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Comment le Maroc passe au vert (6/10): Kilimanjaro collecte les huiles usagées domestiques à Casablanca pour les recycler en biocarburant

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Publié le

Energies renouvelables, cleantechs, recyclage de l’eau ou des déchets… à l’approche de la COP22 de Marrakech, rendez-vous mondial sur le changement climatique du 7 au 18 novembre, le Maroc s’éveille aux enjeux environnementaux. L’Usine Nouvelle explore tout ce mois d'août les facettes et initiatives de ce nouveau Maroc "vert". Aujourd’hui, la société Kilimanjaro qui veut s’imposer sur le marché du recyclage en biocarburant des huiles alimentaires usagées. Alors qu'au Maroc, plusieurs entreprises se disputent le marché, Kilimanjaro développe un réseau de proximité de collecte des huiles. Et pas seulement.

Comment le Maroc passe au vert (6/10): Kilimanjaro collecte les huiles usagées domestiques à Casablanca pour les recycler en biocarburant
Collecte d'huiles usagées Kilimanjaro
© Kilimanjaro

Transformer les huiles d’alimentation usagées domestiques en bio-carburant, c’est le credo de l'entreprise Kilimanjaro, basée à Casablanca. En effet, la grosse partie du gisement des huiles usagées se trouve chez les particuliers. 80% selon Sheryn Ziani, responsable marketing de l’entreprise. "C’est en se basant sur cette donnée que nous avons lancé un projet pilote, sur la ville de Casablanca. Un foyer marocain rejette en moyenne entre un litre et un litre et demi par mois." Un projet qui intervient après le développement initial de la société par la collecte des huiles alimentaires auprès des entreprises.

L’idée, c’est d’aller puiser la ressource directement auprès de 50 000 foyers. "Nous sensibilisons les gens aux impacts environnementaux que peut engendrer la mauvaise gestion des huiles usagées", explique Sheryn Ziani. Tous n’adhèrent pas au système, seulement 20% jusque-là. A ceux-là, Kilimanjaro laisse des bouteilles de 75 cl destinées à accueillir ces huiles usagées domestiques.

Chaque année, Kilimanjaro récolte déjà plusieurs milliers de tonnes

Pour faciliter la collecte, l’entreprise a mis au point un système d’ambassadeurs. Leurs domiciles fonctionnent comme des points relais, où les particuliers peuvent venir déposer leurs huiles usagées dans des fûts mis à disposition par Kilimanjaro. "Les ambassadeurs sont aussi des citoyens que nous avons sensibilisé à notre cause, mais ils stockent des volumes importants, issus de nombreux foyers, avant que nous ne passions les collecter. Ils reçoivent en échange une rémunération " détaille Sheryn Ziani.

Chaque année, Kilimanjaro récolte déjà plusieurs milliers de tonnes d’huiles usagées. Ces huiles sont transférées dans une unité de valorisation, située à Casablanca, où elles sont alors traitées pour permettre leur réutilisation en les mélangeant à du diesel.

"Avec une seule unité de valorisation, nous n’avons pas de quoi traiter toutes les huiles que nous récoltons. En fait, nous n’en traitons en moyenne qu’un quart" précise Sheryn Ziani. Les huiles, traitées ou non, sont ensuite surtout destinées à l’exportation, vers l’Europe et l’Amérique du Sud. " Nos principaux clients se trouvent en Espagne, au Portugal, en Italie et au Chili."

Au-delà des huiles, l’entreprise étend désormais sa collecte au tri des déchets industriels banals (DIB : carton, verre, plastique…), avec un intérêt économique indirect : "Qu’il s’agisse d’huiles ou d’autres déchets, plus les ambassadeurs génèrent des volumes importants, plus ils sont payés, et plus ils seront motivés pour continuer. Les intéresser aux autres déchets valorisables, c’est une façon de les fidéliser et de nous assurer de continuer à collecter de l’huile auprès d’eux." 

La structure emploie aujourd’hui 70 personnes

Lancé il y a deux ans, le projet de collecte d’huiles domestiques devrait s’étendre à l’avenir. "Nous attendons d’avoir un taux d’adhésion vraiment intéressant " confie Sheryn Ziani. D'autant que la prochaine COP22 en novembre devrait encore d'avantage sensibiliser les marocains aux sujets environnementaux.

C’est Youssef Chaqor qui fonde l’entreprise en 2008 sur ses fonds propres. La structure emploie aujourd’hui 70 personnes. Si Kilimanjaro lorgne sur l’huile usagée d’origine domestique, l’entreprise prospecte aussi auprès des entreprises, depuis plus longtemps. C’est même par là qu’elle a débuté son activité. "On approche les professionnels pour les sensibiliser à la problématique environnementale. Ce sont généralement des restaurants ou des hôtels, mais il peut arriver qu’on se tourne vers l’industrie."

Les professionnels qui donnent leur accord figurent dans une base de données propre à Kilimanjaro. Cette base compte aujourd’hui 10 000 entreprises, dont 3 000 sont des fournisseurs réguliers.

"Au début de notre activité, personne ne connaissait vraiment la valeur de ces huiles, alors on collectait gratuitement, ou à des prix vraiment minimes. Puis les restaurateurs ont pris conscience de la valeur, et ont commencé à nous faire payer 3 à 4 dirhams le litre. " Mais depuis un an, le système a changé face à la pression des normes environnementales. Désormais, Kilimanjaro est payée pour effectuer la collecte.

"Nous travaillons principalement avec des entreprises rattachées à des multinationales. Elles sont soumises à des normes internationales et sont obligées d’assurer une bonne traçabilité de leurs huiles usagées. " Ce qui n’est pas le cas de beaucoup de petits restaurants marocains, qui préfèrent parfois revendre leurs huiles au secteur informel.

Une nouvelle unité de valorisation

"Une concurrence injuste, selon la chargée de marketing de Kilimanjaro, mais qui devrait disparaître prochainement. En octobre 2015, nous avons signé une convention de filière avec le ministère de l’Environnement qui devrait bientôt entre en vigueur." L’objectif : imposer la traçabilité des huiles à ces petits restaurants.

Quant à l’avenir, une nouvelle unité de valorisation va voir le jour d’ici l’an prochain, pour permettre de doubler la capacité de transformation de Kilimanjaro. Un autre projet est en voie de développement : une unité de valorisation des déchets animaux, issus des abattoirs. "Aujourd’hui, tout est incinéré ou enfouis, parfois déversé directement dans les égouts, alors qu’il s’agit pour une grande part de matières grasses transformables en biocarburant."
Thomas Le Hetet

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