Compétitivité : le choc (de conscience) a bien eu lieu

Le pacte de compétitivité présenté par le ministre doit être salué. Il montre que la Gauche sait entendre ce que disent les entreprises. En revanche, les mesures prises n'auront pas d'effet immédiat permettant aux entreprises de souffler alors que 2013 s'annonce comme une année difficile sur le plan économique.

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Compétitivité : le choc (de conscience) a bien eu lieu

Le choc de conscience a bien eu lieu mais pour le choc de compétitivité, on repassera ! Le pacte nationale pour la croissance, la compétitivité et l'emploi, présenté hier matin par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, n'est pas tout à fait à la hauteur des attentes des entreprises.

Elles attendaient une bouffée d'air fiscale pour 2013, elles ne l'auront pas avant 2014. Elles attendaient un allègement du coût du travail, elles n'auront qu'un crédit d'impôt indexé sur leur masse salariale comprise entre 1 et 2.5 fois le SMIC. Elles voulaient un transfert de charges massif, elles ont obtenu un transfert de charges progressif : 10 milliards en 2014, 15 en 2015 et 20 milliards en 2016.

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Pour les quelques industriels que nous avons contactés si le diagnostic posé est le bon, les comptes eux ne sont pas bons. Les mesures annoncées hier - à l'exception notable du dispositif des garanties de crédit de trésorerie proposé par Oséo - ne les aideront pas à passer l'hiver économique qu'ils redoutent l'année prochaine. Ceux qui pensent que l'effet de ces mesures sera immédiat se trompent. Chaque chef d'entreprise attendra de voir combien il retire du crédit d'impôt avant d'engager le montant équivalent en projet ou en embauche. Crédit qu'ils toucheront au printemps 2014. C'est loin alors que nombre d'entreprises ont besoin d'une bouffée d'air sur leurs coûts fixes ici et maintenant.

Pour créer un véritable choc de confiance comme souhaite le faire le Premier ministre, il aurait été plus efficace d'abaisser directement les charges sociales pesant sur les salaires dès 2013. Mais cela, le gouvernement pouvait difficilement le faire sans se mettre à dos une grande partie de sa majorité sur son aile gauche et son aile verte. Ces derniers ont d'ailleurs modérément apprécié le pacte productif présenté par le gouvernement. Le simple emploi des mots compétitivité, d'allégement de charges, de coût du travail, de crédit d'impôt entreprises, constitue pour eux un casus belli. Vu de leur fenêtre, ce que propose le gouvernement est énorme : même la droite n'avait pas osé aller aussi loin !

On peut donc saluer le courage politique de Jean-Marc Ayrault mais regretter aussi qu'il ne soit pas allé plus loin, plus fort. Quitte à se mettre à dos les élus les moins progressistes de son camp, autant utiliser la force, l'auradu rapport Gallois et son diagnostic du décrochage industriel français sans appel pour remettre la France sur le chemin de la compétitivité. En accordant 20 milliards d'euros de crédit d'impôt, il a décidé de ne le parcourir qu'à moitié. Pour l'instant en tout cas...

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