Comment de Rugy veut "libérer les Français du pétrole" et du "tout nucléaire" grâce aux biogaz

A l’occasion de l’inauguration d’une unité de méthanisation par voies sèches d’Engie dans le Loiret, François de Rugy a dévoilé les pistes pour rendre le biogaz plus compétitif. Les cultures énergétiques en font partie.

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Comment de Rugy veut
Lors de l'inauguration de l'unité de méthanisation Beauce Gâtinais Biogaz dans le Loiret, Francois de Rugy et Isabelle Kocher DG d'Engie, ont dévoilé leur plan pour rendre la filière biométhane plus compétitive.

La République française croit au biogaz. La preuve, "les chevaux de la Garde républicaine contribuent aussi à la réussite de ce projet [de méthanisation]", a noté, sous forme de clin d’œil, François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, à l’occasion de l’inauguration de l’unité de méthanisation par voies sèches de Beauce Gâtinais Biogaz, dans le Loiret, le 9 novembre. De fait, cette installation, financée par Engie Biogaz (32%), la coopérative agricole AgroPithiviers (34%) et le distributeur d’électricité local Sicap (34%) sera alimentée pour un quart (6000 tonnes par an) par le fumier produit par les chevaux de la Garde républicaine.

Au-delà du symbole, et en plein polémique sur la fiscalité écologique et les prix des carburant, cette inauguration était pour François de Rugy l’occasion de rassurer la filière biogaz sur le fait que le gouvernent n’allait pas miser sa politique énergétique sur le tout électrique et d’expliquer comment il voulait "libérer les Français du pétrole" et "de sa dépendance au tout nucléaire", notamment grâce au biométhane.

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Remplacer le fioul par du gaz renouvelable

"Cette installation produit la consommation en gaz de 1800 personnes. Il y a en France trois millions de personnes qui se chauffent au fioul. C’est théorique, mais si on voulait qu’elles se chauffent aux gaz, il faudrait 1500 installations comme celle-ci. C’est faisable puisque nos voisins allemands en ont 8000", contre "500 en France", a lancé le ministre d’Etat, remarquant aussi que "l’Allemagne est devenue un grand pays agricole de production laitière grâce à la politique de méthaniseurs“. Certes, c’est parce que l’Allemagne autorise les cultures énergétiques, c’est à dire des cultures dédiées qui permettent d’avoir des unités de méthanisation plus simples car fonctionnant avec un seul type d’intrant au lieu du mixte qui est le lot des installations françaises.

Autoriser des cultures énergétiques

Pour François de Rugy, qui veut "lever les obstacles" au développement de la méthanisation, les cultures énergétiques "sont une piste". Il s'explique : "Par le passé, au Parlement, beaucoup s’y sont opposé. Ils ont eu peur que l’on développe des cultures au détriment des cultures alimentaires. Dans certains domaines, on a de la marge et on peut très bien faire les deux. Si cela doit rendre les méthaniseurs plus compétitifs, baisser les coûts de production, il faudra le faire. C’est ce qui a fait le succès des méthaniseurs en Allemagne."

Adapter la fiscalité carbone au biogaz

Les cultures énergétiques ne sont pas la seule piste du gouvernement pour rendre la filière biogaz plus compétitive. Il mise aussi sur la fiscalité écologique. La taxe carbone (appelée contribution climat énergie en France) devrait jouer son rôle. François de Rugy a expliqué qu’elle serait appliquée différemment au biogaz. "Ce ne serait pas logique que l’on taxe de la même façon le gaz extrait du sous-sol, énergie fossile qui va émettre du CO2, que le gaz renouvelable, qui lui entre dans une logique où l'on économise du CO2, voire même neutre en carbone."

Demander aux industriels de baisser les coûts

Mais le gouvernement veut aussi que la filière arrive à baisser les coûts de production. "Nous avons dans la PPE [feuille de route énergétique pour dix ans a venir], qui sera dévoilée dans quelques jours, l’objectif de 10% de gaz renouvelable dans la consommation. Cela veut dire qu’il faut multiplier la production" et être "compétitif". "Si on veut développer les énergies renouvelable, il faut qu’elles soient fiables écologiquement. Elles le sont aujourd’hui. Il faut aussi qu’elles soient compétitives économiquement ". Pour le ministre, c’est déjà le cas de l’éolien et du solaire photovoltaïque, dont les coûts de production sont en moyenne de 60 euros le MWh. “C’est le prix de marché. Donc demain, plus besoin de subvention. Il faut qu’on arrive au même résultat pour le biogaz." Et si "en même temps le gaz fossile voit son prix augmenter [grâce à la taxe carbone] cela rendra plus vite le biogaz compétitif".

Miser sur l’investissement privé

Le ministre a aussi rappelé toute les mesures déjà prises au niveau de la simplification des dispositifs d’obligation d‘achat et de raccordement au réseau de gaz de GRDF et GRTgaz. "L’utilisation du biogaz a été aussi facilitée pour les engins agricoles. Mais il va falloir continuer à améliorer la technologie et baisser les coûts. Et s’il le faut, on prendra de nouvelles mesures pour faciliter…", comme d’autoriser en partie les cultures dédiées. Le ministre mise aussi beaucoup sur le privé. "Ce que j’ai dit sur la PPE correspondra à 20 milliards d’euros d’investissements dans ce secteur", a chiffré François de Rugy. Même avec un budget annuel de 5,5 milliards d’euros pour les énergies renouvelables, on se doute bien qu’il ne parle pas là uniquement d’argent public.

Aurélie Barbaux Grand reporter Énergie & industrie durable
Aurélie Barbaux

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