Compute Engine : la réponse Cloud de Google à Amazon et Microsoft

Google vient concurrencer Microsoft et Amazon sur le terrain du Cloud computing. Le géant américain promet des performances exceptionnelles, en rappelant que son infrastructure sert déjà à indexer le web. Mais selon les experts du secteur, Compute Engine est handicapé par ses contrats de droit américain et la localisation des data centers outre-Atlantique.

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Compute Engine : la réponse Cloud de Google à Amazon et Microsoft

Google débute la commercialisation de son premier service de Cloud digne de ce nom, baptisé Compute Engine. "En réponse à de nombreuses demandes de la part de développeurs et d'entreprises (…) Nous lançons une solution d'Infrastructure-as-a-Service (Iaas) qui permet d'exécuter des machines virtuelles Linux sur la même infrastructure que celle utilisée par Google", explique Craig McLuckie, chef produit Google Compute Engine.

Google proposait déjà des services Cloud autour du stockage (Google Cloud Storage), de l'analyse de données (Google BigQuery) et de l'exécution d'applications (Google App Engine). Mais avec Compute Engine, il entend "faire un pas de plus", en proposant un véritable service sur le mode Iaas.

Ce type de Cloud est très flexible et permet au client de gérer lui-même des serveurs virtuels dont il choisit la configuration, du nombre de cœurs des processeurs à la mémoire, en passant par le système d'exploitation. Le client peut alors y exécuter des machines virtuelles et y héberger les services de son choix. Il s'oppose au PaaS (Platform as a Service), qui propose aux clients transférer dans le Cloud leurs applications sur une infrastructure limitée, largement gérée par le prestataire.

Microsoft et Amazon.com ont également retenu l'Iaas pour leurs services de Cloud. La plateforme Azure de Microsoft a aisni récemment évolué pour permettre l'exécution de machines virtuelles sous Linux. Quant à Amazon.com, son offre de Cloud EC2 (Amazon Elastic Compute Cloud) a toujours été basée sur cette formule. Dans le cas de Google Compute Engine, ce sont les distributions Ubuntu ou CentOS qui sont proposées.

Exploiter les performances de l'infrastructure Google

La performance est le principal argument commercial de Google pour son service de Cloud. Avec Compute Engin, le client exploite une partie de l'infrastructure de Google, celle-là même qui permet au géant de l'internet de faire tourner ses services. "Chez Google, nous assurons chaque jour des opérations de calcul énormes, comme l'indexation sur le Web, ou la réponse à des milliards de requêtes de recherche quotidiennes", poursuit Craig McLuckie.

Google insiste également sur la disponibilité du service et notamment l'optimisation de la bande passante pour y accéder. "Beaucoup d'entre vous ont appris à vivre avec des performances erratiques pour le Cloud (…) nous avons des connexions réseau évoluées qui permettent de ne pas connaître d'interruptions", assure Google.

Sauf qu'a priori, ces promesses techniques ne sont pas garanties. "Les performances de l'infrastructure de Google sont indéniables. Mais les contrats de ce type de services Cloud à grande échelle n'intègrent jamais de garanties de performances ou de disponibilité", tempère Olivier Beaudet, P-DG de Claranet, spécialiste européen des services Internet pour les entreprises (Infogérance, Hébergement & Réseaux Managés). "Et si pour une raison ou une autre, le fournisseur de service à besoin de toute la puissance de son infrastructure, il l'utilisera de manière prioritaire. "

Pas de localisation européenne

Compute Engine est pour l'instant disponible en "aperçu limité", explique Google. C’est-à-dire que le service n'est pas encore totalement cadré, notamment du point de vue de son accès à l'international. Google ne propose ainsi que des contrats de droit américain pour son nouveau service. Et les data centers utilisés pour le délivrer sont basés outre-Atlantique. Il n'est pas exclu que cette situation évolue. Google vient d'annoncer que son service App Engine pouvait désormais être localisé sur des serveurs européens, si le client en faisait la demande.

Mais pour l'instant, Compute Engine ne bénéficie pas de cette option, ce qui est bien entendu un sérieux bémol pour son adoption en Europe. Rappelons que les principales craintes des entreprises européennes vis-à-vis du Cloud portent justement sur la localisation des data centers en dehors de l'UE.

"Le contrat US et la non localisation des données en Europe, sont un frein contractuel à l'adoption de services tels que celui de Google en Europe et notamment en France", estime Jean-Luc Dagron, directeur exécutif "Infrastructure Consulting & Cloud Services" de la SSII Osiatis, un des leaders des services aux infrastructures en France.

Il rappelle que si les données sont hébergées aux Etats-Unis, elles sont couvertes par le Patriot Act qui permet à une société américaine d'y accéder en cas de risques liés au terrorisme. Par ailleurs, la directive européenne 95/46/EC de 1995 interdit les transferts des données personnelles en dehors de l'Union européenne, ce qui peut poser problème à une entreprise qui ne peut contrôler les transferts effectués par son prestataire de Cloud.

Un service inadapté à certains besoins

Même son de cloches chez Claranet. "La localisation en dehors de l'Europe pose de nombreux problèmes. Outre les considérations juridiques, le client risque d'avoir des soucis de latence réseau. Et dans tous les cas, il ne disposera pas de supports techniques ou de contacts commerciaux locaux", conclut Olivier Beaudet.

Selon Claranet, des services tels que celui de Google s'adressent plutôt à des entreprises ayant un besoin ponctuel pour développer ou tester des solutions informatiques ou lancer de gros calculs. Mais pour y héberger des services internes tels que la compatibilité ou encore des applications métiers importantes pour l'entreprise, ils ne sont pas adaptés.

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