite pour observer les oiseaux”, explique cet ornithologue amateur qui ne pouvait pas assouvir sa passion en Ile-de-France. Là, il confie comment, en quelques semaines, il a amélioré le service. “Au début, les gens ne voulaient pas monter dans une voiture sans chauffeur. Alors, j’ai installé un mannequin, un leurre. J’ai installé un haut-parleur et un micro, comme ça je peux même dialoguer avec les clients”, explique-t-il. Ce qui peut provoquer des quiproquos, quand ce jour où, oubliant la situation singulière, une cliente parlait de la pluie et du beau temps et s’étonnait que Kevin-Ambroise se plaignit de la neige qui était tombée pendant la nuit, alors que le temps était doux dans la capitale.

Une voisine encore sous le choc

Ce ne sont pas les seules bizarreries provoquées par la situation. Quittant la circulation parisienne, il lui est déjà arrivé de sortir de son réduit pour se retrouver dans la cuisine familiale. Là, il avait encore tous ses réflexes de conducteur, qui ont fait craindre à sa famille qu’il soit atteint du syndrôme de Gilles de la Tourette, une affection neurologique où le sujet ne peut notamment pas s’empêcher d’énoncer des insultes. Les visiteurs berrichons de la famille ce jour-là s’en souviennent encore. “Je me suis demandé ce qui lui arrivait, explique Muguette, une voisine et amie de longue date de la famille. Lui toujours si posé et aimable. Il a dit des grossièretés que je n’avais jamais entendues”, explique cette pimpante septuagénaire visiblement toujours émue par ce qu’elle s'entendit reprocher en des termes assez peu imagés.

Kevin-Ambroise a trouvé depuis d’autres stratagèmes pour échapper au stress parisien et à ses incivilités. Quand la circulation est trop difficile, un tour dans les réglages de son smartphone et le voilà dans les rues de Marseille, Lyon ou Bordeaux en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Son idéal maintenant serait de conduire dans les rues de San Francisco ou de Los Angeles pour faire la nique aux start-uppers des Etats-Unis. “C’est mon rêve” confirme le prolixe Kevin-Ambroise, les mains sur le volant en finissant une queue de poisson à un motard sur le périphérique. “It’s my american dream”, complète-t-il un peu agaçant, pour signaler qu’il prend depuis peu des cours d’anglais, “but there is still a technical issue to solve for me”. La star internationale Line Renaud n’aurait pas dit mieux avec son accent made in Armentières (Nord).

Une console de jeux sacrifiée

Car le coup de bol dont il parle est lié aux circonstances dans lesquelles il a mis au point son véhicule guidable à distance. C’est lors de la visite de sa nièce, Brenda-Adelaïde en région parisienne que l’idée lui est venue. Le turbulent enfant avait fait couler une pâte à tartiner réputée pour son bon goût d’huile de palme dans la console de jeux vidéo de Kevin-Ambroise, console qu’il avait auparavant reliée au Wifi du voisin, après l’avoir plongée dans un bain de boisson gazeuse à base d’extraits de cola, de plantes et de sucre, puis l’avoir attachée à l’aide d'une ficelle qui trainait au vélo d’appartement.

Le chauffeur encore francilien a cru que "la sale gosse avait détruit la console dernier cri qui avait nécessité plusieurs mois d’économies". Après l’avoir fait sécher et réparé grossièrement, il la rebrancha et la découvrit que le vélo d’appartement pédalait seul pour une raison que personne ne s’explique encore. Après avoir pesté contre sa nièce, il eut l’idée d’appliquer la même technique à la voiture qui lui servait la veille encore avec succès à son activité de VTC. Et ça a marché. Le coup de bol, dirait Kevin-Ambroise.

A nous deux San Francisco

Le seul hic, - ou le fameux “technical issue to solve for me” - est la longueur du câble qui relie la console située dans le Berry aux rues des principales villes françaises. Outre les noeuds qui se font au fil de la journée, elles empêchent aujourd’hui de tester la voiture aux Etats-Unis. Kevin-Ambroise ne désespère pas et a déjà prévu de recevoir chez lui sa nièce aux prochaines vacances pour améliorer ensemble la solution technologique : "J'aimerais bien arriver à le faire marcher avec la Wifi", explique-t-il.

Une démarche approuvée par le consultant Clément Pardito, spécialiste en pensée positive sur Linkedin et auteur du très remarqué best seller "Comment devenir rapidement millionnaire en racontant n'importe quoi ou le pouvoir des mots clés" chez Pardito Clémence Editions : "Le droit à l’erreur ne doit pas être entravé par des silos hyper processés. Le potentiel des méthodes agiles prouvent H24 les capacités d'échange sur Paris et ailleurs. C'est indispensable pour créer un tunnel de transformation du prospect en client gagnant gagnant. A l'heure d'aujourd'hui, j'ose le dire même si ça dérange et que ça pourrait me faire des ennemis, avec la start-up mindset de jeunes comme Kevin-Ambroise, Châteauroux est d'ores et déjà the new San Francisco".

Amis berrichons qui lisez cet article parodique, ne voyez aucune berrichonphobie ou une quelconque volonté d'Indro-bashing dans le choix de votre jolie région pour localiser cette histoire. Il ne s'agit que d'une private joke. Merci... Et bon 1er avril !

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