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L'Usine Auto

Comment PSA compte se relancer (prudemment) sur le marché indien

Julie Thoin-Bousquié , , ,

Publié le

Le constructeur français a annoncé avoir signé des accords de coentreprise avec le conglomérat indien CK Birla. Objectif: produire et vendre des moteurs et composants d’ici 2020 sur le marché indien, que PSA avait quitté à regret il y a vingt ans.

Comment PSA compte se relancer (prudemment) sur le marché indien
PSA veut se relancer en Inde en investissant 100 millions d'euros avec un partenaire local.
© Charles Platiau / Reuters

Pour devenir "un acteur mondial", PSA ne pouvait pas "rester absent du marché indien". Le constructeur français a franchi une nouvelle étape dans son ambition de conquête du marché mondial inscrite dans le plan "Push to pass". Son président, Carlos Tavares, a confirmé lors d’une conférence de presse mercredi 25 janvier avoir signé des accords de coentreprise avec le conglomérat local CK Birla dans l’objectif de retourner sur le marché indien, que le groupe PSA avait abandonné à la fin des années 1990.

Le groupe se positionne ainsi plus tôt que prévu sur le marché indien. Jusqu’à présent, son retour ne devait pas intervenir avant 2018. Mais les "opportunités de croissance" pour PSA ne manquent pas dans le pays, a défendu mercredi Carlos Tavares devant un parterre de journalistes. Selon lui, le marché automobile indien devrait croître "entre huit et dix millions d'unités d'ici 2025, contre environ trois millions" l’année dernière.

Le taux d’équipement en Inde reste faible, environ trente fois moins important qu’en Europe occidentale. Mais avec ses 1,2 milliard d'habitants, le marché indien est prometteur. En volume, le parc a triplé en l’espace de dix ans. Une progression qui devrait se confirmer en 2017, et faire de l’Inde le troisième marché mondial devant l'Allemagne, selon les estimations de la société de conseil IHS Markit. En 2001, le pays occupait la seizième place.

100 millions d’euros et 100 000 véhicules par an

Concrètement, le partenariat comprend deux accords entre PSA et des sociétés du groupe CK Birla. Dans le cadre du premier, PSA détient une part majoritaire, "à hauteur de 80%" selon Carlos Tavares, de la coentreprise créée avec une filiale de CK Birla pour l’assemblage et la distribution de véhicules dans le marché indien. La deuxième joint-venture est constituée à moitié entre le constructeur français et une autre société du groupe indien pour la fabrication de moteurs.

D’ici 2020, le constructeur espère se doter d’une capacité de fabrication initiale de 100 000 véhicules par an. C’est la plate-forme CMP (pour Common modular platform) qui sera adoptée pour ces véhicules indiens. Ou sa déclinaison électrique, une option pas écartée par Carlos Tavares en conférence de presse. Dans un cas comme dans l’autre, la plate-forme devrait être "adaptée aux conditions locales d’intégration", a spécifié le président du directoire du groupe français devant la presse.

Les moteurs devraient pour leur part répondre "aux besoins du marché intérieur et de constructeurs mondiaux", a annoncé le groupe mercredi 25 janvier. L’usine de CK Birla dans l’Etat de Tamil Nadu, à l’extrême sud de l’Inde, sera en charge de leur production et de l’assemblage des véhicules. Au total, l’investissement initial doit atteindre les 100 millions d’euros, assurés "aux deux tiers par PSA", selon Carlos Tavares.

Pas de "quête absolue" aux volumes pour PSA

La prudence semble donc de mise pour PSA. Avec un investissement limité, son président espère toutefois être "rentable immédiatement". Mais n’écarte pas une montée en puissance en cas de succès du véhicule. Pour y parvenir le groupe mise sur "un degré élevé d'intégration locale, afin d'atteindre le niveau requis de compétitivité des coûts".

Reste à trouver le modèle qui fera décoller les ventes de PSA en Inde. En conférence de presse, Carlos Tavares a indiqué vouloir entrer sur le marché avec une seule marque, tout en précisant que le choix n’était pas encore arrêté. Pas plus que celui du véhicule en tant que tel. Le président du groupe français a semblé écarter l’éventualité d’un véhicule low cost à l’image de la Kwid de son concurrent Renault.

"Plusieurs scénarii sont à l’étude à l’heure actuelle, mais ce n’est pas le premier de la liste", a indiqué Carlos Tavares. "Nous ne sommes pas dans une quête absolue de volumes". Le constructeur a ajouté miser sur la connaissance du marché automobile de son partenaire CK Birla pour définir un produit adapté aux exigences du pays.

Des précautions qui s’expliquent par le passé compliqué de PSA avec l’Inde. Le constructeur s’était allié à la société indienne PAL au début des années 1990 pour lancer une 309. Faute de ventes suffisantes, PSA avait quitté le pays en 1997, quelques années seulement après son installation.

Le groupe au Lion avait tenté de se relancer sur le marché automobile indien en 2011 en annonçant un investissement de 650 millions dans une usine sur place. Mais là encore, les difficultés économiques du groupe avaient eu raison de cette annonce. Le partenariat annoncé en 2012 avec General Motors, mais jamais concrétisé, n’avait pas non plus permis à PSA de revenir sur les routes indiennes.

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