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L'Usine Matières premières

Comment Maurel et Prom s'est retrouvé dans les fichiers des "Panama Papers"

Myrtille Delamarche , ,

Publié le , mis à jour le 08/04/2016 À 10H51

La junior pétrolière française Maurel & Prom, citée dans un article du Monde après son apparition dans les fichiers du cabinet panaméen Mossack Fonseca, se défend de toute optimisation fiscale à travers ses filiales aux Bahamas. Elle reconnaît avoir détenu ces sociétés, mais affirme qu’elles n’ont été impliquées dans "aucun flux financier". L’Usine Nouvelle a retracé l’historique de ces participations.

Maurel & Prom a bien détenu des participations dans plusieurs sociétés immatriculées aux Bahamas. Mais elle ne les a pas toutes créées. Les deux premières ont été héritées de la pétrolière Heritage Oil lors du rachat progressif de ses permis au Congo entre 2002 et 2007 (aux côtés d’Afren et de Burren Energy, qui sera racheté par l’italienne ENI fin 2007). La dernière a été créée avec ces mêmes partenaires sur le même principe.

Un "montage classique"

"C’est un montage classique dans le secteur extractif", nous explique un connaisseur du milieu. "Une société est créée qui duplique à son capital le partage du permis, ce qui en cas de demande de financement permet à la banque de nantir les titres logés dedans. Cette société n’effectuant pas d’opération financière, l’immatriculer dans ces territoires permet de réduire les formalités."

A l’appui de cette explication, on constate par exemple que la participation de Maurel & Prom au capital de Zetah Kouilou Ltd (enregistrée aux Bahamas et présente dans les fichiers des Panama Papers) passe de 65% à 15% en 2007, la même année que la cession de la même proportion du permis d’exploration de Kouilou à ENI Congo SA en même temps que d’autres actifs au Congo pour un montant global de 1,4 milliard de dollars.

Pour Maurel & Prom, "cela n’a aucun intérêt puisque nous ne recourons pas au financement sur ces permis et finançons sur fonds propres nos activités d’exploration", répond son directeur financier adjoint Marc de Rodellec, joint par l’Usine Nouvelle. Maurel & Prom, touchée par la chute du prix du pétrole, vient d’ailleurs de réduire ses activités d’exploration au strict minimum pour se concentrer sur ses activités génératrices de cash-flow au Gabon, en Tanzanie et au Nigeria.

Marc Rodellec rappelle qu’au Gabon, où Maurel & Prom a constitué entièrement sa structure juridique, le groupe "n’a pas eu recours à ce type de montage". Alors que là, à la différence du Congo, l’activité génère des marges. L'objectif n'était donc pas de soustraire des flux financiers aux obligations de reporting.

Désengagement fin 2015

La junior pétrolière française a bien conservé jusqu’en 2015, comme l’affirme Le Monde, une participation dans Zetah Noumbi Ltd., immatriculée aux Bahamas. Elle n’y est pas majoritaire mais bien actionnaire principal, avec une participation de 49% que nous confirme le groupe. Participation qui figure dans des documents financiers de Maurel & Prom disponibles en ligne jusqu’en 2013, mais disparaît ensuite. Ces mêmes documents attestent que le président de Maurel & Prom Jean-François Hénin a été administrateur de Zetah Noumbi Ltd et Zetah Kouilou Ltd au moins jusqu’en 2010.

Marc Rodellec nous affirme que cette participation dans Zetah Noumbi a été "cédée fin 2015, lors de la cession de l’ensemble des actifs congolais du groupe", sans donner plus de précisions sur son acquéreur. Selon nos informations, l’ensemble des actifs congolais de Maurel & Prom restants ont en réalité fait l’objet d’une dépréciation complète qui apparaîtra dans le document de référence qui sera publié dans quelques jours. Le groupe "n’a plus aucune activité au Congo", confirme son directeur financier adjoint.

Que devient Zetah Noumbi ?

Le reste de son capital était détenu, récemment encore, par l’italienne ENI à travers sa filiale Burren Energy Congo Ltd (elle aussi immatriculée aux Bahamas). ENI était co-titulaire jusqu’à une date récente du permis de la Noumbi (opéré par Maurel & Prom).

Dans un rapport sur ses participations (téléchargeable ici) daté du 30 juin 2014 – donc après leur cession par Maurel & Prom –, la compagnie pétrolière italienne déclare également des participations majoritaires, via ses filiales Burren Energy Congo Ltd  et ENI Congo SA, dans Zetah Congo Ltd et Zetah Kouilou Ltd, toutes deux immatriculées à Nassau.

Myrtille Delamarche

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1 commentaire

Nom profil

08/04/2016 - 10h35 -

Même présenté comme ça, comme on à pu voir dans les reportages...C'est bien de la magouille pour ne pas savoir qui est derrière chaque société, avec des prête nom....Un vrai scandale.
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