Comment les entrepreneurs bretons tentent d'éviter une nouvelle affaire Lactalis

Pour apaiser les tensions entre agriculteurs, industriels et grande distribution, l’association Produit en Bretagne expérimente un forum réunissant tous les grands acteurs bretons du secteur agroalimentaire.

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Comment les entrepreneurs bretons tentent d'éviter une nouvelle affaire Lactalis

L’été dernier, le conflit entre le géant Lactalis et les éleveurs laitiers du grand Ouest avait enflammé le secteur agroalimentaire. Exemple médiatisé des tensions qui règnent entre agriculteurs, industriels et grande distribution. Alors que la Bretagne est la première région agroalimentaire française, l’association Produit en Bretagne, qui représente 380 entreprises bretonnes (à 37 % dans l’agroalimentaire), a décidé de s'emparer du problème sous la houlette de son nouveau président, Loïc Hénaff, par ailleurs président du directeur de l’entreprise éponyme. Lors d’une conférence organisée à la Maison de la Bretagne à Paris, mardi 10 janvier 2017, ce dernier a détaillé l’initiative lancée discrètement depuis juillet 2016 : le Forum Agro Agri Distri.

Un contexte et une image dégradée

Objectif, "mieux intégrer le maillon amont de la filière (agriculture et pêche) en réunissant, de façon tripartite, les interlocuteurs clés autour d’actions concrètes". "Il y a un an, le contexte était particulièrement difficile, avec des revenus agricoles insuffisants sur les filières (lait, porc, bœuf), des négociations très difficiles (…) et des sujets qui fâchent", comme l’importation à 80 % de la volaille consommée dans les cantines de collectivités, raconte Loïc Hénaff. Face aux actions qui ont pu dégénérer, "nous nous sommes dit : ce n’est pas possible que cela existe en Bretagne, pas entre nous…" D’autant que l’image des métiers et des produits du secteur en a pâti…

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L’association tente désormais de promouvoir le dialogue, afin de "recréer un climat de négociations apaisé, et s’engager ensemble sur des actions créatrices de valeurs". Deux réunions réunissant une quarantaine d’acteurs ont eu lieu durant le second semestre. Autour de la table, tous les représentants de la grande distribution bretonne (Leclerc, Intermarché, Système U…), des entreprises (Triballat, Even, Hénaff…), des syndicats et organisations agricoles (FRSEA, Agriculteurs de Bretagne….), des groupements (Cooperl…), sans oublier "tous les acteurs majeurs du lait, de gros acteurs de la viande"

Faire découvrir l’industrie aux jeunes agriculteurs

De ces rencontres, Produit en Bretagne a dégagé trois chantiers prioritaires. Mieux former les jeunes agriculteurs aux apports et contraintes de leur écosystème, en leur faisant découvrir l’industrie et la distribution dans les écoles ou via des stages. Sensibiliser les consommateurs aux trois maillons de la filière, en lançant une action de communication dans une vingtaine de points de vente. Et enfin valoriser les produits locaux dans les appels d’offres de la restauration collective, en tirant parti de la démarche Breizh’Alim lancée par la région Bretagne. Prochain rendez-vous du forum au printemps.

L’impact de l’embargo russe

Les négociations n’en resteront pas moins serrées entre les différents acteurs. Mais les entrepreneurs bretons espèrent au moins améliorer le climat d’affaires dans une conjoncture difficile, liée notamment à l’embargo russe sur les produits alimentaires occidentaux. Ce dernier aurait ainsi porté atteinte à 1,17% de l’emploi agroalimentaire en Bretagne, selon une étude d’un chercheur de l’Inra publiée en mai dernier.

Gaëlle Fleitour

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