Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Maroc

"Comment le Maroc va développer 12GW en renouvelables d'ici à 2030", selon Mustapha Bakkoury, président de Masen

Publié le

L'agence publique Masen pilote officiellement depuis fin septembre l'ensemble des projets renouvelables au Maroc. Alors que le nouveau cadre institutionnel se mettait en place, L'Usine Nouvelle a rencontré à Casablanca Mustapha Bakkoury, son président. Celui qui est aussi président de la région Casablanca-Settat fait le point sur les énormes projets à venir de Masen et ses relations avec l'Office public de l'électricité ONEE ou les industriels marocains qui attendent des retombées des projets alors que le pays veut porter d'environ un tiers à 52% la capacité électrique en renouvelables.

Comment le Maroc va développer 12GW en renouvelables d'ici à 2030, selon Mustapha Bakkoury, président de Masen

Les entreprises citées

L'Usine Nouvelle : Quelle route prendre pour parvenir à l'objectif ambitieux de 52% de la capacité électrique installée en 2030 ?
Mustapha Bakkoury : L'objectif des 52% en 2030 est précédé par l'objectif de 42% à horizon 2020 qui est toujours en cours. L'an dernier après analyse, nous avons été rassurés par la faisabilité du premier objectif à 42%. Ce qui a conduit au second. L'objectif de 52% a été construit par rapport à une logique d'ambition et de chiffrage. Il fallait attester de potentiels de ressources solaires, éoliennes, hydroélectriques et éventuellement d'autres.

Nous avons également ouvert la porte pour explorer d'autres sources d'énergies comme la biomasse ou les énergies marines. Ce ne sont pas des objectifs immédiats mais il faut préparer l'avenir.

Nous avons lancé les renouvelables avec l'idée d'en faire un pilier structurel des métiers énergétiques au Maroc. L'idée est d'aller le plus loin et le plus longtemps possible. Il faut garder à l'esprit que nous devons adresser les besoins électriques concrets de notre économie.

Sur quelle capacité raisonnez-vous?
La capacité électrique actuelle du Maroc est d'un peu moins de 10 GW. En 2030 elle devrait plus que doubler compte tenu de la hausse de la demande. Logiquement on devrait dépasser 24 GW y compris le charbon, le gaz et le pétrole. Selon nous, il y aura alors deux bases importantes, le renouvelable et le gaz naturel d'un côté [notamment dans le cadre d’un grand plan GNL à venir NDR] et le reliquat des autres fossiles de l'autre.

Il s'agit donc bien de 52% de la capacité de 2030 [contre 33% aujourd’hui NDR]. Le renouvelable ferait un peu plus de 12 GW. On rajoutera encore 3GW d'ici 2020 et 6GW de 2020 à 2030 au minimum. Pour 2020, le plan de marche a été validé. Celui-ci comprend Noor 2,3 et 4, le plan éolien qui est déjà bien avancé. Dans le photovoltaïque, nous avons plusieurs projets. Il y a aussi le projet Midelt préfiguration de plusieurs autres projets qui va apparaitre dès l'an prochain.

Où en est-il ?
Le process a commencé. Le site a été identifié. La préqualification pour Midelt est en cours et devrait être finalisée avant la fin de l'année.  C’est un projet hybride qui sera décliné ailleurs. Il mixera CSP avec stockage et PV avec une petite capacité de stockage pour réguler la production. C'est une centrale qui ne fonctionnerait pas 24h sur 24 mais en fonction des besoins. L'objectif est de couvrir les périodes de pointe avec une relative aisance et d'avoir de la puissance pendant la journée   

Qui du cadre institutionnel de Masen ?
La centrale Noor 1 inaugurée le 4 février par Sa majesté est opérationnelle (photo ci dessouq), l'objectif 2020 est dans les tuyaux. Il faut désormais enclencher ce qu'il faut pour tenir le défi de 2030. Pour cela, l'Etat a procédé à cette reconfiguration institutionnelle, qui a été sanctionnée par une modification législative des textes régissant les acteurs comme l'ONEE, Masen qui pilote désormais toutes les ENR, l'Aderee renommé AME qui s'occupe de l'efficacité énergétique. Ces lois sont promulguées, le dispositif est en place.

