Comment Stora Enso fait du papier à partir de briques alimentaires

A Castellbisbal, près de Barcelone (Espagne), la brique alimentaire représente 50% des matières premières utilisées par l’usine du papetier Stora Enso. Celle-ci a intégré le traitement sur site des différents matériaux et s’appuie notamment sur des approvisionnements locaux.

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L'évolution des usages a fait chuter la consommation de papiers journal et de bureau. Pourtant, chez le papetier Stora Enso, installé dans la région de Barcelone, la baisse des volumes de papiers graphiques à recycler n'est pas un sujet d'inquiétude: il leur préfère les briques alimentaires. "La baisse de la consommation de papier liée à la digitalisation n’est pas un problème pour nous : la hausse du volume trié compense cette baisse, tandis que 50% du tonnage de matières que nous recevons est composé de briques alimentaires", explique la responsable qualité et environnement de l’usine papetière de Castellbisbal (Espagne), Nùria Ayats.

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Ce site, qui sera prochainement cédé au fonds de private equity Quantum, est le premier producteur espagnol de papier à intérieur gris à base de fibres recyclées, pour des usages tels que l'emballage des détergents et des produits ménagers, des confiseries, des aliments, des produits pharmaceutiques et des produits graphiques.

L’usine, qui consomme chaque année entre 80 000 et 90 000 tonnes de briques en provenance de 4 pays (Espagne, Portugal, France, Belgique), s’est engagée dans le recyclage de ces dernières en 1996. Les stratifiés en plastique et en aluminium sont nettoyés et séchés jusqu'à un point où ils peuvent être séparés grâce à la pyrolyse – l’usine dispose de sa propre unité ("Palwaste") depuis 2011. L’utilisation de cette technologie non-propriétaire est effectuée dans le cadre d’un bâtiment spécifique situé en plein cœur du site. L'aluminium est revendu à des usines d'aluminium.Le plastique alimente l'unité de cogénération énergétique (électricité et vapeur). Le carton, enfin, est recyclé au sein du processus de fabrication du papier, aux côtés de chutes de bois ou de déchets.

Stora Enso ne paie que l’équivalent du prix du transport des briques, mais pas les matériaux eux-mêmes. Les approvisionnements locaux sont par ailleurs facilités par l’important taux de recyclage des briques mises sur le marché : 74% en Espagne, contre 49% en France.

L’équipe du site ne souhaite en revanche pas développer ses approvisionnements en papier journal. "Les encres minérales posent des difficultés de traitement et des problèmes liés à la sécurité, étant donné l’usage alimentaire de nos produits. Il faut inciter les éditeurs et les imprimeurs à changer leurs pratiques", estime Nùria Ayats. 10% à 20% de matières vierges sont incorporés à la pâte, selon les spécifications de chaque type de papier. A l’issue du processus de fabrication, l’usine commercialise des rouleaux de papier de 20 tonnes, ainsi que des feuilles.

Un tri spécifique des briques à l’issue de leur collecte

La démarche de valorisation des briques mise en place par Stora Enso à Castellbisbal est notamment rendue possible par le travail préalable de tri effectué par les organismes collecteurs de déchets, à l’instar d’un de ses fournisseurs, le centre de tri des ordures ménagères de Gavà, situé à 35 kilomètres. Géré par la région métropolitaine de Barcelone, il couvre un bassin de 2 millions de personnes. A la différence du système français, les couleurs des poubelles de tri sont harmonisées, et leur nombre limité à deux : le container jaune est dédié au plastique, au métal et aux briques, tandis que le container bleu sert à recueillir le papier.

Le plus gros centre de tri de l’agglomération doit donc, au même titre que ses homologues, procéder à un travail poussé de séparation des différents matériaux parmi 24 000 tonnes traitées chaque année, pour 30% de refus. Les briques alimentaires représentent 11% des produits qui sortent du centre, contre 22% de PET, 10% de plastiques mélangés, 7 à 8% d’acier, 6% de sacs plastiques et 2% d’aluminium.

Les fabricants de briques planchent pour leur part sur l'utilisation de matériaux plus adaptés au recyclage (écoconception), mais demeurent, pour des raisons de sécurité alimentaire, inflexibles sur l’utilisation de produits exclusivement vierges dans leurs emballages.

Franck Stassi

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