Comparatif : L’accord compétitivité Renault VS le nouveau contrat social PSA

Volume, usines, R&D... Sur quoi les deux constructeurs automobile se sont-ils engagés ? Flexibilité, salaires, RTT... A quoi doivent s’attendre les salariés ? Qui a finalement validé les accords ? Retrouvez dans notre infographie le comparatif des accords signés par les deux principaux constructeurs français : PSA et Renault.

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Suppressions de postes

PSA a 91000 salariés en France et dispense d’activité ses seniors pour que 2000 d’entre eux quittent l’entreprise d’ici 2016. Aucune embauche n’est prévue pour les remplacer. Sur ses 53000 salariés en France, Renault vise 8260 départs naturels ou dus à une dispense d’activité, et promet 760 embauches fin 2016 sur les compétences critiques.

Licenciements

L’accord de PSA ne prévoit pas de licenciement car le groupe avait annoncé, avant cette négociation, 8000 suppressions de postes et 3000 départs volontaires. Renault ne fera pas de plan social.

Conditions de départs des seniors

Chez PSA cette mesure concerne les salariés à six mois de la retraite qui en bénéficieront pendant six mois alors que chez Renault elle concerne les salariés de plus de 58 ans à trois ans de la retraite qui en bénéficieront pendant trois ans.

Recrutements de jeunes

L’accord de Renault n’évoque pas le recrutement de jeunes, mais la direction a annoncé quelques mois après sa signature, qu’elle voulait atteindre 5% d’alternants fin 2013 contre 4,8% (2000 jeunes) aujourd’hui. Chez PSA les 2000 alternants devraient être recrutés dans les deux prochaines années.

Durée de l’accord

Chez Renault certaines mesures sont prévues pour 3 ans alors que PSA a prévu de renégocier dans 3 ans.

Gel des salaires

Chez Renault, il est prévu que les négociations annuelles obligatoires (NAO) de 2014 et 2015 se fassent dans le cadre d’une modération salariale. Chez PSA, le travail du samedi sera moins indemnisé que jusqu’alors, et la prime d’ancienneté plafonnée.

Effort du patron sur son salaire

Carlos Ghosn a abandonné 30% de sa part variable en 2013… mais il gagne 9 millions d’euros, et Philippe Varin 1,3 million.

Augmentation du temps de travail

Les usines Renault qui travaillaient moins de 35 heures hebdomadaires passeront aux 35 heures, 1603 heures annuelles devenant la norme. Chez PSA, le temps de travail ne bouge pas, mais la flexibilité est accrue : en cas de besoin, les salariés devront rester 20 minutes de plus en fin de service (overtime), et les dates des RTT et congés sont plus contraintes.

Mobilité

Les directions n’ont pas réussi à imposer de mobilités. En revanche, ont été créés deux pôles chez Renault et quatre zones géographiques chez PSA, à l’intérieur desquels les mobilités seront organisées. Renault offre une prime d’un demi mois de salaire par période de 6 mois de mobilité.

Fermeture d’usine en France d’ici 2016

PSA avait déjà décidé de la fermeture de l'usine d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) avant la fermeture de cet accord. Le cabinet Inovev juge qu’avec 30% de surcapacité de production en France, PSA aura du mal à ne pas fermer une nouvelle usine après celle même si l’attribution d’un nouveau modèle par site chez PSA doit garantir l’activité après 2016.

Production garantie en 2016 en France

Renault annonce 180 000 véhicules de plus produits en France, contre 70 000 chez PSA. L’empreinte industrielle de Renault reste cependant inférieure à celle du Lion: 530 000 véhicules produits chez Renault en 2012 contre 930 000 chez PSA.

Taux d’utilisation des usines d’ici 2016

Renault n’utilise aujourd’hui ses usines qu’à 60% de leurs capacités. Elles tournent a contrario à 75% chez PSA. Avec l’accord, mais aussi grâce au plan d’économies Rebond 2015, PSA compte charger ses usines à 100% en 2015.

Production apportée par des partenaires

Renault bénéficie du soutien de Nissan qui apportera 80 000 Micra à l’usine de Flins (Yvelines)… mais pas avant 2016 ! PSA n’a pas voulu inclure dans l’accord la production de modèles communs avec General Motors.

Investissement d’ici 2016

PSA investira cette somme sur trois ans, jusqu’en 2016, entre R&D et implantations industrielles. Aucun montant d’investissement n’est garanti noir sur blanc chez Renault, qui investit déjà actuellement 1,2 milliard d’euros pour transformer ses sites, par exemple Douai (Nord) ou Sandouville (Seine-Maritime).

Recherche & développement en France

Les deux groupes s’engagent à maintenir leurs efforts de R&D en France. Ce ratio correspond chez Renault à la conception des véhicules et des organes, il peut tomber à 60% sur les sous-ensembles ou la phase aval de conception. Pour ses moteurs, PSA prévoit de conserver 85% de la R&D en France.

Les signataires

30% seulement des voix aux élections sont nécessaires pour valider l’accord. Chez PSA les signataires représentent 70% des voix et la CFDT s’est montrée moins réformiste que chez Renault. La signature du syndicat d’entreprise SIA-GSEA a aussi renforcé la légitimité de l’accord. Chez Renault les 3 syndicats signataires représentent 64,5% des voix.

Cécile Maillard et Pauline Ducamp

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