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L'Usine Auto

Compromis au rabais entre les ministres européens de l'environnement sur les émissions de voitures

Simon Chodorge , ,

Publié le

Les pays de l'UE se sont accordés pour un objectif de réduction de 35% des émissions de dioxyde de carbones des voitures neuves d'ici 2030. Le PDG de Volkswagen Herbert Diess prévient qu'une hausse de cet ordre pourrait faire disparaître jusqu'à "100 000 emplois" au sein de son groupe.

Compromis au rabais entre les ministres européens de l'environnement sur les émissions de voitures
Les ministres européens de l'environnement se sont accordés pour un objectif de réduction de 35% des émissions de dioxyde de carbones des voitures neuves d'ici 2030.
© CC Hamed Saber

L'accord en forme de compromis trouvé par les pays de l'Union européenne sur les émissions de dioxyde de carbone (CO2) des voitures neuves risque de faire des déçus. Mardi 10 octobre, à Luxembourg, les 28 ministres européens de l’environnement sont finalement parvenus à une position commune après treize heures de débats. Ils ont ainsi statué sur un objectif de réduction des émissions de 35% d’ici 2030 pour les voitures neuves, avec un but intermédiaire de 15% pour 2025 par rapport au seuil fixé pour 2021. Dans le cas des camionnettes, la diminution est fixée à 30% d'ici à 2030.

Certes, les ministres sont allés plus loin que la Commission européenne: en novembre 2017, l’organe avait proposé une réduction de 30% des émissions d’ici 2030. Mais le compromis trouvé le 10 octobre est inférieur au seuil validé par le Parlement européen. Le 3 octobre, les eurodéputés ont en effet voté pour une baisse de 40% en plein Mondial de l’Auto à Paris. Une position plus radicale défendue dans le cadre des négociations au niveau des pays de l’UE.

Opposition de l’Allemagne

Parmi les pays favorables à une baisse plus drastique, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et… la France, emmenée par son nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy. Le responsable français s’est toutefois rangé en faveur de la décision finale. Au total, 20 des 28 pays européens se sont exprimés en faveur d’une baisse de 35%. Consolation pour les Etats aux positions les plus drastiques: le compromis comporte une clause de révision de ces objectifs en 2023. Si les constructeurs ne tiennent pas cet accord, ils pourront être soumis à des mesures plus sévères.

En face, l’Allemagne, a pesé fortement dans les négociations en refusant une baisse supérieure à 30%. Une manière de protéger la compétitivité de son industrie automobile bousculée depuis plusieurs mois, dans le sillage notamment du scandale des moteurs diesel truqués de Volkswagen. Et ce, alors qu’au même moment la justice allemande a ordonné à Berlin d’interdire la circulation des véhicules diesel les plus polluants dans certaines parties de la capitale.

100 000 emplois potentiellement supprimés chez Volkswagen

Dans un communiqué, l’ONG Transport & Environment a dénoncé un accord insuffisant et une dérogation qui bénéficiera aux "petits" constructeurs. Les entreprises produisant 300 000 véhicules ou moins sont ainsi exemptées dans le compromis, une mesure “bénéficiant notamment à Jaguar Land Rover”, met en avant Transport & Environment.

Du côté des constructeurs, la décision a également été accueillie avec circonspection. Dans un communiqué, l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) indique que "bien que les niveaux de réduction des émissions de CO2 fixés par les Etats membres sont moins agressifs que ceux votés par le Parlement européen la semaine dernière, ils comportent toujours le risque de provoquer un impact négatif sur la compétitivité de l’industrie, des travailleurs de l’automobile et des consommateurs".

Depuis le début des discussions, les constructeurs automobiles rassemblés sous la bannière de l’ACEA plaident pour une baisse d’une vingtaine de pourcents. Interrogé sur les discussions en cours dans le cadre du Mondial de Paris, le président du directoire de PSA et actuel président de l’ACEA, Carlos Tavares, s’était inquiété d’une éventuelle "mobilité non-abordable" compte tenu des investissements requis pour électrifier les véhicules et répondre aux potentiels futurs objectifs.

Dans un entretien accordé le 10 octobre au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, le président du directoire de Volkswagen, Herbert Diess, a de son côté indiqué qu’une baisse de 35% des objectifs constituerait "une évolution douloureuse et non pas une transition gérable". Pire encore, dit-il, dans le cas d’une baisse de 40%, "plus de la moitié des véhicules devraient être 100% électriques d’ici 2030. Au regard de sa rapidité et de ses implications, cette transformation serait difficilement gérable. En une dizaine d’années, environ un quart des emplois dans nos usines disparaîtraient alors, ce qui correspond à un total d’environ 100 000 emplois", a alerté le responsable du groupe allemand

Reste désormais à accorder la position des pays de l’Union européenne, de la Commission et du Parlement. Les négociations entre les trois parties doivent commencer dès mercredi 10 octobre pour adopter définitivement une position sur les futurs seuils d’émissions de CO2. Un compromis final est attendu pour le début de l’année 2019.

par Simon Chodorge et Julie Thoin-Bousquié

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