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Quotidien des Usines

Comment limiterla casse socialeDe nombreux foyers sociaux s'allument. Les enjeux économiques sont dramatisés par le contexte pré-électoral. Principale marge de manoeuvre des pouvoirs publics : une politique de revitalisation des territoires.

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Publié le

L'Etat ne peut pas tout ! » Cette phrase de Lionel Jospin lui a sans doute fait perdre l'élection présidentielle. La gauche baissait les bras, la droite les relève ! Nicolas Sarkozy, lui, affirme sans cesse la prééminence du politique pour le maintien d'un tissu industriel national. Surtout alors qu'approchent les élections municipales et que s'allument les clignotants rouges sur la carte de France : Kléber à Toul, Ford à Bordeaux, Salomon à Rumilly, dont le plan de restructuration vient d'être suspendu en référé. Et bien sûr, ArcelorMittal à Gandrange, l'un des derniers bastions de la sidérurgie.

En recevant lundi Lakshmi Mittal, le PDG d'ArcelorMittal, pour l'interpeller sur son plan de suppressions d'emplois sur le site lorrain, Nicolas Sarkozy montre son attachement à l'industrie française. Pourtant, sa marge est étroite. Il répond positivement à l'appel des salariés et des syndicats, et indique à leur patron que l'Etat fera tout pour que le maximum d'emplois soit préservé. Pourtant, non, l'Etat ne peut pas tout. Même si un directeur d'usine retenu sur le site par des salariés en colère et des forces de l'ordre qui interviennent sont des signaux désastreux en cette période. « Pour éviter un tel engluement, il faut une volonté du groupe, au plus haut niveau, de régler correctement les choses. Or, c'est un choix d'ordre politique ! », explique un professionnel de la revitalisation.

Pourtant, à de rares exceptions près, on entend peu parler de grands groupes qui conduisent en permanence des restructurations. Ainsi, à Gandrange, selon Lakshmi Mittal, il n'y aura pas de suppressions d'emplois. Chaque salarié pourra être reclassé dans les usines de la région. Outre ces propositions soutenues par un fonds de 20 millions d'euros, le groupe investira 65 millions sur son autre site lorrain de Florange.

mettre les territoires en ordre

Pour la fermeture de Kléber Toul, Michelin, sa maison mère, anticipe aussi : deux postes sont proposés à tous les salariés du site dans l'une des seize usines françaises du groupe. Prime à la mobilité, contrat de transition professionnelle, cet autre leader mondial compte déployer tous les outils mis à sa disposition pour limiter la casse. Coût de cette réindustrialisation : 130 millions d'euros. A l'image de Michelin, de Thomson, de Total, de Saint-Gobain, Schneider Electric dispose depuis 2001 d'un service du « développement durable » avec pour mission d'insuffler une politique engagée sur le plan social, économique et environnemental.

Face à ces industriels « responsables », que peut faire l'Etat ? « Appliquons déjà le cadre législatif avec équité ! s'insurge un acteur de la revitalisation. Selon les cas, le préfet se contente du minimum légal de deux fois la valeur du Smic par emploi supprimé. Ailleurs, il en réclame le double... » Au-delà d'un manque de doctrine en la matière, il faut également mettre les territoires en ordre, en définissant des axes de développement. Nicolas Sarkozy ne reconnaissait-il pas récemment le besoin d'être dans une logique « proactive », consistant à anticiper ? C'est depuis 2006 la mission du pôle interministériel de prospective et d'anticipation des mutations économiques, le Pipame. Ses priorités seraient aujourd'hui les secteurs du bois, de la logistique et de la carte à puce.

A Bercy, on vient par ailleurs de créer un groupe de travail sur la revitalisation. Objectif ? Elaborer un vade-mecum pour préciser le rôle de chacun. Une première réunion a eu lieu mi-décembre, son travail doit s'achever fin mars.

Car certains dossiers chauds, tel Heuliez (lire page 18) ou Ford s'annoncent de loin. A Blanquefort, syndicats et salariés travaillent sur un projet autour du « véhicule propre », tout comme Heuliez. Et la SVE, filiale de Dassault, réfléchit à implanter, en Gironde, une unité d'assemblage de systèmes de batterie lithium-ion développés par Saft. La voiture électrique pour sauver Bordeaux ?

Confrontés à divers problèmes, de grands groupes font ainsi le choix de fermer des sites, quand d'autres cherchent des repreneurs ou optent pour des actions de revitalisation des territoires... Dans chacun des cas, nombreuses sont les réussites, mais aussi les échecs. Revue de détail dans les pages qui suivent.

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