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L'Usine Aéro

Comment Thales est devenu un champion de la tech ultra rentable

Olivier James , , ,

Publié le

Le groupe d’électronique et de défense dépasse pour la première fois le seuil des 10% de rentabilité opérationnelle. L’acquisition de Gemalto sera  finalisée à la fin du premier trimestre 2019.

Comment Thales est devenu un champion de la tech ultra rentable
Depuis son arrivée à la tête de Thales en 2014, Patrice Caine est parvenu à faire passer la marge opérationnelle de 7,6% à 10,6%.
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Le cap est symbolique mais témoigne d’une stratégie qui porte pleinement ses fruits. Mardi 26 février, le patron de Thales, Patrice Caine, a présenté des résultats financiers historiques : pour la première fois, le groupe a dépassé en 2018 le seuil des 10% de marge opérationnelle, à 10,6%. Une performance couplée à une croissance toujours soutenue du chiffre d’affaires, qui atteint 15,8 milliards d’euros, en hausse de 4,1% hors acquisitions. Quant au résultat net, il explose de 44%, à 982 millions d’euros.

Une santé insolente à mettre en bonne partie au crédit du presque quinquagénaire Patrice Caine, PDG de Thales. Depuis 2014, le dirigeant a su à la fois assurer une croissance rentable et mettre le groupe aux avant-postes de l’innovation pour en faire un champion de la tech ultra rentable comme il en existe bien peu en France. "Nous sommes parvenus en 2018 à améliorer encore la rentabilité tout en accélérant la R&D", a résumé Patrice Caine. Pour rappel, l’année de son arrivée, la rentabilité s’élevait à 7,6% et le chiffre d’affaires à 13 milliards d’euros. Et l’ambition du pdg ne s’arrête pas là qui vise une marge opérationnelle comprise entre 11 et 11,5% en 2021.

Allier rentabilité et R&D

"D’un point de vue financier, Patrice Caine a réussi à faire ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avaient réalisé, à savoir délivrer une rentabilité de 10%, alors que le groupe était habitué à 5% de rentabilité depuis les années 2000, assurait à L’Usine Nouvelle un expert du secteur en octobre dernier, lorsque le magazine lui décernait le prix de l’industriel de l’année. Il a fait entrer Thales dans la cour des fournisseurs de rang un profitables." Ce cap des 10% de marge opérationnelle atteint en 2018 par Thales doit au passage faire pâlir d’envie les dirigeants d’Airbus qui s’étaient fixé ce même objectif de rentabilité, mais l’avionneur a dû se contenter de 7,9% de marge l’an dernier.

Thales semble avoir trouvé la bonne formule. Les résultats financiers flatteurs vont de pair avec une hausse des dépenses de R&D. Les investissements en R&D autofinancée se sont élevés à 879 millions d’euros, en hausse de 10% par rapport à 2017, soit 5,5% du chiffre d’affaires. Ils devraient atteindre le cap du milliard d’euros en 2021, soit un quasi doublement par rapport à 2013. Les dépenses totales de R&D pourraient à cet horizon atteindre 4 milliards d’euros. Pas de doute, Thales reste plus que jamais une entreprise d’ingénieurs et de chercheurs : les équipes de R&D représentent 40% des effectifs globaux (66 000 salariés).

Comment expliquer que le groupe parvienne à un tel niveau de rentabilité tout en augmentant ses dépenses de R&D ? Augmentation des cadences de production dans l’aviation commerciale, explosion des besoins en matière de sécurité des données, appétence grandissante dans l’industrie pour l’’intelligence embarquée, hausse des budgets de défense dans le monde, transformations digitales menées un peu partout dans l’industrie… Depuis plusieurs années, Thales bénéficie d’un environnement économique très porteur que les remous géopolitiques ne parviennent pas à contrarier.

Une meilleure performance opérationnelle

Une demande qui se reflète encore dans les prises de commandes, en croissance de 7% en 2018, à 16,03 milliards d’euros. "L’année dernière, nous avons cumulé 19 contrats de plus de 100 millions d’euros, soit autant qu’en 2017, mais ils ont été plus gros unitairement, représentant à eux seuls 4,5 milliards d’euros", a précisé Pascal Bouchiat, senior vice-président et directeur financier de Thales.

Une dynamique qui s’explique notamment pour la croissance plus soutenue que prévu dans les pays  matures (France, Allemagne, Australie, Pays-Bas…). Les commandes sont essentiellement tirées par la division défense et sécurité du groupe, représentant à elle seule 8,7 milliards d’euros (+12%). Si l’aérospatial se positionne derrière, avec 5,3 milliards d’euros de commandes (+2%), sa croissance est moins forte que dans la division transport, avec 1,8 milliard d’euros (+4%).

Mais les raisons de la rentabilité sont aussi à chercher du côté de l’amélioration de la performance opérationnelle chez un groupe dont les coûts totaux s’élèvent à 14,2 milliards d’euros. Achats, ingénierie, fonctions supports, réalisation des projets… Thales a multiplié les initiatives pour réduire les coûts. En 2013, les coûts des fonctions support représentaient 9,1% du chiffre d’affaires. En 2018, le taux s’établissait à 7,8% et devrait tomber à 7,2% en 2021.

Parvenir à attirer les talents

Le cercle vertueux dans lequel Thales semble engagé depuis plusieurs années devrait se confirmer. Annoncée en décembre 2017, l’acquisition du spécialiste de la carte à puce Gemalto, soufflée à Atos, devrait bientôt arriver son terme. "Nous sommes toujours en ligne pour annoncer une finalisation d’ici la fin du premier trimestre 2019", s’est engagé Patrice Caine. Reste pour le groupe à obtenir encore trois autorisations à ce stade, dont celle du Department of Justice (DoJ) américain. "Nous avons mis en place un groupe de travail pour assurer l’intégration des deux groupes", a commenté le patron de Thales.

Autre signe de la bonne santé de Thales, le groupe ne faiblit pas en matière de recrutements. Alors qu’il recrute depuis 2016 entre 5 000 et 6 000 personnes chaque année, l’objectif en 2019 est d’embaucher 5 500 personnes, dont 2 500 en France. "En quatre ans environ, nous aurons embauché entre 20 000 et 25 000 personnes, ce qui représente près de 40% de nos effectifs", a rappelé Patrice Caine.

Le groupe est à la recherche d’expertise pointue : il compte par exemple créés 400 postes dans la cybersécurité et 200 dans l’intelligence artificielle. Alors que les géants du numérique aspirent les talents du monde entier, c’est sans doute là l’un des plus grands défis de Thales, nettement moins visible : attirer les compétences pour rester dans la course.

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