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Compteurs à gaz : Les ultrasons remplacent les membranes

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En créant un compteur électronique fondé sur le principe de mesure du débit par ultrasons, Siemens sonne peut-être le glas des appareils volumétriques dont sont équipés nos logements. Les Britanniques sont convaincus. Gaz de France hésite.  

Dans un an et demi, un compteur à gaz d'une sophistication inhabituelle pour un produit domestique équipera 310000foyers et établissements anglais. Testé par British Gas depuis 1992 sur une centaine de sites, il a été installé à 5000 exemplaires l'an dernier qui servent déjà à la facturation. Conçu par Siemens Measurement Limited (filiale à 100% de l'allemand Siemens), ce compteur entièrement électronique fonctionne selon un principe de mesure par ultrasons. Cette méthode, déjà couramment employée en mesure de niveaux et de débits de liquides, commence à percer dans la mesure de débits gazeux de grands volumes, en particulier dans les cheminées industrielles. L'application au domestique constitue en soi une petite révolution, qui prend d'autant plus d'ampleur que l'on part de la technique fort peu sophistiquée des vénérables compteurs classiques. Ces appareils traditionnels, dits volumétriques, sont constitués de deux chambres mobiles séparées par une membrane, en cuir ou en plastique, et mesurent le gaz en fonction du volume déplacé d'une chambre à l'autre. Ils sont bruyants, encombrants et se détériorent avec le temps. Composés hybrides de mécanique et d'électronique, ils sont sujets aux dérives dans le temps et fraudables. Les nouveaux compteurs, non seulement suppriment ces inconvénients, mais encore combinent l'avantage d'une technique de mesure sans pièces en mouvement à celui de la micro-électronique qui lui est associée. Avec, d'un côté, la pérennité des capteurs ultrasonores, le silence, l'indépendance par rapport au gaz. Et, de l'autre, une solution homogène qui réunit dans une même électronique comptage et service, au lieu de l'hybride mécanico-électronique.

Trois technologies mises en compétition

"Tout a commencé en 1987, raconte Grégoire Blareau, ingénieur technico-commercial chez SiemensSA. British Gas a lancé un concours d'idées lorsque s'est posée la question de changer tout le parc britannique. Plutôt que d'essayer de faire du neuf avec la bonne vieille technique à membrane, parvenue au bout de son évolution, ne valait-il pas mieux innover radicalement?" Trois technologies ont donc été mises en compétition: la mesure fluidique, l'anémométrie et la mesure par ultrasons. C'est elle que British Gas a finalement retenue au travers des projets de deux constructeurs: Siemens Measurement et Eurometers, joint- venture entre Gill Electronic et British Gas. Les avantages de la mesure par ultrasons sur les deux autres techniques tiennent en six points: une dynamique de mesure supérieure, une très faible dépendance par rapport au type de gaz et à son profil d'écoulement, une durée de vie élevée, une consommation électrique faible, une quasi-insensibilité aux poussières et aux additifs. Elle a bien un inconvénient, la longueur relativement importante du tube de mesure. "Mais, souligne-t-on chez Siemens, cela ne joue pas si l'on compare l'encombrement de ce compteur - 227 x176x99mm - à celui de l'appareil volumétrique." Le marché emporté par Siemens représente 20millions de livres sterling. "Le produit est bien sûr plus cher que le compteur classique. Mais le service est supérieur", souligne Grégoire Blareau. Intelligent, le compteur est ouvert à la communication et s'intégrera aisément dans les réseaux de télécommunications futurs, pour la télétransmission et le télérelevé. On pourra lui adjoindre des modules pour le prépaiement. Il est plus fiable et sait compenser les variations de mesure liées aux changements de température. Il s'autosurveille et se met en sécurité (coupure) en cas de dysfonctionnement (surdébit, température trop élevée, ordre venant d'un détecteur de gaz). Il garde trace de toute intervention extérieure. Malveillante, en particulier: un point qui intéresse l'Angleterre, où la fraude sur les compteurs de gaz se pratique comme un sport national... et centenaire. Et la France? S'apprête-t-elle, comme l'Angleterre, à effectuer le saut technologique ultrasonore? Pour GdF, répondre à la question est prématuré. Mais on s'y intéresse. Les tests en laboratoire sur prototypes ont été achevés en 1993, les tests sur site ont démarré en juillet 1994. Du côté des constructeurs, Schlumberger étudierait un système électronique fondé sur les mêmes principes. Il y a fort à parier que les appareils à membrane n'en ont plus pour longtemps.







USINE NOUVELLE N°2479
 

 

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