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Comment un concours d’innovation change le regard de lycéennes sur l’industrie et l’ingénierie

Marion Garreau ,

Publié le

L’association Elles Bougent organisait mardi 19 mars la finale de son challenge Innovatech, que se sont disputée 15 équipes réunissant chacune deux lycéennes, deux étudiantes et deux marraines. Retour sur cette expérience et son impact sur les participantes.

Comment un concours d’innovation change le regard de lycéennes sur l’industrie et l’ingénierie
15 équipes mêlant lycéennes, étudiantes et marraines se sont affrontées pour la finale du challenge Innovatech, de l'association Elles Bougent, le 19 mars à Bercy.
© Marion Garreau

Soixante lycéennes et étudiantes étaient réunies mardi 19 mars au ministère de l’Economie et des Finances, à Paris, pour défendre avec leurs marraines des innovations liées à l’industrie du futur. Elles étaient là dans le cadre du concours Innovatech, organisé depuis quatre ans par l’association de promotion de la mixité dans les filières scientifiques et techniques Elles Bougent.

Quinze équipes lauréates de leur région se disputaient cette finale nationale, dont l’enjeu était moins de primer une innovation que changer le regard de ces jeunes filles sur l’industrie et les carrières scientifiques et techniques. Un pari plutôt réussi. "Avant le challenge je n’avais aucune idée de ce qu’était l’industrie, reconnaît Annaëlle, lycéenne de 14 ans et membre de l’équipe représentant le Nord-Pas-de-Calais. Pour moi c’était produire, produire et encore produire. Aujourd’hui je comprends qu’en fait l’industrie c’est aussi innover et comprendre des problèmes."

Des métiers du futur

Annaëlle a été attirée dans ce concours par son amie Adélie, membre d’Elles Bougent à 14 ans car déjà intéressée par la recherche scientifique et l’ingénierie. "L’ingénierie ce sont pour moi des métiers sympathiques, où l’on peut travailler en collectif, et des métiers du futur. C’est aussi un domaine vaste où il est facile de trouver du travail", considère l’adolescente, qui a travaillé avec son équipe à imaginer une application pour la ville durable permettant de connecter habitants, services de la ville, commerçants et industriels locaux.

Participer à ce projet a aussi modifié son regard sur l’industrie. "Faire ce challenge m’a donné une meilleure vision de l’industrie, notamment sur les aspects de développement durable et sur le fait que c’est un secteur qui souhaite recruter plus de femmes", souligne Adélie.

Rôles modèles

Avec ce challenge, les lycéennes côtoient des marraines qui constituent de véritables rôles modèles. "Avant j’imaginais qu’être ingénieur en bâtiment était un travail d’homme, confie Julie, lycéenne dans l’équipe de la région Centre-Val-de-Loire. Mais en voyant ma marraine travailler dans l’armement, là où je pensais qu’il n’y avait que des hommes, je me suis dit que c’était sûrement la même chose dans le bâtiment. Cela m’a encouragé à aller aux portes ouvertes d’une école d’ingénieur en bâtiment et maintenant je sais que je peux être une femme et travailler dans ce domaine."

Julie et son équipe ont porté le projet Velocal, une solution basée sur une application et un boîtier 4G intégré et proposant des parcours à vélo interactifs et personnalisés, mis en jour en temps réel selon la météo ou les envies.

Du service plus que des produits

Intelligence artificielle, ville durable ou encore énergies renouvelables ; les participantes étaient invitées à imaginer des solutions ou des produits sur des thématiques porteuses. Beaucoup de projets présentés en finale renvoyaient à des services et des solutions numériques. De là à montrer une image un peu biaisée de l’industrie, qui oublierait les métiers centrés sur la production ?

Pas pour Chloé Grandmaitre, marraine de l’équipe Velocal et ingénieure chez Thales. "Je ne travaille pas sur le même type de produit mais les méthodologies de travail, en mode projet, sont les mêmes dans mon entreprise que celles que nous avons eues, fait-elle valoir. L’industrie de service fait partie de l’industrie. Montrer autre chose que la production c’est aussi ne pas stéréotyper le secteur."

Les projets présentés, tous développés en une journée, s’attaquent en tout cas à une richesse de problèmes comme le montrent les trois récompensés par le jury : une biopuce connectée et autonome pour suivre en continu le cycle menstruel et lutter contre les dérèglements hormonaux et l’infertilité ; des gants chirurgicaux seconde peau, indéchirables et recyclables ; une application mobile pour accompagner les consommateurs dans leur gestion des aliments achetés afin de lutter contre le gaspillage alimentaire. A voir si ces idées suscitent aussi des envies d’entrepreneuriat !

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