De plus à cette occasion, le lien entre Masen et l'ONEE va être renforcé. Ce processus a abouti a des promulgations de lois. Depuis fin septembre, Masen -Moroccan Agency for Solar Energy est devenu Masen The Moroccan Agency for Sustainable Energy son nouveau nom avec une nouvelle identité visuelle. Ce volet institutionnel ouvre la voie au volet opérationnel. Le transfert des projets de l’ONEE, la prise en mains de nouveaux projets, et après il faudra explorer les synergies à déployer.

Le regroupement autour de Masen de toutes les ENR, c'est une victoire pour vous?
Je n'ai aucune considération personnelle dans cette affaire. L'idée derrière cette reconfiguration est de franchir une nouvelle étape en allant vers 2030 et de continuer à explorer tout ce qui peut être généré comme retombées positives dans l'économie.

Comment va se passer le mode opérationnel ?
Par la recherche de synergies dans le pilotage des projets éolien et solaire. Il ya des économies et des optimisations à réaliser. D'autres possibilités d'intervention ne sont pas exclues.

L'Onee était investisseur pour son compte dans ses moyens de production, Masen le fera …

Justement aujourd'hui on se donne des possibilités nouvelles. Il faut investir pour servir l'ONE mais de ne rien exclure par ailleurs. Il faut élargir pour adresser les usages sans forcément passer par l'électrique. Les possibilités de coopération au niveau continental et international font également partie de cette approche. D'autres investisseurs ne sont pas exclus.

Est-ce le cas aujourd'hui ?
Nous sommes déjà investisseurs dans nos projets. Nous y avons jusqu'à présent pris systématiquement 25%. Ce positionnement peut s'approfondir. Nous avons créé une coentreprise avec une société française Alcen sur le Fresnel avec l'idée de pousser des projets aussi bien au Maroc qu'à l'extérieur. Et l'on reste ouverts tout en ayant une bonne approche des risques.   

Pas moins de 12 Gw à réaliser en plus, ça fait au bas mot 12 milliards d’euros de plus de financement ?

Sur le chiffre, je ne sais pas. Masen travaille pour que le coût baisse au Mw et que les 12 Gw soient utiles. Dès que l'utilité existe et que nous sommes dans logique d'optimisation c'est forcément finançable par mon économie parce que je vais vendre mon service. Si je ne fais pas de renouvelable et que je fasse du fossile les 12 Gw j'en ai toujours besoin. C'est notre chance. Nous avons besoin de cette électricité. C'est plus facile quand on doit substituer à l’avenir. Il faut saluer le Maroc parce qu'il a osé prendre cette décision au moment où il doit développer des capacités. Si tous les pays prenaient des décisions du même type, le monde se porterait beaucoup mieux.

Est-ce que vous diriez que les renouvelables aujourd'hui restent plus chère que le conventionnel, notamment ls centrales charbon qui assurent aujorud'hui la moitié de la production électrique du Maroc ?

Ca dépend de ce que l'on fait. Il faut tenir compte de la durée de vie comptable du projet.  La durée de vie d'un projet bien conçu est supérieure à la durée d'amortissement des crédits. Et cela n'est pas pris en compte dans les calculs. Il faut calculez ce prix sur une durée de 25 ans. La force du renouvelable est que l'énergie est quasi gratuite. On a une visibilité sur le prix de revient. Prenez deux prix : celui d'un kwh fossile et celui d'un kwh renouvelable. Par nature j'ai une visibilité sur le renouvelable sur la durée du projet. Pour le fossile si je veux la même je dois acheter une option à long terme. Mais vous n'allez trouver personne sur le marché pour cela. En réalité et au contraire, je pourrais dès demain vendre des options sur la base d'un projet renouvelable. C'est une valeur dont peu tiennent compte.

 

Pourquoi avoir choisi le CSP au départ du plan solaire?

Nous avons estimé qu'il fallait que le renouvelable et en particulier le solaire puisse démontrer sa capacité de se substituer au fossile. Le photovoltaïque ne le permet pas. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'opposer le photovoltaique au CSP. Ce sont deux usages complémentaires.

