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L'Usine Santé

Comment Sanofi justifie le "golden hello" de son nouveau patron

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L'information a fait grand bruit en ce début de semaine : en provenance de l'allemand Bayer, Olivier Brandicourt, le nouveau patron de Sanofi, va recevoir un bonus de bienvenue de 4 millions d'euros. Dirigeants politiques et leaders syndicaux ont quasi-unanimement condamné ce "golden hello", le jugeant inadmissible dans un contexte où le groupe pharmaceutique conduit une importante restructuration en France. Sanofi estime de son côté qu'il s'agit d'une prime conforme aux pratiques du secteur et du Cac 40. Seule personnalité à soutenir cette décision, Laurence Parisot estime qu'il faudrait plutôt féliciter le groupe tricolore qui a réussi à débaucher un capitatine d'industrie français et de haut niveau.

Comment Sanofi justifie le golden hello de son nouveau patron © Sanofi

Après les rémunérations indécentes, les parachutes dorés et autres retraites chapeaux, vous allez adorer les "golden hello" ! Comme son nom l'indique, cette pratique - plus répandue dans les pays anglo-saxons et aussi connue sous le nom de "golden handshake", consiste à accorder une prime de bienvenue à un nouveau dirigeant.

Politiques et syndicats vent debout

L'attribution d'un bonus de 4 millions d'euros au nouveau patron de Sanofi débauché chez Bayer, Olivier Brandicourt, révélé dans un document financier publié par le groupe sur son site internet, a fait grand bruit en début de semaine. L'information, en une de la presse du mardi 24 février, a ainsi ému la plupart des dirigeants politiques et leaders syndicaux. La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a notamment appelé Olivier Brandicourt à renoncer à cette somme, ajoutant qu'il fallait faire preuve "d'un peu de décence, notamment de la part de laboratoires pharmaceutiques qui vivent de la Sécurité sociale, donc des cotisations sur les salaires". Laurent Berger de la CFDT et les syndicats de Sanofi ont également exprimé leur indignation, dans un contexte où le groupe a mis en place un important plan de restructuration en France au cours des six dernières années.

Une pratique courante dans le secteur pharmaceutique

Contacté par L'Usine Nouvelle, le laboratoire pharmaceutique indique que l'ancien patron, Chris Viehbacher, remercié en octobre dernier avait lui aussi perçu une prime de bienvenue. Lors de sa nomination, il avait ainsi reçu 2,1 millions d'euros assortie de 65 000 actions gratuites, comme en témoigne un autre document disponible sur l'espace dédié aux investisseurs du site internet de Sanofi. "En réalité, cette prime permet de compenser en partie les avantages auxquels M. Brandicourt aurait eu droit s'il était resté chez son ancien employeur, explique une porte-parole du groupe, il s'agit d'une prime conforme aux pratiques dans l'industrie pharmaceutique et du Cac 40". Concernant la rémunération totale (fixe et variable), la rémunération d'Olivier Brandicourt devrait également se rapprocher de celle de son prédécesseur : en 2013, Chris Viehbacher avait perçu 8,6 millions d’euros. Un niveau de salaire élevé certes mais qui reste dans la moyenne du secteur, comme le rappelle un article du Monde.

Laurence Parisot félicite Sanofi pour ce recrutement

L'ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, est de son côté la seule personnalité à avoir pris le contre-pied de cette polémique. Le conseil d’administration de Sanofi "a tout fait pour garder Sanofi en France", notamment en évinçant l’ancien directeur général qui souhaitait "emmener le siège de Sanofi aux Etats-Unis (...). Je crois qu’on devrait plutôt leur dire bravo, vous avez réussi à convaincre ce capitaine d’industrie à revenir chez nous", a-t-elle affirmé sur Europe 1. "Le monde des laboratoires pharmaceutiques est tout à fait spécifique : les dirigeants capables de comprendre à la fois la médecine, la pharmacologie et le management de très grandes entreprises est un monde très restreint", a ajouté Laurence Parisot pour justifier les montants en jeu dans ce secteur. Enfin, à la question de savoir si le groupe et son nouveau patron doivent renoncer à cette prime, elle répond que "c’est à ce nouveau directeur général et au président de Sanofi de juger la situation". L'idée de voir Olivier Brandicourt renoncer à son bonus n'est toutefois pas à l'ordre du jour, indique-t-on du côté du laboratoire français.

Julien Bonnet

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