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L'Usine Santé

Comment Median, petit poucet français de la e-santé, a séduit Microsoft

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Exclusif Entre éditeurs de logiciels, on se comprend. Spécialisé dans l’analyse de l’imagerie médicale, le français Median Technologies a convaincu Microsoft de combiner leurs technologies pour proposer des solutions de big data dans la lutte contre le cancer.

Comment Median, petit poucet français de la e-santé, a séduit Microsoft

Mercredi 22 juin devrait rester dans les annales pour le français Median Technologies. Cet éditeur de logiciels pour l’imagerie médicale a signé un partenariat historique avec un acteur de poids : Microsoft. Comment la PME de Sophia-Antipolis a-t-elle séduit le géant américain de l’informatique ?

Née en 2002, Median conçoit des programmes informatiques pour permettre à l’industrie pharmaceutique d’interpréter des images médicales et de faire avancer ses essais de médicaments, mais aussi pour aider les médecins spécialistes ou hôpitaux à poser des diagnostics. En 2011, l’année de son introduction en Bourse sur Alternext, Median avait déjà attiré l’attention de l’industriel japonais Canon, entré à son capital et désireux de proposer de nouveaux services en cloud computing aux hôpitaux et à l'industrie pharmaceutique.

Microsoft veut rattraper son retard dans la santé

La spécialité de Median est l’oncologie, la lutte contre le cancer. Un domaine jugé prioritaire par Microsoft, qui ne cache plus ses ambitions dans la santé pour rattraper le retard pris sur les autres géants du numérique Google et IBM. "Microsoft a déjà bien avancé indépendamment de nous et développé de multiples collaborations dans ce domaine", confie Fredrik Brag, le PDG suédois et fondateur de Median. Ce dernier a donc tenté sa chance : il a proposé au géant américain d’unir leurs forces pour profiter de la révolution de la santé en cours avec le big data, qui offre la possibilité d’analyser des masses d’informations en quelques secondes.

Or l’imagerie médicale génère des centaines de millions de données qu’il faut pouvoir disséquer pour les corréler à d’autres informations - comme les résultats d’une biopsie ou des cartographies de mutations génétiques – afin d’établir un diagnostic ou de suivre l’évolution d’un médicament dans le corps humain… Les besoins sont immenses, rappelle Fredrik Brag. "Actuellement, seuls 20 à 30% des patients souffrant de cancers répondent à leur traitement."

Le marché de la médecine personnalisée

L’objectif est donc de répondre au marché croissant de la médecine personnalisée en développant des "solutions prédictives", grâce à l’installation du système IBIOPSY de Median  (capable de détecter des phénotypes de divers cancers à travers l'extraction et la mesure de biomarqueurs d’imagerie) sur la plate-forme cloud Azure de Microsoft. "Elle dispose d’une puissance phénoménale pour déployer nos solutions partout dans le monde et de manière sécurisée, estime le dirigeant suédois. L’avantage, aussi, c’est que Microsoft est un éditeur de logiciels et comprend nos technologies." Et ne cherche pas lui-même à développer ses propres solutions dans la santé, comme Google

Les conditions de cette collaboration "autant technologique que commerciale" ne sont pas dévoilées. Sans limite de temps, elle implique "des investissements conséquents" de chaque partenaire. L’américain doit optimiser sa plateforme et investir dans le cryptage des données pour répondre aux contraintes du secteur médical. Median veut travailler sur l’ "intelligence machine" pour rendre ses analyses plus performantes. Un prototype est déjà en test sur Azure. Les résultats cliniques sont attendus dans les douze mois. Avec, pourquoi pas, la possibilité de se déployer ensuite sur d’autres maladies que le cancer…

Gaëlle Fleitour


Median se renforce aux Etats-Unis
Sur les 85 salariés de Median, 12 exercent au sein de sa filiale basée à Boston, capitale mondiale de la R&D dans les sciences de la vie. Le français, qui réalise déjà 90% de ses ventes à l’étranger, veut accélérer son développement sur le marché américain, premier marché pharmaceutique au monde. Et prévoit aussi l’ouverture d’une filiale en Asie pour répondre à la demande locale. L’an dernier, il a globalement vu son chiffre d'affaires bondir de 1,4 million à 3,9 millions d'euros et son carnet de commandes gonfler de 8 à 21 millions d’euros.

 

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