Pour le premier projet Noor se contenter du photovoltaïque, n'aurait pas fait jouer au solaire le rôle de substitution, que nous recherché à terme. Il fallait que nos premiers projets le démontrent d'un point de vue technique et économique sans se fermer aux autres technologies. D'ailleurs nous développons le PV. Mais tenir ce discours au départ tant que l'on ne passait pas à l'action il n'était pas audible. Aujourd'hui les gens voient bien que nous sommes du mix énergétique et que nous sommes aussi sur une logique de compétitivité économique globale. Il va falloir regarder tous les projets et c'est leur somme qui fait que notre stratégie renouvelable ait un sens. Le CSP par exemple était la bonne brique au bon moment. Il y a aussi la question du stockage qui se pose parce qu'on a un problème de pointe. Nous sommes en  phase d'investissement. Il faut que les capacités nouvelles viennent couvrir la pointe car si on ne la couvre pas on va brimer le développement économique, la dynamique d'urbanisation…

Quel est le prix du Kwh de Noor 1 ?
1,67 dirham par Kwh. C'est 0,14 cent d'euro et que je ne comparerai jamais au PV parce que ce n'est pas le même KWH.  C'est notre prix d'achat au développeur. Nous avons un contrat avec l'ONEE sur la base duquel nous vendons notre électricité. Le deal que nous avons fait et c'est là toute l'originalité de notre travail au Maroc Nous avons dit : on va développer le solaire sans que le consommateur et donc l'ONEE n'ai à en supporter les conséquences. Il fallait protéger l'ONEE sinon il n'aurait aucun intérêt à le faire sachant que nous sommes en train de gérer une transition.

Aujourd'hui c'est un coût élevé par rapport à ce que paie le consommateur Mais c'est un nouveau palier mondial sur le CSP. D'ailleurs Noor2 et Noor3 sont 15% et de 12% moins chers. Nous sommes sur cette bonne dynamique. J'ai une visibilité car mon prix va bouger légèrement sur 25 ans alors que ce que paie l'ONEE va suivre l'inflation. Le gap va se rétrécir avec le temps.

Pour compléter il faut savoir que l'ONEE paie à Masen ce que le consommateur paie. Le deal que nous avons fait avec l'ONEE est qu'il ne fasse ni perte ni gain. Le différentiel c'est mon travail de trouver le bon modèle économique pour que l'Etat en paie le moins possible. D'où cette dynamique d'optimisation. Masen ne fait pas de projet, il développe un modèle économique pur que tout cela puisse se tenir. Il ne faut pas me juger sur Noor 1,Noor 2 ou Noor 3 mais sur la stratégie globale et sur une certaine période.

Le différentiel de prix est-il pris en charge par l'Etat ?
L'Onee achète de l'électricité sans gain ni perte. Il existe différents prix selon que l'on soit en période de pointe ou pas. Un prix moyen est ensuite calculé. J'ai un écart sur Noor 1 de 30% par exemple qui va se réduire par la suite. Le bilan de Masen porte ce gap que je rétrécis avec le temps.

Le projet éolien de 850MW emporté par Nareva, Enel et Siemens fonctionne-t-il sur le même schéma ?
Oui à part que dans ce cas, Masen pourrais ne pas avoir de gap de prix. Cela donne un sens à notre stratégie globale multisource. Le plan éolien de 850MW fixe un nouveau palier mondial de prix : 0.3 dollar par kwh.  Quand vous actionnez tout cela vous vous trouver sur un modèle économique global qui commence à avoir du sens. 

Vous avez fait le choix du CSP, à Noor1, cette centrale tourne comme une horloge apparement. Mais dans le CSP on a peu de retour d'expérience contrairement au fossile, n'y a t-il pas un risque d'exploitation?
La phase critique est la conception et la construction. C'est là où il y a le risque majeur. Quand c'est bien conçu vous êtes dans les mêmes conditions qu'une centrale classique. Nous estimons qu'il y a aujourd'hui une certaine maturité techniqueAprès il y a le risque de la ressource. Dans le solaire elle est stable sur de longues périodes.

Masen veut œuvrer dans la R&D comment cela va-t-il s'organiser la R&D, quel rôle pour l’institut Iresen ?

Ce qui est recherché à travers la réorganisation autour de Masen est d'apporter de la cohérence. Vous voyez bien que nous sommes sur une stratégie globale à l'intérieur de laquelle il y a plusieurs acteurs.

