Comprendre ce qui se joue sur le marché du porc breton

Les difficultés de la filière porcine se transforment en crise institutionnelle. L’union des producteurs de Bretagne a renoncé le 24 septembre au prix négocié avec le gouvernement en juin, entraînant la démission du président du marché du porc breton (MPB). Décryptage de ce nouvel épisode de la crise porcine.

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Le marché au cadran

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Coup de théâtre dans la crise du secteur porcin qui opposent les éleveurs et les industriels du secteur. Face à la volonté affichée par plusieurs abattoirs, comme la Cooperl et Bigard, de s’extraire du marché du porc breton (MPB), qui sert de référence au cours du porc en France, l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) a créé la surprise le 24 septembre.

Le groupement de producteurs a décidé de renoncer au prix de 1,40 euro le kilo demandé aux abatteurs depuis le mois de juin. Ce prix avait été âprement négocié entre les producteurs, les industriels, la grande distribution et le gouvernement, pour garantir aux éleveurs une rémunération suffisante pour couvrir leurs charges.

"Préserver l’équité entre éleveurs"

Cette décision surprise a immédiatement attiré les foudres du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. "Je suis en colère parce que ça se fait toujours de la même manière, avec toujours la même stratégie, en particulier pour certains en Bretagne, qui consiste à dire que sur la question du porc, la seule question qui est posée c'est le prix", a déploré le ministre. "C'est l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne qui a demandé à ce que le prix baisse. A partir de là, chacun assumera ses responsabilités", a-t-il ajouté.

Pour Jacques Crolais, le directeur de l’UGPVB, "cette décision été prise pour préserver l’essentiel et l’équité de paiement entre les éleveurs". A l’image de ce qu’avait annoncé Bigard, le risque était que chaque industriel, en s’extrayant du MPB, fixe son prix arbitrairement, créant des distorsions entre éleveurs.

"Si nous n’avions pas pris cette décision, c’était la disparition programmée du MPB et l’iniquité entre les éleveurs face aux industriels", explique Jacques Crolais à L’Usine Nouvelle, ajoutant que le "MPB ne pouvait plus continuer à rester déconnecté des prix des autres marchés européens". Une décision qui a suscité l’indignation de nombreux groupements et syndicats d’éleveurs, comme la Coordination rurale, qui estime que "l’UGPVB ne défend plus les éleveurs mais les intérêts des agro-industriels".

Une réforme en cours du MPB

Conséquence du choix de l’UGPVB, Daniel Picart, qui présidait depuis cinq ans le MPB, a démissionné de ses fonctions le 24 septembre, entraînant un report de la cotation traditionnelle du jeudi. Malgré ses intentions affichées, il n’a pas réussi à faire revenir Bigard et la Cooperl au marché au cadran de Plérin (Côtes d’Armor).

L’arrivée d’un nouveau président, en la personne François Pot, par ailleurs président du groupement de producteurs de porcs Porélia, pourrait cependant faire évoluer les choses positivement. L’UGPVB espère qu’une réforme du MPB pourra voir le jour. "Nous avons mis en place un calendrier de quinze jours avec les abatteurs pour faire en sorte de retrouver un fonctionnement normal du MPB", précise Jacques Crolais.

Les prochains jours seront cruciaux pour l’avenir du MPB. Avec lui, la cruciale question du prix d’achat du porc par les industriels français. En attendant, sans surprise, le cours du porc dévisse. Après un recul à 1,344 euro, le 25 septembre, soit une baisse de 3,3 centimes par kilo, le cours du MPB s'est établi à 1,327 euro/kilo le 28 septembre, soit une baisse de 1,7 centime...

Adrien Cahuzac

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