Commission Attali : 50 000 emplois menacés dans les PME

Le directeur général de la Confédération française du commerce interentreprises (CGI) Hugues Douzin s'inquiète des effets de la suppression de la loi Galland pour les PME, qui risque de déséquilibrer encore davantage les relations entre fournisseurs et di

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Que pensez-vous des propositions avancées par la Commission Attali ?
Hugues Douzin :
La demande de suppression de la revente à perte nous gêne énormément. Aucun pays occidental - pas même les Etats-Unis - n'a un tel corpus législatif. En l'espace de quatre ans, les PME ont déjà dû s'adapter à deux réformes de leur environnement économique. On leur a demandé de rebâtir leurs barèmes, elles l'ont fait et maintenant on leur dit de recommencer. Si on voulait massacrer les PME, on ne ferait pas mieux. Or ce sont elles qui créent les emplois stables, pas la grande distribution.

Quel va être l' impact pour les PME ?
H.D. :
Dés la première année, on estime que 50 000 emplois directs sont menacés et 3 000 PME. On va fragiliser les entreprises, dans l'agroalimentaire ou la fourniture industrielle notamment. Cette mesure est justifiée par l'augmentation du pouvoir d'achat mais sur ce plan là, rien ne va changer. La Commission Attali base sa réflexion sur 15 % du panier de la ménagère. Mais tout le reste - la téléphonie, le transport, le logement - va continuer à connaître des augmentations importantes.

Pour renforcer la position des fournisseurs, la Commission Attali avance un certain nombre d'autres mesures : créer des organisations de producteurs et mettre en place une instance arbitrale au niveau régional entre distributeurs et fournisseurs...
H.D.
: Tous les achats des grandes enseignes sont concentrés au niveau de centrales d'achat nationales. Une instance régionale aurait un impact très limité. Et le décalage est tellement important entre la grande distribution et ses fournisseurs qu'il est facile pour les enseignes de refuser ensuite de traiter avec ceux qui se seraient plaints de « mauvais traitements » de leurs parts.

La Commission propose aussi de réduire les délais de paiement de 90 à 30 jours.
H.D. :
Ca peut être favorable, sous réserve que les distributeurs ne demandent pas aux fournisseurs à participer à cette réduction des délais de paiement. Par des réduction de prix par exemple.

Quelles sont vos propositions ?
H.D. :
Les acteurs sont demandeurs d'une loi qui permette un équilibre. Encadrer la coopération commerciale, calculer le seuil de revente à perte. C'est vrai qu'il y a une dérive du système dans la grande distribution. Mais j'ai peur que la commission Attali n'ait inventer un remède qui soit plus fort que le mal et le corps du malade. Mais pour le moment, ce qui a été rendu public n'est qu'un rapport d'étape. Nous allons demander à être reçu par la Commission Attali. Si on veut gagner du PIB, ce n'est pas en libéralisant la distribution, c'est en simplifiant la législation pour les PME.

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