Quelle est la logique de la R&D dans ces secteurs des ENR?
En développant des projets nous mettons le doigt sur des sujets clés pour améliorer encore sur les projets suivants la performance globale, technique, financière, institutionnelle… L'idée est de déclencher des sujets de recherche pouvant être conduit avec d'autres acteurs qui ont le même souci, des centres de recherche à l'international aussi bien en Europe qu'ailleurs sur des thématiques qui vont améliorer les coûts. Je donne des exemples. Le vieillissement des matériaux, l'intégration du renouvelable dans les réseaux pour la performance,. IL y a aussi le cas de l'hybridation CSP / PV que nous envisageons sur le projet Midelt. A chaque fois, il faut mettre le doigt sur des sujets concrets qui peuvent améliorer le fonctionnement du site.

Quels sont les relais que vous pourrez actionner ?
Il y a la coopération internationale Nous avons par exemple un accord avec Sumitomo, avec le CEA français et son laboratoire sur le vieillissement. Nous avons avec le CEA un sujet intéressant sur  la désalinisation de l'eau de mer par le renouvelable solaire. On sait que l'un des grands sujets de demain sur l'énergie c'est la problématique de  l'eau. Il ne faut pas attendre le jour où il n'y aura plus d'eau pour réagir. Voilà un sujet très concret qui n'intéresse pas que le Maroc.

Quel sera le  rôle de Masen dans ce type de projets?
On pose le sujet, on se met d'accord et on définit les rôles par la suite. J'ai une clé, c'est d'investir pour la recherche dans l'espoir de trouver des résultats. Pour cela nous pourrions aller jusqu'à 1% des investissements physiques. La recherche demande des moyens.

Masen pourra-t-elle se projeter à l'international ?
Absolument et cette possibilité a été ouverte avec la nouvelle loi. Pour dire les choses d'une manière claire, il y a deux points. Le premier est que nous sommes sollicités et il faut pouvoir répondre aux sollicitations. Il y a un certain nombre de pays qui souhaitent coopérer avec nous. Le deuxième point est qu'il y a un intérêt objectif collectif à ce que le renouvelable se développe là où c'est possible. C'est aussi un autre biais par lequel les coûts peuvent baisser. Il faut la profondeur du marché. Il ne faut pas qu'il un projet CSP par an. Il faut qu'il y en ait autant que possible. A chaque fois qu'on pourra aider, même si les gens s'inspirent de ce qu'on fait sans intervention, on le fera. Et si parfois il est nécessaire qu'on intervienne, nous sommes aussi des investisseurs, on pourrait le faire. Après il faut dégager les moyens pour ça.

Et aujourd'hui ce n'est pas le cas ?
Non. On s'est organisé pour avoir une équipe de coopération et ça c'est déjà fait. Nous explorons des choses. Nous avons des accords signés, des MOU avec un certain nombre de pays comme le Sénégal. Ça peut déboucher sur du concret. Dans un premier temps on privilégie la coopération, on partage l'expérience, Masenl'a fait avec plusieurs pays. Ça peut aller plus loin, vers la Côte d'Ivoire la Tunisie, etc…

En matière de financement, est-il facile de trouver de l'argent pour le Maroc?

Il ne faut jamais dire que c'est facile. Et je ne vais pas dire qu’il suffit d'avoir de bons projets. Ce qui a été déterminant dans notre capacité à lever des fonds est que nous avons essayé d'intégrer les attentes de tous les intervenants. Avec les bailleurs de fonds notamment, nous avons été clairs dès le départ. Nous avons travaillé à livre ouvert : voilà notre ambition, voilà ce que nous voulons faire et dans le détail on ne sait pas comment y parvenir en terme financier. Toutes les étapes ont été franchies avec eux. Dans une transparence totale et égale sans discrimination. Le niveau d'information était le même entre nous et chacun d'eux. Nous avons trouvé chez les bailleurs de fonds cette volonté d'aller au delà du simple fait de prêter de l'argent, de vraiment pousser pour que le renouvelable soit pris en considération. Ce n'est pas une question de mode. Je pense que nous avons eu la chance d'avoir des institutions qui étaient conscients de leurs responsabilités. Et aujourd'hui, c'est une satisfaction collective. L'argent n'est donc pas un obstacle et pour l'anecdote, pour Noor 1, nous avions plus d'argent que nécessaire. Nous avons dû freiner l'ardeur de nos créanciers. A Ouarzazate, Noor2 comme Noor3 sont financés.  Noor4 en phase d'appel d'offres aussi est déjà financé avant même d'être lancé.

