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L'Usine Matières premières

Comment les professionnels de l'environnement veulent accélérer la valorisation des biodéchets

Franck Stassi ,

Publié le

Pour accroître le taux de 40% de valorisation des biodéchets, les professionnels proposent d’insister sur la qualité des produits et sur la compétitivité tarifaire de ceux-ci.

Comment les professionnels de l'environnement veulent accélérer la valorisation des biodéchets
Les déchets verts peuvent être valorisés.
© Tiru

Seuls 40% des biodéchets (la partie fermentescible des déchets des ménages, les déchets biologiques de la grande distribution et les déchets verts des collectivités) sont valorisés, regrette la Fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement (Fnade). 18 millions de tonnes sont générées chaque année.

"Il faut passer d’une logique de compost, que l’on n’arrive pas à vendre, à une logique de biofertilisants. Il faut également inciter à la consommation de produits tels que le biométhane", lance à L’Usine Nouvelle son président, Jean-Marc Boursier, également directeur général adjoint de Suez. Un tiers des biodéchets valorisés le sont sous forme énergétique, et deux tiers sous forme de matières destinées à l’agriculture.

"Le vrai sujet est celui de la qualité du retour au sol, avec le pacte de confiance qui doit être élaboré cette année suite à la feuille de route pour l’économie circulaire. Au-delà de la qualité, la traçabilité et la cohérence du geste de tri est indispensable", résume Edouard Van Heeswyck, chargé de mission valorisation des déchets organiques au ministère de la Transition écologique et solidaire, invité d’une table ronde organisée par la Fnade jeudi 31 mai à Paris. Les particuliers doivent non seulement connaître les bonnes pratiques, mais aussi les bons outils. "Il y a des risques issus du stockage des biodéchets. Il faut maîtriser les bactéries pathogènes. A la maison, il ne faut pas conserver trop longtemps le bio-seau ; pour les collectivités, il faut ramasser rapidement les biodéchets", précise Isabelle Zdanevitch, ingénieur de recherches à l’Ineris.

"Le principal frein n’est pas la population, mais les élus"

Dans le Haut-Rhin, la communauté de communes de Thann-Cernay (180 000 habitants) s’est lancée dans la valorisation des biodéchets en 2010 à la faveur d’une modernisation nécessaire des installations de recyclage. Pour aider au traitement de 13 000 tonnes de biodéchets issus des particuliers et de 2 000 tonnes de déchets verts, le département avait accompagné le lancement du dispositif en équipant les foyers de bio-seaux qui n’étaient pas ventilés – l’équipement a été amélioré ensuite.

Depuis, la collectivité produit du compost mis à disposition des agriculteurs, qui disposent d’un produit local pour leurs sols. Des camions bicompartimentés permettront, d’ici à deux ans, de réduire la fréquence de la collecte des ordures. "Le principal frein, ce n’est pas la population, mais les élus, par méconnaissance, souvent, du sujet", indique Michel Knoerr, président du syndicat mixte de Thann-Cernay.

"Les entreprises n’ont pas d’objectif de service public"

La question des capacités de traitement se pose par ailleurs, rappelle Sophie Gillier, chargée de mission pour la Fédération des enseignes de la grande distribution Perifem. "Nous avons fait des retours au ministère sur les manques de capacité. Les déchets de la distribution, ce ne sont pas des déchets ménagers : nous avons, comme les autres acteurs de l’agroalimentaire, des produits pas consommables ou retirés de la vente, soumis à des autorisations sanitaires", rappelle-t-elle par ailleurs. Les biodéchets étant à la fois suivis par les ministères de la Transition écologique et solidaire, de l’Agriculture et de l’Alimentation, et de l’Economie, les acteurs réunis par la Fnade appellent à une plus grande cohérence dans le traitement du dossier et en matière de réglementation.

Pour développer la valorisation des biodéchets, l’enjeu est également économique, souligne Jean-Marc Boursier : "les entreprises n’ont pas d’objectif de service public. On produit du compost parce qu’on a un client. Par ailleurs, si l’on veut faire des fertilisants qui se substituent à ceux des chimistes, il faut que l’on soit moins chers. Dans l’énergie, le prix du gaz est faible, donc il faut qu’on incite nos clients à passer au gaz vert". Il appelle les pouvoirs publics à maintenir les aides prévues par le fonds déchets de l’Ademe, à développer le rachat bonifié de l’énergie verte, et à promouvoir les redevances incitatives pour réguler les flux de déchets.

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