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Comment Scaleway, le cloud d’Iliad, a triplé de taille en un an (et ne compte pas s'arrêter là)

Ridha Loukil , , ,

Publié le , mis à jour le 15/01/2019 À 18H31

En un an, Scaleway, la marque cloud d’Iliad, est passée de 300 à 3 800 m2 de bureaux et de 70 à 220 personnes. En cultivant sa différence sur le marché, elle compte poursuivre son expansion en 2018 avec l’embauche de 60 personnes et le projet d’ouverture de deux datacenters en Europe de l’Est et en Asie.

Comment Scaleway, le cloud d’Iliad, a triplé de taille en un an (et ne compte pas s'arrêter là)
Datacenter DC4 de Scaleway à Paris-Porte de Versailles
© Online

Oubliez Online, la société d’hébergement informatique, de serveurs dédiés et de cloud d’infrastructure d’Iliad, le groupe de Xavier Niel. Place à Scaleway. Créée en 2015 pour porter l’activité cloud, cette marque devient la bannière commune des trois activités de l’entreprise. Ce changement a été lancé officiellement le 10 janvier 2019 lors d’une soirée réunissant des clients et des partenaires à sa « Maison Paris », à la fois sa vitrine et son principal site. C’est l’épilogue d’une transformation vertigineuse.

Investissement d'une centaine de millions d'euros

" En un an, nous avons triplé de taille, passant de 300 à 3 800 m2 de bureaux et de 70 à 220 personnes, confie son directeur général Arnaud de Bermingham. Nous avons ouvert une Maison à Lille qui compte aujourd’hui 40 personnes, et le DC5, notre cinquième et plus gros datacenter, à Saint-Ouen-L’aumône, dans le Val-d’Oise, avec une superficie de 10 000 m2 et une puissance électrique disponible de 22 MW. C’est un investissement conséquent, le plus important de notre société." Le jeune dirigeant de 37 ans reste discret sur le montant. L’effort pourrait tourner autour de la centaine de millions d’euros.

Fondée en 1999, au même temps que Free, la société a démarré par des services d’hébergement informatique avant de se diversifier d’abord dans les serveurs dédiés puis dans le cloud d’infrastructure, aujourd’hui son principal cheval de bataille. La société affiche un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros en 2017, dont 60% à l’international. L’activité cloud est encore mineure. Mais elle est celle qui croit le plus vite avec 80% des clients à l’international selon Arnaud de Bermingham.

Scaleway cultive sa différence. "Le marché du cloud est compliqué, explique-t-il. Il est dominé par Amazon Web Services, Microsoft et autre Google. Se confronter à ces géants américains, c’est l’échec assuré. Le cimetière est plein de cadavres qui ont tenté de le faire. Nous restons humbles et pragmatiques. Pour nous imposer, nous avons choisi de faire les choses différemment. C’est la clé de notre succès." Une stratégie à l'opposé de celle d'OVH, qui se pose en alternative aux géants américains. Pour Scaleway, ces géants du numérique sont aussi ses gros clients potentiels. Certains utilisent ses services d'hébergement informatique pour leurs datacenters récemment ouverts en France.

Focalisation sur les développeurs informatiques

Pas question de créer une centaine de services comme chez Amazon Web Services ou de viser les grands comptes. Scaleway concentre son effort sur quelques services importants dédiés aux développeurs informatiques. "Ce sont les clients les plus exigeants, pour ne pas dire les plus "chiants", note Arnaud de Bermingham. Ils ont besoin de services pointus de grande qualité. Ce créneau n’intéresse pas vraiment les géants du cloud car c’est compliqué à faire. A travers les développeurs, nous espérons entrer ensuite dans d’autres fonctions de leurs entreprises. A terme, il y a une cinquième ou sixième place à prendre sur le marché du cloud en Europe, voire dans le monde."

Pour recruter 150 personnes en un an, dont beaucoup chez son concurrent français OVH, Scaleway a dû réinventer sa façon de fonctionner et créer un environnement attractif. C’est le but de la "Maison Paris" ouverte début 2018 dans un hôtel particulier, propriété de Xavier Niel, dans le 16 ème arrondissement, puis d'une réplique à Lille en mars 2018. Tout est fait pour que les collaborateurs se sentent chez eux, avec des kiosques de jeux, un salon de musique, un bar, un restaurant haut de gamme, une salle de gym, un espace de détente… et même une piscine. " Nous sommes dans un métier horrible, se plaint le directeur général. La course aux talents est le nerf de la guerre, et nous sommes dans ce domaine en compétition avec les géants américains du numérique. Pour attirer les talents et les fidéliser, nous devons leur offrir un environnement attractif. Cela fait de nous une société décalée. Le défi pour nous est de réussir à maintenir cette culture particulière."

Scaleway prévoit de poursuivre l’expansion avec en 2019 l’embauche de 60 personnes et l’ouverture de deux nouveaux datacenters, l’un en Europe de l’Est, l’autre en Asie. Car l’entreprise veut aller là où les géants américains sont peu présents. L’ambition d’Arnaud de Bermingham est de prendre la cinquième ou sixième place sur le marché. Il est convaincu que cela est possible, non pas en se confrontant à Amazon Web Services au chiffre d'affaires annuel récurrent de 26 milliards de dollars, mais en faisant les choses autrement.

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