Comment les start-up e-santé de l’Afrique peuvent inspirer la France

La fondation Pierre Fabre vient de dévoiler un observatoire recensant les meilleurs projets de santé numérique à travers l’Afrique et l’Asie. Dans l’espoir, pourquoi pas, que certains soient ensuite transposés en France pour répondre à des enjeux comme les déserts médicaux…

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Comment les start-up e-santé de l’Afrique peuvent inspirer la France

Ce lundi 4 juillet, la fondation Pierre Fabre dévoilait une initiative unique au monde : un observatoire de la e-santé, recensant des initiatives digitales en faveur de la santé publique développées à travers l’Afrique et l’Asie. Application mobile pour suivre la santé des mères et de leurs enfants, carnet électronique de vaccination, téléconseil médical… Grâce aux enquêtes de terrain menées par des experts du numérique, le Catel et StartupBRICS, les cinquante projets les plus matures ont été sélectionnés au sein d’une base de données libre d’accès, dans l’espoir de valoriser les bonnes pratiques.

Certes, il reste déjà du chemin à parcourir pour les pérenniser. "Leurs fondateurs ont des compétences souvent acquises dans les universités africaines et calquées sur le modèle d’excellence à la française, mais il faut leur apporter la culture du code et du design thinking, la compréhension des enjeux digitaux", observe Gilles Babinet, le Digital Champion de la France. Il a soufflé l’idée d’utiliser le digital à Béatrice Garette, la directrice générale de la fondation Pierre Fabre, dont l’ambition est d’améliorer l’accès aux médicaments et aux soins de qualité dans les pays les moins avancés. "C’est le meilleur rapport impact–coût et c'est très adapté aux pays émergents", confie-t-il.

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Partager les médicaments achetés

Avant même l’idée d’un business potentiel à saisir, ces projets sont souvent nés d’histoires personnelles. Comme celle d’Adama Kane, le fondateur de la start-up Jokko$anté au Sénégal. Durant six ans, sa femme a enchaîné les fausses couches et les traitements, avant la naissance de leur enfant en 2013. "C’est en rangeant le chambre pour accueillir le futur bébé que nous avons réalisé que nous avions accumulé une quantité incroyable de médicaments non utilisés, raconte-t-il. La plupart des boîtes n'étaient même pas ouvertes mais périmées. Or des voisins ou des cousins avaient certainement eu à acheter les mêmes médicaments."

Au Sénégal, les médicaments représentent 52 à 72 % des dépenses de santé des ménages. Ingénieur au sein de la Sonatel-Orange, le premier opérateur téléphonique du pays, Adama Kane a mis au point le site jokkosante.org, afin de faciliter l'accès à un médicament de qualité pour tous. Les patients y précisent la référence de la spécialité ainsi que la quantité qu'ils souhaitent déposer et se voient crédités d'un certain nombre de points. Ces derniers peuvent être utilisés pour acheter d'autres médicaments financés par la RSE d’entreprises et achetés à des pharmacies agréées.

Dépôts comme retraits sont effectués dans des structures de soin locales. Le projet pilote, soutenu par la BNP, Sonatel-Orange et l'ONG Raes, est en cours de déploiement au Sénégal, avec l’ambition d’atteindre cinq autres pays africains d’ici 2018. Mais Jokko$anté vise également d'autres régions du monde. "Notre système pourrait être utilisé dans les pays riches, estime Adama Kane. On sait qu’en France, 50% des stocks de médicaments se trouvent chez les particuliers !"

Répondre aux déserts médicaux, a l’engorgement des urgences...

Un fantasme ? Pas si sûr… Les partenaires de l’Observatoire regardent déjà comment étudier la transférabilité du Sud vers le Nord de ces initiatives. Car certaines d’entre elles pourraient répondre aux enjeux de nos pays, comme les déserts médicaux, l’engorgement des urgences, le développement de l’automédication…

"Ces innovations surprenantes pourraient inspirer les professionnels de santé des pays du Nord, estime Samir Abdelkim, le fondateur de StartupBRICS, spécialiste des écosystèmes startups africains. Elles prouvent que malgré les contraintes, il est possible grâce au numérique d’inventer des solutions et de sauver des vies. Or les déserts médicaux ne se trouvent pas qu’au sud du Maroc ou dans les zones forestières du Cameroun…" Ainsi, le projet de télémédecine Domoplaies est expérimenté en parallèle dans des zones rurales du Cameroun et deux régions françaises : le Languedoc-Roussillon et la Basse Normandie. Une application pour smartphone permet d’envoyer des photos et d’obtenir des avis auprès de réseaux de spécialistes des plaies. Pour toucher les patients ne disposant pas de connexion wifi ou 3G au Cameroun, une liaison satellite a même été établie avec le CHU de Montpellier.

Gaëlle Fleitour

Tirer parti de la nouvelle stratégie e-santé 2020

Le 4 juillet, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a présenté sa stratégie nationale pour le développement de la e-santé à l’horizon 2020. Objectifs ? "Accompagner les acteurs du système de soins dans le virage numérique et permettre à la France de rester à la pointe en matière d’innovation". Une opportunité pour les entreprises. Car un plan "big data en santé" devrait permettre de développer la médecine connectée (applis de suivi à distance ou d’interprétation des données médicales pour assister les médecins dans leurs diagnostics). Des appels à projets et living labs seront lancés pour encourager la co-innovation entre professionnels de santé, citoyens et acteurs économiques.

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