Quotidien des Usines

Comment réduire de 20 % sa conso d’énergie et ses émissions de CO2 ?

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Afin d’atteindre ses ambitieux objectifs en 2020, le groupe chimique Solvay mise sur l’efficacité énergétique, les sources renouvelables, l’approvisionnement à long terme et l’innovation technologique.

Comment réduire de 20 % sa conso d’énergie et ses émissions de CO2 ?
En partenariat avec Dalkia, l'usine Solvay de Tavaux (Jura) accueillera une centrale biomasse fin 2011.
© Solvay

Pour les industriels gros consommateurs d’énergie, la maîtrise de cette lourde ligne de coûts constitue un enjeu essentiel de compétitivité, une question de survie. D’autant plus avec les perspectives d’évolution des prix, des réglementations, des sources d’énergie et des technologies. Avec 10,3 % de son chiffre d’affaires annuel consacrés à l’énergie, soit près de 1 milliard d’euros, le groupe belge Solvay (29 000 salariés dans le monde, dont 4 000 en France) fait indéniablement partie de cette catégorie d’entreprises.

En 2008, le fabricant de produits plastiques, chimiques et pharmaceutiques affiche une consommation de 25 millions de tonnes vapeur et de 10 TWh d’électricité, pour 13,3 millions de tonnes de CO2 émis (28 % issus des procédés de production, 72 % de l’énergie absorbée). « Si depuis 4 ans, Solvay a réussi à stabiliser sa conso d’énergie malgré la croissance de son activité, nous nous donnons pour 2020 une cible plus ambitieuse : réduire de 20 % nos consommations énergétiques globales et nos émissions de gaz à effet de serre (à l’instar du plan Climat européen), en prenant l’année 2006 comme base de comparaison », clame Jean-Michel Mesland, responsable technologie, recherche et achats au comité exécutif du groupe. Pour y parvenir, la stratégie se déploie dans quatre directions :

1. L’efficacité énergétique

L’effort sera porté en priorité sur les électrolyses (1,8 Mt de chlore produit en 2008), responsables de 60 % de l’énergie consumée chaque année. A la fin de la prochaine décennie, les technologies à mercure seront remplacées par des électrolyses à membranes. Soit un gain d’énergie évalué à 18,5 % et 300 000 tonnes d’émissions indirectes de CO2 en moins, sur l’ensemble du parc d’électrolyses.
Il s’agira également d’augmenter la durée de fonctionnement annuel des cogénérations (gaz et charbon aujourd’hui, biomasse demain), notamment en France où les installations sont règlementairement limitées à 3 600 heures, soit environ cinq mois sur douze.
Autre exemple, à Devnya en Bulgarie, Solvay va installer une nouvelle chaudière à lit fluidisé et améliorer le rendement de sa soudière, afin d’atteindre 20 % d’économies d’énergie.

2. Les énergies renouvelables

Au regard des besoins colossaux du groupe, le solaire et l’éolien n’en sont qu’au stade de l’étude, l’hydroélectricité à l’étape de recherche de site (au Brésil), alors que plusieurs projets biomasse sont en cours.
En Allemagne, à Bernburg, une centrale utilisant du combustible secondaire, provenant de déchets triés et non valorisables par d’autres filières, produira à partir de fin 2009 225 tonnes par heure de vapeur et 19 MW d’électricité. Ce partenariat avec Tönsmeier assura une réduction de 350 000 tonnes de CO2 par an.
Dans l’Hexagone, sur le site jurassien de Tavaux (le plus gros du groupe avec 2 000 personnes), Dalkia mettra en marche fin 2011 une cogénération de 30 t/h de vapeur et de 30 MW d’électricité (revendue à EDF), à partir de produits de recyclage et de branchages (bois non valorisé). Retenu dans le cadre du second appel d’offres gouvernemental, l’équipement apportera un gain de 70 000 tonnes/an de CO2 (soit 20 % des émissions de l’usine) et la création d’une cinquantaine d’emplois dans la filière bois locale. Un projet similaire a été déposé lors du troisième appel d’offres, concernant le site lorrain de Dombasle, également avec Dalkia.

3. Sécuriser l’approvisionnement à long terme

« L’objectif consiste à négocier des contrats à long terme, afin de garantir la fiabilité de l’approvisionnement et un coût faible en s’engageant à investir aux côtés des producteurs-distributeurs d’énergie. Une logique d’achat en gros et en avance, proche des mécanismes en vigueur dans les matières premières », explique Jean-Michel Mesland. Outre Blue Sky en Belgique, en France, Solvay est l’un des sept membres fondateurs du consortium Exeltium (en compagnie des chimistes hexagonaux Arkema et Rhodia), dont les négociations avec EDF et GDF Suez n’ont pas encore abouti.
Depuis le début de l’été 2009, le groupe belge a également mis en place une filiale à 100 %, Solvay Energy SA, chargée de négocier et gérer les principaux contrats d’achats d’énergie, ainsi que les droits d’émissions CO2. Elle développera également l’utilisation des couvertures financières pour réduire l’impact de la volatilité des prix de l’énergie et du CO2.

4. Développer de nouvelles technologies

Outre les bonnes pratiques d’économies et d’efficacité énergétiques diffusées dans le groupe par une cellule dédiée, Solvay s’applique à développer de nouvelles technologies pour réduire sa conso et ses émissions de gaz à effet de serre. Les domaines concernés sont aussi divers que le contrôle et la régulation de grande précision, la capture, la purification et la séquestration de CO2 ou encore les chaudières à haut rendement.

Cet ensemble de mesures cohérentes seront-elles suffisantes pour atteindre les fameux 20 % ? Rendez-vous en 2020…

 

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