Avez-vous un schéma directeur sur les 12 Gw dont vous parliez tout à l'heure ?
Ca été l'un des points débattus à Tanger [fin septembre lors d'un réunion avec le roi et le gouvernement]. La prochaine étape sera de donner une programmation à ces capacités à horizon 2030. Et cela c'est mon rôle en coordination avec l'ONE et les autres acteurs. On ne va pas planifier quelque chose qui ne correspond à rien. Il faut que le travail soit utile et pertinent. Je me donne un an de délai. Il n'y a pas urgence. D'ailleurs nous allons réaliser une première programmation qui va être affinée ensuite au fur et à mesure. On fait des projections mais la réalité peut être différente. Il faut de temps en temps faire des points d'étape.  Il faut donner une feuille de route.

Le Maroc semble opter pour des mégaprojets, il y a peu de place pour les petits ?
Pour ces projets dont on parle il y a une capilarité importante de sous-traitants, il y a un écosystème. Par ailleurs, il y aura aussi beaucoup de projets de taille moyenne qui vont être lancés. Il faut aussi affiner. Les gros projets continueront car il ne faut pas l'oublier ils fédèrent beaucoup de petits acteurs. Ce sera le cas de Boujdour qui va accueillir des projets de taille moyenne. Les projets de bouts de ligne seront aussi très nombreux. Ces projets sont déjà planifiés pour 2020. Ils seront accompagnés d'appels d'offres.

Les industriels marocains se plaignent  : le sourcing local serait insuffisant dans vos projets...

Ecoutez. Il y aura toujours des accès au sourcing mais sous condition de compétitivité. Il s'agit la aussi de penser au jour d'après. Il faut être compétitif et si on l'est on peut exporter et si on ne l'est pas, on ne peut pas subventionner des projets qui ne le sont pas. La subvention ne peut durer qu'un temps. C'est plus compliqué qu'il n'y parait d'être compétitif dans l'automobile, dans l'aéronautique. Sur le solaire il fallait casser les barrières qui étaient parfois psychologiques.

Parfois certains s'imaginent qu'ils ne peuvent participer dans un secteur donné. Le solaire CSP est complexe quand il faut faire fonctionner un système. Mais à l'intérieur il y a des maillons de la chaine abordables.  Parfois quelques efforts d'investissement ou de formation permettent d'être au rendez-vous. Il fallait aussi amener les développeurs à regarder ce qui se fait. C'est ce que nous avons fait avec Acwa Power. Nous avons créé un système ou les gens sont obligés de se parler. Pas d'obligation de faire mais une obligation de regarder et de se parler. Et souvent ils trouvent un intérêt objectif à faire ensemble.

Et l'objectif des 30 %?

C'est un objectif qui était fixé de manière à nous assurer la compétitivité. Nous avons demandé aux développeurs de regarder et de s'engager ensuite.

Quid de votre avenir avec toutes vos casquettes : responsable politique, président de région, patron de Masen?

Je reste à disposition des autorités et ne me suis jamais posé de questions sur mon avenir.  Je reste président de région et de Masen. J'essaie de concilier les deux. J'y arrive. Et encore j'avais auparavant trois casquettes. Il faut s'organiser un minimum et savoir s'entourer aussi. Le tout se fait toujours au détriment de quelque chose, la famille.

Enfin, que représente la COP22 pour le Maroc ?
C'est important, mais il y a une vie après la COP22. Le Maroc s'engage sur le renouvelable, l'eau, l'agriculture et aussi dans une logique de responsabilité. La COP22 est un bon moment de participation à une dynamique internationale et c'est toujours mieux d'y participer en ayant des choses à dire et à montrer mais tout ne s'arrête pas à ce niveau. Le Maroc a la capacité d'avoir sa propre contribution aux côtés des autres acteurs en parlant de choses concrètes, de vrais sujets et de vrais projets. Il faut aussi y parler de problématiques qui touchent des pays déjà victimes du déréglement climatique comme l'Afrique et les pays insulaires et avoir un discours qui amène des solutions et pas uniquement à poser des problèmes. A la fin de la COP22 le 18 novembre nous aurons toujours des objectifs à tenir.

Propos recueillis à Casablanca par Pierre-Olivier Rouaud   

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle