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L'Usine Energie

Comment les énergies renouvelables sont devenues la principale source d'électricité en Allemagne

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Publié le , mis à jour le 04/01/2019 À 14H59

Bonne nouvelle [Actualisé] Les énergies renouvelables sont passées en 2018 en Allemagne devant le charbon et le lignite, en représentant un peu plus de 40% de la production nationale d'électricité, selon une étude de l'institut Fraunhofer. Même si combinées, les énergies fossiles restent majoritaires dans le mix électrique du pays. Qu'en retenir pour la France?

Comment les énergies renouvelables sont devenues la principale source d'électricité en Allemagne
Les énergies renouvelables sont devenues en 2018 les principales sources d'énergie en Allemagne. Photo: le plus grand parc solaire allemand.
© First solar

L'Allemagne, qui a décidé d'abandonner le nucléaire d'ici 2022 et prévoit une sortie ordonnée à plus long terme de l'énergie au charbon (38% de la production en 2018), prévoit que les énergies renouvelables représenteront 65% de sa production totale d'électricité d'ici 2030.

En 2018, ces dernières sont devenues les principales sources d'énergie dans le pays si on les combine, devant le charbon et le lignite, et représentent un peu plus de 40% de la production nationale d'électricité, selon une étude rendue publique le 3 janvier par l'institut des sciences appliquées Fraunhofer.

Hausse de 4,3% de la production d'énergie solaire, éolienne, de biomasse et hydroélectrique

Cette étude montre que la production cumulée d'énergie solaire, éolienne, de biomasse et hydroélectrique a augmenté de 4,3% l'an dernier pour représenter 219 térawatt-heures (TWh) d'électricité. La part des énergies vertes était de 38,2% en 2017, contre seulement 19,1% en 2010.

L'énergie solaire a augmenté de 16%, à 45,7 TWh, grâce à un été chaud et prolongé. L'industrie éolienne a produit 111 TWh, soit 20,4% de la production totale d'électricité en Allemagne. L'hydroélectricité n'a représenté que 3,2% de la production d'électricité, avec 17 TWh, à cause des faibles précipitations. La production de biomasse a représenté 8,3%.

38% de charbon importé ou de lignite

Le pays ne renonce pas pour autant au charbon, exploité à ciel ouvert ou importé, qui représente 38 %, en baisse de 1,1 point.

Les centrales au charbon utilisant du charbon importé ont ainsi fourni 75,7 TWh, soit 13,9% du total. La dernière mine de houille allemande, Prosper Haniel, a d'ailleurs fermé le 21 décembre. Mais les houillères ont depuis longtemps été supplantées par les mines de lignite à ciel ouvert et, pour les installations qui ne supportent pas ce charbon bon marché de piètre qualité, par de la houille importée d’Asie ou d’Australie.

Selon Fraunhofer, la production d'électricité à base de lignite reste donc stable depuis 2010, représentant toujours 24% de la production d'électricité allemande. Même si une commission a été chargée par Angela Merkel de plancher sur la sortie progressive du charbon et du lignite, qui émet encore 46% du CO2 du secteur énergétique allemand, et plus que le trafic routier du pays. .

Les centrales à gaz ont représenté 7,4% du total et l'énergie nucléaire 13,3%.

Et l'Hexagone?

Qu'en est-il de la France? Au deuxième trimestre 2018, selon le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE), la production des énergies renouvelables avait représenté 31% de la consommation d'électricité. Un niveau historiquement élevé dans le mix énergétique depuis les années 1960 qui correspondent à l’”apogée” de l’hydroéletricité. La production hydroélectrique à elle seule en constitue 20% ; les 10% restants sont répartis entre les filières éolienne, solaire photovoltaïque, et les bioénergies conséquentes. Le but du renouvelable est d’arriver à 40% de la production, en année pleine, en 2030.

"L'éolien terrestre et le photovoltaïque sont compétitifs", assure d'ailleurs le patron du Syndicat des énergies renouvelables dans un entretien à L'Usine Nouvelle. Pour Jean-Louis Bal, le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie de la France comporte néanmoins un risque pour le développement des filières industrielles émergentes.

<< Retrouvez cette interview ici:

Mais la France ne figure encore qu'en troisième place européenne des emplois dans les renouvelables avec 107 000 emplois, dont 30 000 dans la biomasse et les biocarburants, selon le dernier décompte de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena). Un nain sur le plan mondial (0,12%) pour les emplois dans les renouvelables. C’est trois fois moins que l’Allemagne et ses 325 000 emplois, dont 160 100 dans le seul éolien.

Une tendance amorcée à travers le monde

Selon Bloomberg, en 2050 à travers le monde, 64% de l’électricité sera d’origine renouvelable, alors qu’elle était encore pour deux tiers fossile en 2017. 48% de l’électricité sera produite à moitié en éolien et à moitié en photovoltaïque, le reste venant de l'hydraulique ou d’autres types d’énergies renouvelables. Sur les 11 500 milliards de dollars qui seront investis en 33 ans dans 13 157 GW de nouvelles capacités de production, 86% iront à des technologies zéro émission, dont 73% dans l’éolien et le solaire (8 400 milliards de dollars).

avec Reuters (Vera Eckert; Guy Kerivel pour le service français)

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4 commentaires

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04/01/2019 - 18h30 -

si les energies renouvelables sont compétitives voila une excellente nouvelle ;on va pouvoir supprimer les tarifs garantis et le subventions j'espère que ce commentaire passera sinon inutile de prévoir un espace pour réagir
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04/01/2019 - 14h49 -

En complément de mon commentaire précédent, j'ajoute que même si la part de renouvelable dans la production d'électricité en Allemagne est sensiblement supérieure à celle de la France, le taux d'émissions de CO2 y reste très largement supérieur. En effet, selon la source https://www.electricitymap.org/?page=map&solar=false&remote=true&wind=false , il est de : - 78 gCO2eq/kWh en France, - 318 gCO2eq/kWh en Allemagne. Le CO2 n'est certes pas la seule source d'impact environnemental, mais même les renouvelables ne sont pas sans impact. Le "modèle" Allemand est-il tant que cela un modèle ? Enfin la question du prix de l'électricité est totalement éludée, alors que ce paramètre reste fondamental sur une énergie qui est considérée comme un produit de 1ère nécessité.
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04/01/2019 - 14h41 -

Il serait bien de veiller à ne pas confondre "énergie" et "électricité". Cette dernière, il faut le rappeler, ne représente qu'une part minime de l'énergie totale consommée (en France et alors que la part du chauffage électrique y est plus importante que dans beaucoup d'autres pays celle-ci est de l'ordre de 20 %). Il ne faut pas oublier l'énergie consommée pour le chauffage, pour les déplacements, dans certaines industries, qui sont encore très majoritairement issues de sources carbonées non renouvelables (pétrole, gaz et charbon). L'article semble porter sur la production d'électricité (sans même préciser de quoi il s'agit : production ? consommation ?, à préciser car dans le 1er cas, il ne faut pas oublier les importations). Avant de vouloir plaquer des schémas venant de pays voisins et certes volontaires en la matière, il serait bon de mieux décrire le contexte pour pouvoir réellement comparer ce qui est comparable.
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04/01/2019 - 11h21 -

1) Les ENR ont atteint 40% du mix électrique allemand et non pas énergétique. L'électricité ne concerne qu'une part très minoritaire du mix énergétique. Le reste (la conso de gaz et de pétrole) reste totalement à "transitionner", comme partout. 2) Dans la description du mix électrique allemand, le plus problématique a été oublié : la lignite, qui assure pourtant de l'ordre de 15% de leur mix électrique, et une large partie de leurs émissions polluantes. 3) Quittes à mettre toutes les ENR dans le même panier, autant mettre aussi tous les fossiles dans le même panier. Mais alors les fossiles redeviennent prépondérants dans leur mix. 4) Le plus logique, face à la vraie urgence qu'est le climat, aurait été d'afficher la proportion d'énergie décarbonée dans leur mix électrique. Dans ce cas, elle dépasse à peine la moitié en Allemagne, ce qui est un résultat assez médiocre.
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