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L'Usine Maroc

Comment le Maroc passe au vert (10/10): Solar E-Cycles et ses quadricycles solaires pour l'Afrique rurale

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Publié le

  Energies renouvelables, cleantechs, recyclage de l’eau ou des déchets… à l’approche de la COP22 de Marrakech, rendez-vous mondial sur le changement climatique du 7 au 18 novembre, le Maroc s’éveille aux enjeux environnementaux. L’Usine Nouvelle explore tout ce mois d'août les facettes et initiatives de ce nouveau Maroc "vert". Aujourd’hui, la start-up Stenrich qui doit présenter une vingtaine de quadricycles solaires lors de la COP 22. L’occasion de faire connaître Solar-E-Cyles, une initiative qui se veut sociale et a pour ambition de convertir l’Afrique rurale au transport à énergie solaire. Avec une solution frugale.  

Comment le Maroc passe au vert (10/10): Solar E-Cycles et ses quadricycles solaires pour l'Afrique rurale
Quadricycle solaire prototype
© Stenrich

Le festival solaire d'Ouarzazate qui se tiendra du 16 au 18 octobre  et la COP22 à Marrakech en novembre, telles sont les prochaines grandes échéances pour la start-up Stenrich. Pour la première fois, son nouveau prototype de quadricycle solaire, issu du projet Solar-E-Cycles sera présenté au public. " Ce quatrième prototype est conçu pour la ville. Il sera capable de faire la navette sur des courtes et moyennes distances et peut aller jusqu’à 130 km/h " assure Roger Christen (photo ci-dessous), le fondateur de Stenrich, une start-up basée au Technopark de Rabat.

Equipé d’un panneau solaire, le dispositif produit jusqu’à 3 kWh journaliers. Sa batterie octroie une autonomie maximale de 50 km. Et si l’énergie collectée n’est pas complètement utilisée, le véhicule peut faire office de générateur : il est possible d’y brancher des outils ou des appareils électroniques, comme la recharge d’un téléphone mobile. Des compétences que la société cherche à améliorer. Sont à l’étude notamment le développement de panneaux solaires biface ou le déploiement de réflecteurs sur le véhicule

Actuellement, la production d’un véhicule coûte 1000 euros. Un prix que Roger Christen, canado-suisse sexagénaire, espère baisser de moitié d’ici l’année prochaine. "C’est nécessaire, vu le public que nous ciblons. Ces gens ont des finances limitées… Un peu comme notre start-up!"

Pour produire ses véhicules, la start-up importe beaucoup de pièces, notamment depuis la Chine. Le tout est assemblé dans un garage, au siège de Stenrich. Mais à terme, Georges Christen espère arriver à une vingtaine de salariés et assurer lui-même la production des pièces nécessaires à ses quadricycles.

Des projets coûteux qui nécessitent  des financements

Des projets coûteux, qui nécessitent avant tout de trouver des financements. "C’est le principal obstacle sur notre chemin, nous sommes dans une phase où nous devons investir sans générer de revenus, confesse Roger Christen. J’ai lancé l’affaire en investissant des fonds personnels, maintenant on essaie de continuer grâce aux appels à projets ou des accélérateurs de start-ups. On a notamment gagné le MassChallenge, un concours ouvert à toutes les initiatives autour du globe."

Dans le cadre d’un de ces appels à projet lancé par l’Energy Environment Partnership, un organisme financé par la Finlande, le Royaume-Uni et l’Autriche, Stenrich construit au Kenya 70 quadricycles solaires. Vingt d’entre eux seront ensuite envoyés au Maroc, où ils seront présentés au public à l’occasion du festival solaire puis de la COP 22. Passés ces évènements, ils participeront ensuite à un projet pilote dans la région de Zagora, une petite ville du sud du Maroc : les touristes pourront louer les quadricycles et suivre des trajets touristiques prévus à cet effet.

Mais la vocation première de Stenrich, c’est de venir en aide aux populations rurales qui vivent en dehors des réseaux électriques. " Pour ces populations, il y a un vrai problème de transport. Il a été calculé que plus de 40 milliards d’heures par an étaient perdues à faire le trajet pour aller chercher de l’eau, pointe Roger Christen. Souvent, les femmes sont de corvée d’eau. Leur économiser du temps de trajet, c’est leur donner plus de temps pour d’autres choses, aller à l’école par exemple."

Le fondateur de Stenrich connaît bien le continent africain. Il y a travaillé 25 ans pour le compte de la Banque mondiale. Installé au Maroc depuis 2013, il y a trouvé un environnement propice pour lancer son activité et crée sa société en 2014. Elle compte aujourd’hui 4 salariés, dont deux ingénieurs.

L’homologation induit des coûts importants

Roger Christen détaille ses ambitions : "Dans les prochaines décennies, la population mondiale atteindra 11 milliards d’humains, le continent africain va accueillir la majorité de ces gens. On se positionne dès maintenant pour anticiper les futurs besoins en transport d’une telle population. "Selon ses estimations, ce marché représenterait 10 à 20 ans de travail. A long terme, il espère voir ses engins rouler à travers l’Afrique, mais aussi en Europe ou en Amérique.

Récemment, Stenrich a répondu à l’appel à projets InnoProjet 2015, émanant de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN). " Nous avons réuni un petit consortium prêt à se lancer dans la production de voitures légères électriques au Maroc. Il est composé de Stenrich, du laboratoire des énergies renouvelables de l’université de Gstaad et du Cluster Electronique, Mécatronique et Mécanique du Maroc (CE3M). "

Le développement d’un cinquième prototype est déjà prévu car un obstacle se dresse face à la commercialisation des quadricycles : l’homologation de véhicules à quatre roues induit des coûts importants. Pour remédier à cela, le prochain véhicule solaire de Stenrich sera un tricycle.

Thomas Le Hetet

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